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La genèse de l'esprit national égyptien (1863-1882)

Note 135 — CHAPITRE III

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Un correspondant occasionnel au Caire adressa au Times un article daté du 13 janvier et paru le 23. Dans cet article il insistait sur la nécessité de réduire l’intérêt. « Cette vérité éclatante, dit-il, est basée sur le fait que la dette publique absorbe sept millions de livres sur un revenu qui ne dépasse guère neuf millions ». Il décrit l’état lamentable des Fellahs qui, forcés par suite des inondations de rester sans domicile, accroupis sur les bords des canaux, ou de se réfugier dans les arbres, furent néanmoins sommés par le percepteur de payer l’arriéré. » Puis il parle des « hauts fonctionnaires, Européens pour la plupart, qui touchent d’énormes traitements. Le progrès est entravé par une multitude de conseillers ». « Hier, dit-il encore, j’ai voyagé par l’express venant d’Alexandrie, le conducteur de train descendit dans chaque station et cria en quatre langues — anglais, français, italien et arabe — le nom de l’endroit et le temps d’arrêt « two minutes of stopping », « cinq minutes d’arrêt », etc... Il me rappela notre administration internationale odieuse ».

« Les réformes que nos ministres désirent appliquer sont arrêtées court. Les créanciers en barrent complètement le chemin. Il y a aujourd’hui littéralement des centaines de cheikhs au Caire, chacun représentant un village, venant avec des pétitions pour la réduction des impôts et tous déclarent que les taux actuels ne peuvent pas être maintenus : Ils assiègent tous les portes des Ministères et attendent les Ministres à leurs entrées et sorties, et les bureaux sont inondés de leurs pétitions. En vérité il semble qu’une réduction générale des impôts soit nécessaire pour sauver le pays d’un vaste système d’évincement en faveur de l’étranger. »

Un autre correspondant occasionnel à Alexandrie écrivait le 18 janvier, après avoir rappelé l’œuvre d’Ismaïl à propos de son anniversaire : « ce progrès matériel n’a pas profité encore au peuple complètement écrasé par une lourde dette publique et qui se presse en foule au Caire, actuellement, pour déposer ses griefs devant le nouveau Gouvernement ».

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