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La cour et la ville de Madrid vers la fin du XVIIe siècle

Note 78 — LETTRES (continued 5)

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La marquise de Villars, dans une de ses lettres, raconte à peu près dans les mêmes termes le cérémonial qu'elle dut observer lorsqu'elle reçut pour la première fois des visites. Ce fut la marquise d'Assera, veuve du duc de Lerme, qui fit les honneurs de sa maison. «Je ne vous dirai pas, dit la marquise, les pas comptés que l'on fait pour aller recevoir les dames, les unes à la première estrade, les autres à la seconde ou à la troisième; on les conduit dans une chambre couverte de tapis de pied, un grand brasier d'argent au milieu. Toutes ces femmes causent comme des pies dénichées, très-parées en beaux habits et pierreries, hormis celles qui ont leurs maris en voyage. Une des plus jolies, sans comparaison, était vêtue de gris pour cette raison. Pendant l'absence de leurs maris, elles se vouent à quelque saint et portent avec leurs habits gris ou blancs de petites ceintures de corde ou de cuir. Nous étions toutes assises sur nos jambes sur ces tapis; car, quoiqu'il y ait quantité d'almohadas ou carreaux, elles n'en veulent point. Dès qu'il y a cinq ou six dames, on apporte la collation, qui recommence une infinité de fois. (Lettres de madame de Villars, p. 95.)

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