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L'odyssée d'un transport torpillé

DEUXIÈME PARTIE (continued 2)

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Combien de temps va-t-on rester ici ? Fourgues se démène, mais cela n’avance à rien. Les autres bateaux vont et viennent, le Pamir ne reçoit pas d’ordres. Je souhaite qu’il aille à Salonique, histoire de voir ce qui se passe de ce côté-là. Mais depuis le début de la guerre rien n’est arrivé de ce qu’on attendait. Alors, je m’en contrefiche, aussi longtemps que je ne vais pas à La Rochelle.

Au revoir, vieux, j’ai reçu ta dernière de Bizerte où l’Auvergne était au bassin. Tu me racontes pas mal d’histoires de l’armée navale. Je voudrais bien te dire ce que j’en pense, mais un bateau va partir pour Malte et je vais lui passer cette lettre-ci. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il me semble que cela ne va pas plus fort sur les navires de guerre que sur les patouillards genre Pamir. Dieu veuille que sur terre, et dans la politique, et dans la diplomatie ils soient plus malins que nos chefs de mer ! Ce qui me console, c’est que les Allemands sont encore plus courges que nous ; sans quoi étant donnés leur préparation et nos ratés du début, il y a longtemps qu’ils auraient dû nous boulotter. Ne l’ayant pas fait, ils n’y réussiront plus. Sur cette pensée consolante je te souhaite la bonne année et j’espère que nous nous verrons en 1916. Je t’embrasse.

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