Note (retour) — VI LA MORALE DE L'AMOUR
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Il n'y en a pas, en dehors des codes et des usages sociaux, dont les codes, pour être sages, ne doivent être que la rédaction; mais dans tous les pays civilisés l'usage social, en ce qui touche aux manifestations sexuelles, se confond avec la liberté absolue. Cette expression, pays civilisés, est peut-être hypothétique: si elle n'a pas d'application présente, puisque nous vivons sous le joug d'une morale ennemie des instincts de notre race, on se reportera, pour la comprendre, à la glorieuse période de l'empire romain, aux siècles calomniés par les démagogues chrétiens, ou de l'Italie du Quattrocento ou de la France de François Ier. L'amour, même en ses gestes publics, est du domaine privé; et il a tous les droits, précisément parce qu'il est un instinct, et l'instinct par excellence66. C'est ce que reconnaissent implicitement même les moralistes de la science en appelant ainsi leurs écrits. Qu'il est vain d'insérer, sous ce titre, «l'instinct sexuel,» des menaces contre la vie, contre les moyens que choisit à son gré pour se perpétuer la vie éternelle! Oser dire à l'instinct qu'il se trompe, c'est une des prétentions de la raison, mais peu raisonnable; la raison n'est là qu'une spectatrice qui compte et catalogue des attitudes que son essence même lui interdit de comprendre. Le peuple, oui le peuple du XIXe siècle (ou du XXe siècle), qui s'ébahit aux éclipses et en applaudit «le succès»67, n'est pas sans croire que la Science est pour quelque chose dans la belle ordonnance du phénomène. Nos décrets contre l'instinct vital pourraient fort bien faire illusion au peuple de la science, mais non aux véritables observateurs et dont la sagesse ne veut pas dépasser un rôle déjà difficile.