Note 106 — LETTRES (continued 6)
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Il y a deux salles qui s'appellent corales à Madrid et qui sont toujours pleines de tous les marchands et artisans qui quittent leurs boutiques, s'en vont là avec la cape, l'épée et le poignard, et qui s'appellent tous cavalieros, jusqu'aux savetiers, et ce sont ceux-là qui décident si la comédie est bonne ou non, et, à cause qu'ils la sifflent ou qu'ils l'applaudissent, qu'ils sont d'un côté et d'un autre en rang, et que c'est comme une espèce de salve, on les appelle mosqueteros, et la bonne fortune des auteurs dépend d'eux. On m'a conté d'un qui alla trouver un de ces mosqueteros et lui offrit cent reales pour être favorable à sa pièce. Mais il répondit fièrement que l'on verrait si la pièce serait bonne ou non, et elle fut sifflée. (Relation de l'État d'Espagne, p. 60.)