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L'Illustration, No. 3646, 11 Janvier 1913

DOCUMENTS et INFORMATIONS

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Les stations de télégraphie sans fil dans le monde.

D'après le dernier relevé du Bureau international, il existerait actuellement, dans les divers pays du monde, 375 stations côtières de télégraphie sans fil ouvertes au public.

Sur ce nombre, on compte 142 stations aux Etats-Unis, 33 au Canada, 43 en Angleterre, 22 en Allemagne et dans les colonies allemandes, 19 en Italie, 19 en Russie, 17 en France, 10 en Espagne 9 en Danemark, etc.

Dans les colonies on remarque: 5 postes dans l'Afrique française, 3 en Indo-Chine, 2 à Madagascar, 7 au Maroc, 1 à Tunis, 10 dans les Indes Anglaises, 3 à Curaçao, 5 à Fidji, etc.

Pour les postes installés à bord des navires de guerre, les Etats-Unis tiennent encore la tête avec 247 postes. Viennent ensuite l'Angleterre avec 213 postes; la France, 141; l'Allemagne, 112; l'Italie, 77; le Japon, 70; la Russie, 70; l'Autriche, 37, etc.

Sur les navires de commerce, on trouve 455 postes pour l'Angleterre; 253 pour les Etats-Unis; 206 pour l'Allemagne; 68 pour la France; 47 pour l'Italie, etc.

Le rendement du vignoble français en 1912.

L'année 1912 aura été exceptionnellement heureuse pour la viticulture. Le rendement et la qualité de la récolte ont dépassé les prévisions les plus optimistes.

Le vignoble français a subi comme tous les ans les atteintes, variables suivant les régions, de la gelée, de la grêle, du mildiou, de l'oïdium; mais les maladies cryptogamiques n'ont pas produit, malgré une humidité parfois persistante, les effets désastreux que l'on observe généralement dans des conditions atmosphériques semblables; le prix élevé du vin a encouragé les viticulteurs à mieux soigner leurs vignobles et à pratiquer, d'une façon régulière et méthodique, les traitements préventifs.

Les vendanges faites parfois trop hâtivement, par suite d'un temps pluvieux au début, ont pu s'exécuter ensuite pendant une très belle période, qui a permis aux raisins restés sur les souches d'arriver à la maturité nécessaire pour donner au vin du bouquet, de la couleur, du degré et lui assurer une bonne conservation.

Finalement, la récolte, qui devait être d'après certains à peine supérieure à la moyenne, a atteint pour la France, selon M. J.-M. Guillon, inspecteur de la viticulture, auquel nous devons ces précieux renseignements, le chiffre de 59.339.035 hectolitres en 1912, contre 44.885.550 hectolitres en 1911. La production de 1912 est donc de 15 millions d'hectolitres supérieure à celle de 1911 et de 7 millions d'hectolitres au-dessus de la moyenne des dix dernières années, estimée à 52 millions environ.

Les régions les plus favorisées sont celles de la Méditerranée; le Bordelais et la vallée de la Loire comptent aussi parmi les mieux partagés. Quelques départements de l'Est sont à peu près les seuls à présenter un rendement inférieur à 1911. Quant à la récolte de l'Algérie, elle accuse également un notable déficit: elle a été en 1912 de 6.671.181 hectolitres, au lieu de 8.883.667 hectolitres en 1911.

A PROPOS DU RAYONNEMENT VITAL.

En 1908, quelques expérimentateurs eurent l'idée d'appliquer contre leur front ou leur épigastre une feuille de papier manuscrit ou imprimé posée elle-même sur la face émulsionnée d'une plaque photographique; ils obtinrent une reproduction plus ou moins complète, en positif ou en négatif, des caractères que portait la feuille de papier. Ils attribuèrent cette transcription au rayonnement d'un certain fluide vital émanant de l'organisme.

L'hypothèse rencontra d'autant plus de créance dans certains milieux que des expériences «amusantes» tendaient à la confirmer. Si l'on confiait des sachets renfermant une plaque et une feuille de papier convenablement disposées à diverses personnes qui les actionnaient dans des conditions différentes, on constatait au développement des résultats eux-mêmes très variés.

Dès cette époque, M. Guillaume de Fontenay montra qu'on obtenait des transcriptions semblables de caractères manuscrits en utilisant, comme source de chaleur, un bain-marie à 35° ou 40°, ce qui ruinait l'hypothèse d'un rayonnement vital nécessaire pour produire le phénomène.

Toutefois, M. de Fontenay n'avait pu obtenir la transcription de caractères imprimés. Ses nouvelles expériences, signalées à l'Académie des sciences par M. d'Arsonval, éclairent singulièrement la question.

Le phénomène paraît subordonné à un assez grand nombre de facteurs physiques et chimiques, parmi lesquels il faut citer d'abord la durée du contact et la température.

