Note 64 — LE DIABLE AU CORPS
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Je me rappelle parfaitement qu'autrefois j'entendis dire au docteur Cazzone qu'il existait sous le nom d'Aphrodites, une société de voluptueux des deux sexes voués au culte de Priape, et qui renouvelaient dans leurs secrètes orgies toutes les débauches antiques dont nous avons une légère connaissance par les écrits et les monuments qui se sont conservés jusqu'à nous. Mais ce dont je me souviens aussi, c'est que les véritables Aphrodites, en assez petit nombre, tiraient tous leurs noms du règne minéral, tandis que les affiliés, c'est-à-dire, des membres beaucoup plus nombreux qu'on admettait aux pratiques sans qu'on leur donnât la parfaite connaissance des mystères et sans qu'ils prêtassent le grand serment, tiraient leurs noms du règne végétal. Ainsi la marquise et d'autres qu'on verra figurer dans cet ouvrage n'étaient qu'affiliés et ne pouvaient proposer des sujets que pour l'affiliation. Quand la faveur devenait trop multipliée, ou que certains indiscrets avaient occasionné quelque événement nuisible au repos de l'ordre et qui pouvait entraîner sa destruction, le grand comité, par quelque changement de local, ou quelque suspension de pratiques, venait aisément à bout de congédier tous ces intrus, en leur persuadant que l'ordre était en effet détruit. C'est de quoi l'on verra la marquise se désoler plus loin avec une amie qui n'en savait pas plus qu'elle. Le docteur ne m'en a jamais appris davantage, quelque pressant que je me fusse rendu près de lui au sujet de son ordre. Il y portait le nom de Chrysolite. On a voulu me persuader que maintenant encore, les Aphrodites, confondus parmi les Maçons, ont dans Paris même un temple et des assemblées. (N.) Lorsqu'il écrivait cette note, Nerciat ne savait pas qu'un jour il écrirait les Aphrodites.