Note 56 — LETTRES (continued 3)
Reading edition
Voici, en ce qui touche les grands d'Espagne, quelques autres détails d'étiquette. «Ils ont aux chapelles un banc couvert de tapis en suite du Roi, et y sont salués autant de fois que le Roi. Ils sont couverts aux audiences solennelles et publiques, et toutes les fois, partout où le Roi l'est sans qu'il le leur dise. Ils sont traités de cousins quand le Roi leur écrit.... Ils ont hors de Madrid, et dans les lieux où le Roi se trouve, un tapis à l'église et doubles carreaux pour les coudes et les genoux. Ils ont tous les honneurs civils et militaires, la première visite du vice-roi et sa main chez lui.... Pareillement à l'armée, une garde et la main chez le général.... Les femmes de grands ont chez la Reine des carreaux de velours en tout temps, et leurs belles filles aînées de damas ou de satin; de même à l'église pour se mettre à genoux, à la comédie pour s'asseoir et maintenant des tabourets au bal, distinction d'aller par la ville à deux et à quatre mules à traits très-longs.... Les grands ne cèdent à personne, excepté ce que j'ai dit, au président du gouverneur de Castille, du majordome-major du Roi, et rarement des cardinaux et des ambassadeurs.... Les grands sont traités d'égaux chez les Électeurs et les autres souverains, comme les souverains d'Italie; chez le Pape et dans Rome, comme les princes de Soglio.» (Mémoires du duc de Saint-Simon, t. III, p. 288 à 302.)