← Table of contents
L'Illustration, No. 3654, 8 Mars 1913

SCÈNES DE LA RÉVOLUTION MEXICAINE

Reading edition

Tant de meurtres et de fusillades que nous relations la semaine passée et qui ont eu des suites--car l'un au moins des frères de l'ancien président, Emilio Madero, a subi, troisième de sa famille, le même sort que lui--ne semblent pas avoir mis un terme à la guerre civile allumée, à Mexico, par la révolte armée du 9 février passé. Les dernières nouvelles annonçaient que les troupes de Zapata avaient attaqué, dans le district même de Mexico, un train militaire, tandis que, d'autre part, l'anarchie qui règne dans les provinces s'est traduite par un échange de coups de feu à la frontière entre des soldats mexicains et des troupes des États-Unis. Du moins assure-t-on que, dans la capitale même, la vie normale a repris son cours, que les ateliers, les usines et les magasins sont rouverts.

Les photographies que nous reproduisons ici, prises au cours de la lutte, ont à tout le moins un mérite d'exactitude, de précision qui manquait aux dépêches par lesquelles nous avons jusqu'ici été renseignés.

La première fut prise le jour même du coup d'État, un quart d'heure après le premier combat. Elle représente le front nord du palais national, gardé par les troupes fédérales, l'arme au poing, jusque sur les terrasses. Le sol est jonché encore de cadavres d'hommes et de chevaux abattus au cours de la fusillade. On voit, sur la troisième, un groupe de morts, tombés également dans ce premier engagement.

L'insurrection, alors, semble battue. Le président Francisco Madero, avec une crânerie de belle allure, est monté à cheval et parcourt les principales rues de la ville, bien escorté, sans doute, mais salué chaleureusement par la foule de ses partisans. La fortune ne devait pas continuer à lui sourire, et, quoiqu'on affirme officiellement qu'il a bien été tué dans les conditions que nous avons dites, tandis qu'on le conduisait, de nuit, de son palais à la prison, un doute continuera toujours de planer sur les circonstances de sa fin tragique.

Illustration from L'Illustration, No. 3654, 8 Mars 1913
Illustration from L'Illustration, No. 3654, 8 Mars 1913

LA TRAGEDIE DE MEXICO En haut: le Palais national, défendu par les fédéraux, après le premier engagement avec les rebelles, le jour du coup d'État (9 févr.). Au centre: le président Madero parcourant à cheval les rues voisines du Palais, acclamé par ses partisans, quelques jours avant sa fin tragique. En bas: victimes de l'émeute, dans un jardin devant la cathédrale.

Illustration from L'Illustration, No. 3654, 8 Mars 1913

Le train du généralissime turc Izzet pacha, au camp d'Hademkeui.--Phot. G. Rémond.

Illustration from L'Illustration, No. 3654, 8 Mars 1913
Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings