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La culture des idées

Note (retour) — II PSYCHOLOGIE DU PAGANISME

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Les Romains vénéraient Spiniensis, qui protégeait leurs champs contre les épines, les chardons, toutes les mauvaises herbes aiguës, néfastes aux troupeaux51; nous avons, pour le même office, N.-D. du Chardon, N.-D. de l'Épine que les paysans saluent en revenant du labour et que les femmes, le dimanche, parfument de bouquets. Spiniensis est champêtre; il est vicinal. Les voyageurs mal renseignés lui demandent leur chemin et qu'il écarte les voleurs. Mais c'est à Trivia et à ses obscurs auxiliaires que reviennent légitimement ces soins particuliers. On trouvait leurs images encastrées dans les troncs vénérables des vieux chênes, à peu près semblables à ces vierges dolentes que l'écorce ravivée enserre dans une gaine vivante. Les dieux vicinaux, dii semitales, accueillent les prières des voyageurs et agréent les ex-voto du retour. On pend aux branches de l'arbre le bâton, les sandales, ou la bourse (vide) qu'ils ont préservée des bandits. Avant de partir, on avait puisé à la source voisine un vase d'eau bénite (lustrale) dont on s'aspergeait pieusement; et le voyage accompli, c'était encore la même cérémonie. Ce que l'on avait promis à l'idole, elle l'exigeait. Le voeu était sacré: solvere vota, payer le prix convenu au contrat. Si ce prix, comme encore aujourd'hui, allait aux prêtres, parasites de ces asiles, cela semblait juste; avec l'argent des voeux, les prêtres, du moins, entretiennent la fraîcheur des idoles et les nourrissent de prières et d'encens. Mais on retrouve enfouis par la piété sacerdotale des trésors sacrés. Le prêtre est trop crédule pour n'être qu'un exploiteur; il craint son dieu autant qu'il se fait, lui, craindre du fidèle.

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