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La culture des idées

Note (retour) — Culture des Idées

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Les si amusantes distinctions que les vieux manuels faisaient entre le style fleuri et le style simple, le sublime et le tempéré, M. Albalat les supprime excellemment; il juge avec raison qu'il n'y a que deux sortes de style: le style banal et le style original. S'il était permis de compter les degrés du médiocre au pire, comme du passable au parfait, l'échelle serait longue des couleurs et des nuances: il y a si loin de la Légende de Saint-Julien l'Hospitalier à une oraison parlementaire qu'en vérité on se demande s'il s'agit de la même langue, s'il n'y a pas deux langues françaises et en dessous une infinité de dialectes presque impénétrables les uns aux autres. A propos du style politique, M. Marty-Laveaux5 pense que le peuple, demeuré fidèle en ses discours aux mots traditionnels, ne le comprend que très mal et seulement en gros, comme s'il s'agissait d'une langue étrangère que l'on entend un peu, mais qu'on ne parle pas. Il écrivait cela il y a vingt-sept ans, mais les journaux, plus répandus, n'ont guère modifié les habitudes populaires; on peut toujours compter qu'en France sur trois personnes il y en a une qui ne lit que par hasard un bout de journal, et une qui ne lit jamais rien. A Paris, le peuple a de certaines notions sur le style; il goûte surtout la violence et l'esprit: cela explique la popularité bien plus littéraire que politique d'un journaliste comme M. Rochefort, en qui les Parisiens ont longtemps retrouvé leur vieil idéal: un tranche-montagne spirituel et verbeux.

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