Note 44 — PREMIÈRE PARTIE
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Signalons, en passant, l’opinion suivante : « L’origine du nom de Bornou, et de son dérivé Béraouni, pourrait bien se rattacher à l’ancienne dynastie berbère, car ces noms ont une grande affinité avec celui de Béranès, qui est la qualification nationale d’une des grandes divisions du peuple berber ; et les Berbers eux-mêmes donnent le nom de Béraounis aux Tibbous. » (Vivien de Saint-Martin, article Bornou).
Un habitant du Bornou est désigné par les Kanembou et les Bornouans sous les noms de Kanôri (pl. Kanôréa) et Bornouma (pl. Bornoubou — d’après Kœlle). L’origine arabe du mot Bornou ne semble pas faire de doute. C’est d’ailleurs l’opinion de Nachtigal. L’explorateur se sert aussi, à plusieurs reprises, du mot Beraouni, pl. Beraouna, qui a une tournure arabe et doit probablement être employé par des indigènes parlant cette langue. Nous n’avons cependant entendu employer par les Arabes que les noms cités plus haut (Bernaï, Bornaï). Ajoutons que, selon M. René Basset, c’est une erreur de rattacher le mot Bornou à Branes : il fait également remarquer que Bornou n’est pas le terme indigène.
Signalons enfin l’explication donnée par M. l’officier interprète Landeroin (Mission Tilho). « Plusieurs Bornouans nous ont donné l’étymologie suivante ; le mot Bornou viendrait de deux mots kénouris : Bouroum, étendue d’eau ; nouî, il est mort, il a disparu. Autrefois, ajoutent-ils, une grande partie du Bornou était recouverte par les eaux du Tchad. Celui-ci s’étant peu à peu desséché, l’eau ayant disparu, les indigènes dirent cette région : Bouroum nouî « l’eau a disparu », et par abréviation Bour nou, puis Bornou ».