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La cour et la ville de Madrid vers la fin du XVIIe siècle

Note 86 — LETTRES (continued 5)

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L'indévotion de quelques Espagnols et leur mascarade de religion est une chose qui ne se peut comprendre, dit le maréchal de Gramont. Rien n'est plus risible que de les voir à la messe, avec de grands chapelets pendus à leurs bras, dont ils marmottent les patenôtres en entretenant tout ce qui est autour d'eux, et songeant par conséquent médiocrement à Dieu et à son Saint-Sacrifice. Ils se mettent rarement à genoux à l'élévation; leur religion est toute des plus commodes, et ils sont exacts à observer tout ce qui ne leur donne point de peine. On punirait sévèrement un blasphémateur du nom de Dieu et une personne qui parlerait contre les saints et les mystères de la foi, parce qu'il faut être fou, disent-ils, pour commettre un crime qui ne donne point de plaisir; mais pour ne bouger des lieux les plus infâmes, manger de la viande tous les vendredis, entretenir publiquement une trentaine de courtisanes et les avoir jour et nuit à ses côtés, ce n'est pas seulement matière de scrupule pour eux. (Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France, t. XXXI, p. 324.)

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