Note 95 — «NOS PÈRES NOUS ONT DIT» (continued 2)
Marcel Proust translation
Leur première mauvaise exultation, en Alsace, avait été provoquée par les Romains eux-mêmes (ou du moins par Constantin dans sa jalousie de Julien) qui y avaient employé «présents et promesses, l'espoir du butin et la concession perpétuelle de tous les territoires qu'ils seraient capables de conquérir» (Gibbon, chap. IX, 3-208). Chez tout autre historien que Gibbon (qui n'a réellement aucune opinion arrêtée sur aucun caractère ni sur aucune question, mais s'en tient au truisme général que les pires hommes agissent quelquefois bien, et les meilleurs souvent mal, loue quand il a besoin d'arrondir une phrase et blâme quand il ne peut pas, sans cela, en terminer une autre),—nous aurions été surpris d'entendre dire de la nation «qui mérita, prit et garde le nom honorable d'hommes libres», que «ces voleurs indisciplinés traitaient comme leurs ennemis naturels tous les sujets de l'empire possédant une propriété qu'ils désiraient acquérir». La première campagne de Julien qui rejette les Francs et les Allemands au-delà du Rhin, mais accorde aux Francs Saliens, sous serment solennel, les territoires situés dans les Pays-Bas, sera retracée une autre fois.—(Note de l'Auteur.)