Note 93 — LETTRES (continued 5)
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François Ier fut, en effet, enfermé dans une maison, au centre de Madrid. Mais soit qu'on ne l'y trouvât pas en sûreté, soit qu'on voulût ébranler sa constance en le resserrant plus étroitement, on le transféra au palais. Le duc de Saint-Simon parvint à voir sa prison. «La porte en était prise dans l'épaisseur de la muraille et si bien cachée, qu'il était impossible de l'apercevoir. Cette porte donnait accès sur une espèce d'échelle de pierre d'une soixantaine de marches fort hautes, au haut desquelles on trouvait un petit palier qui, du côté du Mançanares, avait une fort petite fenêtre bien grillée et vitrée; de l'autre côté, une petite porte à hauteur d'homme et une pièce assez petite, avec une cheminée, qui pouvait contenir quelque peu de coffres et de chaises, une table et un lit. Continuant tout droit, on trouvait au bout de ce palier quatre ou cinq autres marches, aussi de pierre, et une double porte très-forte, avec un passage étroit entre deux, long de l'épaisseur du mur d'une fort grosse tour. La seconde porte donnait dans la chambre de François Ier, qui n'avait point d'autre entrée et de sortie. Cette chambre n'était pas grande, mais accrue par un enfoncement sur la droite en entrant, vis-à-vis de la fenêtre assez grande pour donner du jour suffisamment, vitrée, qui pouvait s'ouvrir pour avoir de l'air, mais à double grille de fer, bien forte et bien ferme, scellée dans la muraille des quatre côtés. Elle était fort haute du côté de la chambre, donnait sur le Mançanares et sur la campagne au delà. A côté de la chambre, il y avait un recoin qui pouvait servir de garde-robe. De la fenêtre de cette chambre, au pied de la tour, il y a plus de cent pieds, et tant que François Ier y fut, deux bataillons furent nuit et jour de garde, sous les armes, au pied de la tour.» (Mémoires du duc de Saint-Simon t. XIX, p. 207.)