SCENE VIII.
Reading edition
ALEXIS seul.
Seigneur, apres ce traict qui me perce le coeur Je sens bien que mon corps succombe à sa langueur. Que l'excez de mon mal à ma force affoiblie, Et que de sa prison mon ame se delie: Mes travaux sont finis, je vay quitter le jour, Mais accorde une grace encore à mon amour, Maistre des actions & du salut des hommes, Toy qui vois mes douleurs & l'estat où nous sommes, Lance Pere eternel un regard de pitié Sur une inviolable & constante amitié, Je ne demande pas à ta bonté supréme De me rendre vivant à l'Espouse que j'ayme, Mais quand la mort aura trouvé mes ennuis Souffre au moins que ma main luy montre qui je suis, Et tire son esprit de cette incertitude Qui nourrit ses regrets & son inquietude: Ouy Seigneur, je sens bien que tu me le permets. Chere Espouse, en tes mains je me rends desormais, Un billet t'apprendra, quelle est mon adventure, Escoute la raison plutost que la nature, Adieu. Le Ciel un jour par un destin plus doux Te réjoindra la haut avecque ton Espoux.
Fin du Quatriesme Acte.