D'autre part, les encres à écrire et les encres typographiques agissent sur les plaques sensibles de façons différentes, suivant la composition chimique de ces encres, et aussi suivant l'état de division moléculaire qui leur est communiquée par le papier où on les a déposées. Certaines encres se transcrivent toujours en positif, d'autres se transcrivent toujours en négatif. Nombre d'encres typographiques sont à peu près inactives dans les circonstances ordinaires de l'expérimentation; un trait de plume peut se transcrire partiellement en négatif et partiellement en positif, selon que la plume, ici ou là, a déposé plus ou moins de liquide, ou selon qu'elle a plus ou moins égratigné l'encollage superficiel du papier et incorporé l'encre à la fibre même de la pâte. Si le métal de la plume est attaqué par l'encre, la transcription est modifiée; si l'on emploie des émulsions couchées sur celluloïd, on se heurte souvent à des phénomènes électriques.

Dans un autre ordre d'idées, il faut remarquer que la transpiration varie beaucoup d'un individu à l'autre. En outre, chez la même personne, au même instant, elle est en général acide au visage et au creux de l'aisselle, alcaline au pli de l'aine. Elle diffère énormément suivant la nourriture, l'état de maladie ou de santé. On doit donc se défier à l'extrême de toute observation faite au moyen de sachets actionnés par un organisme vivant: la transpiration joue alors un rôle dont il est difficile de déterminer le sens et l'ampleur.

M. de Fontenay conclut qu'il n'a pu déceler l'intervention d'aucun rayonnement nouveau et qu'il n'a jamais rencontré d'effet qui ne pût être attribué légitimement à une réaction chimique des corps mis en présence.

Utilité des serins pour éviter l'asphyxie.

On a jadis proposé d'utiliser la souris pour nous éviter l'asphyxie par l'oxyde de carbone. Ce gaz éminemment dangereux est, en effet, peu sensible aux réactifs chimiques, et l'on n'a pas encore trouvé de moyen simple et pratique pour constater sûrement sa présence dans l'air que nous respirons.

M. Burrell a été chargé par le Bureau des mines des Etats-Unis d'étudier l'influence de l'oxyde de carbone sur les petits animaux. Il conclut à la sensibilité extrême du canari:

Voici, d'ailleurs, le résumé de ses observations sur la souris et sur le canari.

Souris: 0,16 d'oxyde de carbone contenu dans l'air, très léger malaise au bout d'une heure; 0,20, malaise en 8 minutes; 0,31, malaise en 4 minutes; 0,46, malaise en 2 minutes; 0,57, malaise en une minute; mort en 16 minutes; 0,77, malaise en une minute, mort en 12;5 minutes.

Canari: 0,09, très léger malaise au bout d'une heure; 0,15, malaise en 3 minutes; tombe de son perchoir au bout de 8 minutes; 0,20, malaise en 1,5 minute; tombe de son perchoir en bout de 5 minutes; 0,29, tombe de son perchoir en 2,5 minutes.

Le serin serait donc l'accessoire hygiénique indispensable de tout poêle à combustion lente.

M. Burrell propose de l'employer pour explorer l'air des mines après explosion.

La pluie à Paris.

Les météorologistes sont fort divisés au moins sur une question: celle de l'augmentation de la fréquence de la pluie en nos régions. Les uns estiment, avec le bon peuple, qu'il pleut plus en France qu'autrefois; d'autres affirment que la moyenne n'a pas sensiblement changé.

Nous signalions, il y a quelque temps, l'opinion de M. Camille Flammarion à cet égard. Notre éminent collaborateur a fait un relevé des pluies à Paris depuis le règne de Louis XIV; il conclut à une augmentation, augmentation bien marquée surtout depuis le début du dix-neuvième siècle, époque à laquelle ont commencé les mesures pluviométriques bien précises.

M. Angot, directeur du Bureau central météorologique, n'est point de cet avis.

M. Flammarion a pris les chiffres fournis par le pluviomètre de l'observatoire de Paris jusqu'en 1872; à partir de là, il s'en rapporte aux chiffres de l'observatoire de Montsouris, estimant que les conditions restent à peu près les mêmes.

Or, d'après M. Angot, l'augmentation apparente de pluie résulte de ce changement de station. La comparaison des observations faites au cours des trente dernières années montre que la quantité de pluie tombée à Montsouris est d'environ un dixième supérieure à celle recueillie à Paris.

M. Angot établit un relevé de 1806 à 1910 en prenant uniquement les chiffres de l'observatoire de Paris. Ce relevé donne, pour la pluie tombée dans la capitale, une moyenne générale de 510 millimètres par an. Pendant le premier tiers de cette période, la moyenne ressort à 502 millimètres; pendant le second, elle s'élève à 521; pendant le dernier tiers, c'est-à-dire pendant les trente dernières années, elle retombe à 508.

M. Angot conclut que, contrairement aux affirmations de M. Flammarion, il n'y a aucune apparence d'augmentation progressive de pluie à Paris depuis 1880.

Ce désaccord des deux savants sur une question assez simple est un peu troublant. La vérité ne serait-elle pas que, finalement, il ne tombe guère plus d'eau à Paris qu'autrefois, mais... qu'il pleut ou qu'il «brouillasse» plus souvent.

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