Note (retour) — LA CRÉATION SUBCONSCIENTE13
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Schopenhauer comparait à la rumination le travail obscur et continu du subconscient au milieu des perceptions prisonnières dans la mémoire. Cette rumination, toute physiologique, peut suffire à modifier des croyances ou des convictions; Hartmann a constaté qu'une idée ennemie, d'abord écartée, s'était au bout de quelque temps substituée en lui à l'idée habituelle qu'il avait d'un homme ou d'un fait. «Après des jours, des semaines ou des mois, si on a l'envie ou l'occasion d'exprimer son opinion sur le même sujet, on découvre, à son grand étonnement, qu'on a subi une véritable révolution mentale, que les anciennes opinions, dont on se considérait jusque-là comme réellement convaincu, ont été complètement abandonnées et que les idées nouvelles se sont tout à fait implantées à leur place. Ce processus inconscient de digestion et d'assimilation mentale, j'en ai souvent fait sur moi-même l'expérience; et d'instinct, je me suis toujours gardé d'en troubler le cours par une réflexion prématurée, toutes les fois qu'il se produisait en moi à propos de questions importantes, qui intéressaient mes conceptions sur le monde et sur l'esprit18.» Cette observation pourrait être appliquée au phénomène si intéressant de la conversion. Il n'est pas douteux que des gens se sont un jour sentis amenés ou ramenés aux idées religieuses, qui n'avaient ni le désir, ni la crainte, ni l'espoir de ce revirement. Dans une conversion, la volonté ne peut agir qu'après un long travail du subconscient et lorsque tous les éléments de la conviction nouvelle ont été secrètement rassemblés et combinés. Cette force nouvelle où le converti s'appuie et dont il ignore l'origine, c'est ce que la théologie appelle la grâce; la grâce est le résultat d'un labeur subconscient: la grâce est subconsciente.