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La genèse de l'esprit national égyptien (1863-1882)

Note 225 — CHAPITRE V

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« Dès lors (formation du ministère M. Sami), les affaires publiques cheminèrent paisiblement, juste à point pour fournir la preuve des capacités incontestables de l’élément indigène.

« Les moins attentifs verront bientôt que la modération et l’intelligence des nationalistes donnèrent un démenti à la soi-disant nécessité pour l’Egypte d’avoir une armée de fonctionnaires exotiques, émargeant de formidables gages. La Chambre en était convaincue. Aussi ordonna-t-elle plusieurs enquêtes, notamment une sur le cadastre, et une autre sur l’administration des douanes. Toutes les deux conduites avec autant d’équité que d’intelligence, prouvèrent surabondamment que les craintes de M. Malet et des contrôleurs touchant la révocation probable de hauts employés européens par la Chambre, n’étaient pas chimérique. Les douanes, durant une période moyenne de cinq années, présentaient un total de recettes inférieur aux cinq années précédentes. Quant au cadastre, son inutilité devint manifeste aux yeux de la Commission. » (John Ninet : Arabi Pacha.)

« Les attaques contre le cadastre aboutirent, le 13 mars, à la nomination d’une commission d’enquête présidée par un Français, Larmée Pacha (Biovès : Français et Anglais en Egypte.)

« Et pour couronner l’œuvre, ce financier distingué (Rivers Wilson) mettait en régie hypothécaire le domaine privé, en garantie d’un emprunt arbitrairement contracté dans l’intérêt d’une catégorie peu intéressante de créanciers, et dont une des clauses chargeait le Trésor égyptien de couvrir les déficits éventuels... » (John Ninet : Arabi Pacha.)

« Les nationalistes profitèrent d’un déficit de cinq millions dans le budget des domaines, gage de l’emprunt Rothschild, pour menacer aussi cette administration. » (Biovès : Français et Anglais en Egypte.)

« Il y avait la question des réformes. Maintenant, que la presse était libre, des attaques commençaient contre divers et gros abus : l’injustice de la taxation qui, sous le contrôle financier étranger, favorisait les Européens aux dépens de la population indigène ; la multiplication non nécessaire de hauts postes tenus par des étrangers ; la mainmise établie par ceux-ci sur l’administration des chemins de fer et l’administration des domaines qui avait passé entre les mains des représentants des Rothschild ; la scandaleuse subvention de 9.000 livres par an accordée, malgré la pauvreté du pays, au théâtre européen au Caire. » (Blunt : Secret History.)

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