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La culture des idées

Note (retour) — VI LA MORALE DE L'AMOUR

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L'homme qui, de son plein gré, se voue à la continence, c'est qu'il est glacé. Voilà la vérité. Et la femme qui entre volontairement dans un couvent, elle affirme la nullité de ses désirs charnels. Leur chasteté est un état physiologique et qui, en général, ne comporte pas plus l'idée de vertu que, chez un vieillard, la frigidité. Il y a ou il n'y a pas désir et, hors les cas où il n'est que morbide, le désir se résout en acte. Cela est particulièrement impérieux dans la sexualité; l'évacuation est fatale. M. Féré, qui n'est pourtant mu par aucune idée religieuse, parle ici comme un bon vieux théologien: «Pour l'individu continent, les pollutions nocturnes constituent une sauvegarde contre la turbulence sexuelle63.» Cela, c'est la contrepartie de l'ostentation vertueuse ou de la vertu forcée; la vertu physiologique, celle qui est la conséquence légitime de la faiblesse des organes, s'épargne du moins de telles «sauvegardes». On n'agit décemment qu'en conformité avec sa propre nature; les gens qui veulent agir ou ne pas agir d'après les ordres d'une morale extérieure à leur vérité personnelle finissent, Dieu aidant, dans les compromis les plus saugrenus. Il nous reste à nous demander si, quand on punira de la prison (ou, qui sait, de la mort, car aux grands maux les grands remèdes) les actes sexuels extra conjugaux, il sera permis de se complaire avec le succube. C'est une question que traitent très sérieusement les casuistes, et quelques-uns sont indulgents aux plaisirs qui nous viennent en songe.

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