A LA MÉMOIRE DE NOS SOLDATS
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INDIGÈNES D'ALGÉRIE
Sous les auspices du «Souvenir français», et grâce à l'heureuse initiative d'un officier du 4e tirailleurs, le capitaine Mennetrier, un monument vient d'être élevé, au cimetière musulman de Bône, à la mémoire des soldats indigènes morts au service de la France. C'est une blanche «Koubba» de style mauresque, décorée de faïences; à l'intérieur, se dresse un mausolée, dont la stèle porte une inscription en arabe rédigée par un «thaleb», suivant le rite coranique.
Monument élevé, au cimetière musulman de Bône, à la mémoire des soldats indigènes morts pour la France.

Ce monument, conforme à la tradition musulmane, est le premier qui, sur la terre d'Afrique, soit consacré aux héros de notre armée algérienne tombés au champ d'honneur. L'hommage qui leur est ainsi officiellement rendu ne pouvait manquer de toucher les populations indigènes: aussi la cérémonie d'inauguration a-t-elle été pour elles l'occasion d'une manifestation de loyalisme, qu'elles ont tenu à rendre d'autant plus éclatante que, quelques jours auparavant, nos commissions de recrutement avaient procédé, dans la région même, aux opérations de la conscription.
Devant la Koubba, de nombreux discours furent prononcés. Parlant au nom du «Souvenir français», M. Délaye indiqua qu' «au moment où nous faisons un plus large appel aux soldats indigènes de notre Afrique du Nord, il était nécessaire de montrer à nos sujets musulmans que la France se souvient et sait honorer la mémoire de tous ceux qui meurent pour elle». M. Bulliod, représentant la municipalité de Bône, évoqua, avant M. Laromer, président de la Société des «Vétérans de 1870-1871», les fastes glorieux de nos troupes algériennes. Puis M. Mardassi Brahim, notable musulman, dans une belle allocution patriotique, proposa à ses jeunes coreligionnaires l'exemple de Saïd ben Béchir, ce «turco» du 3e tirailleurs qui s'illustra à la défense de Bazeilles. Et, enfin, M. Chérif-Cheikh, conseiller municipal et président du comité du monument, fit noblement valoir que, si nos soldats indigènes sont, par eux-mêmes, courageux et prêts à tous les sacrifices, ils doivent aux officiers français qui les conduisent et qui leur apprennent à se battre de former une irrésistible élite.
LE MARIAGE DE LA FILLE DE GUILLAUME II.--Dîner de gala dans la Salle Blanche du château royal de Berlin. A gauche, de bas en haut: la princesse impériale (femme du kronprinz), le duc de Cumberland, la reine Marie d'Angleterre, l'empereur d'Allemagne, la duchesse de Cumberland (cachée par un valet), le prince impérial d'Allemagne; à droite, de bas en haut: la princesse Cécile Henri de Prusse, le roi d'Angleterre, l'impératrice d'Allemagne, le fiancé (prince Ernest de Cumberland), la fiancée (princesse Victoria-Louise), l'empereur de Russie, la grande-duchesse de Bade, etc. --Dessin de J. MATANIA, envoyé spécial à Berlin du journal illustré anglais, The Sphere.

Le mariage civil et religieux de la princesse Victoria-Louise, fille de l'empereur Guillaume II, avec le prince Ernest-Auguste de Cumberland, due de Brunswick-Lunebourg, fils du duo de Cumberland, chef de la maison dépossédée de Hanovre, a été célébré en grande pompe, le samedi 24 mai, au château royal de Berlin. Les souverains anglais et le tsar, venus exprès dans la capitale allemande, assistèrent aux diverses cérémonies en même temps que cinquante grands-ducs, grandes-duchesses et princes de maisons régnantes. Notre gravure donne une vision du fastueux dîner qui, dans la Salle Blanche du palais, réunit, le 22 mai au soir, ces hôtes augustes autour des jeunes fiancés dont l'union symbolisait la réconciliation des Guelfes et des Hohenzollern. On annonce, en effet, déjà, que, d'ici à peu de mois, le jeune prince Ernest-Auguste, le mari de la fille du kaiser, sera remis en possession de tous les droits de sa famille sur le duché de Brunswick qu'administre actuellement et provisoirement une régence.
East river, les docks et le pont de Brooklyn.
