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La cour et la ville de Madrid vers la fin du XVIIe siècle

Note 97 — LETTRES (continued 5)

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Il n'y a nul ornement dans les appartements, dit le duc de Gramont, excepté le salon où le Roi reçoit les ambassadeurs. Mais ce qui est admirable, ce sont les tableaux dont toutes les chambres sont pleines, et les tapisseries superbes et beaucoup plus belles que celles de la couronne de France, dont Sa Majesté Catholique a huit cents tentures dans son garde-meuble; ce qui m'obligea de dire une fois à Philippe V, lorsque depuis j'étais ambassadeur auprès de lui, qu'il en fallait vendre quatre cents pour payer ses troupes, et qu'il lui en resterait encore suffisamment de quoi meubler quatre palais comme les siens. (Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, t. XXXI, p. 317.)

Madame de Villars, dans une de ses lettres, nous décrit avec admiration une de ces tapisseries: Le fond en est de perles, dit-elle; ce ne sont point des personnages; on ne peut pas dire que l'or y soit massif, mais il est employé d'une manière et d'une abondance extraordinaires. Il y a quelques fleurs. Ce sont des bandes de compartiment; mais il faudrait être plus habile que je le suis pour vous faire comprendre la beauté que compose le corail employé dans cet ouvrage. Ce n'est point une matière assez précieuse pour en vanter la quantité, mais la couleur et l'or qui paraît dans cette broderie sont assurément ce qu'on aurait peine à vous décrire. (Lettres de madame de Villars, p. 116.)

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