Note 118 — LETTRES (continued 6)
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Les choses ne se passaient pas aussi simplement que semble le dire madame d'Aulnoy. Ces ventes étaient devenues un des moyens d'extorsion que les Espagnols employaient pour arracher aux Indiens leurs dernières ressources. En effet, les marchandises espagnoles étaient remises aux corrégidors qui en faisaient la répartition (repartimento). Ces magistrats parcouraient aussitôt les districts auxquels ils étaient préposés et fixaient arbitrairement la qualité et le prix de la marchandise que chaque Indien devait recevoir. Ils donnaient des miroirs à un sauvage dont la cabane n'avait pas de plancher, des cadenas à un autre dont la chaumière était suffisamment gardée par une porte de jonc, des plumes et du papier à un malheureux qui ne savait pas écrire.... Cette première répartition, qui suivait régulièrement l'arrivée de la flotte et des galions, ne suffisait point à l'avidité des corrégidors. Le plus souvent, ils revenaient au bout de quelques jours offrir aux Indiens quelques marchandises qu'ils avaient tenues en réserve afin d'en assurer le débit; ils ne distribuaient la première fois que des objets inutiles à ces malheureux et gardaient soigneusement pour cette nouvelle répartition les objets de première nécessité. (Notizia secreta, citée par Ch. Weiss, t. II, p. 213.)