Note 120 — CHAPITRE III
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Gemmel-Eddin prêchait une sorte de panislamisme politique ; aussi s’attachant fort peu à la théologie, se voua-t-il entièrement à la politique. Les gouvernements chrétiens, disait-il, s’excusent des attaques et des humiliations qu’ils font subir aux Etats musulmans en invoquant la situation arriérée de ces derniers ; cependant ces mêmes gouvernements entravent de toute manière, et même par la guerre, toute tentative de réforme et de renaissance dans les pays musulmans. D’où la nécessité pour le monde musulman de s’unir en une grande alliance défensive pour se préserver de l’anéantissement ; et, pour y parvenir, il doit acquérir la technique du progrès européen et apprendre les secrets de la puissance européenne. Mais Gemmel-Eddin n’entendait point substituer le patriotisme de religion au patriotisme de territoire ; il voulait que les efforts des pays musulmans convergeassent, indépendamment les uns des autres, vers un but commun : la libération politique. Et c’est pour régénérer la patrie turque, persane ou égyptienne qu’il travaillait à régénérer l’Islam qui influait profondément sur la vie politique et sociale des différents pays musulmans. Toutefois la tâche de la réforme religieuse incombera essentiellement à son fervent disciple Mohamed Abduh, le véritable Luther de l’Orient. (Note de l’auteur.)