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La cour et la ville de Madrid vers la fin du XVIIe siècle

Note 129 — LETTRES (continued 7)

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L'ignorance des Espagnols scandalisait les seigneurs de la cour de France. Le duc de Gramont en cite des traits vraiment fort étranges. Le duc d'Albe, dit-il, s'engagea par malheur à raconter une histoire de son aïeul, qui avait gouverné les Pays-Bas. Il ne put jamais se souvenir du nom du prince d'Orange, qui servait à son propos, et en sortit en l'appelant toujours El rebelde. Un autre demandait, à propos d'un combat naval livré par les Vénitiens aux Turcs, qui était vice-roi à Venise... On peut parler devant la plupart de ces messieurs-là allemand, italien, latin, français, sans qu'ils distinguent trop quelle langue c'est. Ils n'ont nulle curiosité de voir les pays étrangers et encore moins de s'enquérir de ce qui s'y passe... Le mépris que ces messieurs font des gens qui vont à la guerre ou qui y ont été, n'est quasi pas imaginable. J'ai vu Don Francisco de Mennesses qui avait si valeureusement défendu Valenciennes contre Monsieur de Turenne, et si bien, qu'on ne put lui prendre sa contrescarpe, n'être pas connu à Madrid et ne pouvoir saluer le Roi ni l'amirante de Castille. (Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, t. XXXI, p. 226.)

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