Note 101 — PREMIÈRE PARTIE
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Signalons, à ce sujet, les renseignements donnés par Nachtigal sur les Manga, peuplade habitant la région du Bornou située au nord de la haute komadougou Yôoubé. « C’est une race vigoureuse d’assez haute taille, mais lourde, vilaine de traits, qui n’a pour tout vêtement qu’un tablier de peau, et porte, en sus de l’arc, une petite hache de combat à l’épaule. Ce genre d’armement, joint à sa façon d’enclore ses bourgades de fourrés protecteurs, ainsi qu’à l’habitude des femmes de se voiler le visage à la mode toubou, donnerait à penser que les Manga du Bornou pourraient être un rameau détaché de ces Danoa, qui semblent avoir peuplé originairement le district kânemois du Manga ; mais, d’un autre côté, la similitude de noms peut fort bien être ici toute fortuite, l’identité des Danoa avec les Manga est d’ailleurs loin d’être démontrée, et une tribu aussi nombreuse n’aurait guère pu émigrer du Kânem au Bornou sans qu’il en fût fait mention par les chroniques ou la tradition. » (Sahara und Sudan, II, 430.)
Nous avons eu l’occasion d’interroger des indigènes qui connaissaient très bien les Manga et les Ḥaddâd. Il n’y a, paraît-il, aucune ressemblance entre les deux populations. Les mœurs ne sont pas les mêmes. Les détails de l’armement diffèrent : la hache de combat n’existe pas chez les Ḥaddâd ; l’arc est à simple courbure chez les Manga et leurs flèches ne sont pas comme celles des Ḥaddâd. Ils n’ont pas non plus le sac en cuir (battara) et l’étui à flèches de ceux-ci. Enfin — et c’est là la meilleure raison — les Ḥaddâd n’ont jamais entendu parler d’une parenté quelconque avec les Manga.