LES SOURCES THERMALES D'HAMMAM-MESKOUTINE (ALGÉRIE)
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LE GÉNÉRAL SAUSSIER
Le général Saussier, ancien généralissime de l'armée française, est mort, le 19 décembre, dans sa soixante-dix-huitième année.
Le général Saussier, mort le 19 décembre.

Né à Troyes, le 16 janvier 1828, il était sorti de Saint-Cyr en 1850. Après avoir pris part aux campagnes d'Afrique, de Crimée, d'Italie, du Mexique, colonel à quarante-deux ans, il commandait, au moment de la guerre de 1870, le 41e régiment d'infanterie, qui combattit à Borny, à Gravelotte, à Saint-Privat. Lors de la capitulation de Metz, il signa avec ses officiers une énergique protestation, fut emmené prisonnier en Allemagne, mais réussit à s'évader et à rejoindre l'armée de la Loire, où il reçut le commandement d'une brigade. En 1871, il allait en Algérie contribuer à la répression de l'insurrection arabe.
En 1873, le département de l'Aube l'ayant élu député à l'Assemblée nationale, il y siégea au centre gauche et intervint utilement dans la discussion des projets de loi relatifs à notre réorganisation militaire.
En 1876, à l'expiration de son mandat législatif, il reprenait dans l'armée la position d'activité, pour se consacrer exclusivement désormais à sa carrière de soldat. Promu divisionnaire en 1878, il était placé à la tête de la 11e division d'infanterie, dite la «division de fer», à Nancy, puis, au bout de quelques mois, appelé au commandement du 19e corps, à Alger; il le quittait en 1880 pour celui du 6e corps; mais, l'année suivante, il était renvoyé en Afrique, où les événements de Tunisie nécessitaient la présence d'un chef éprouvé.
Il fut, en 1884, nommé gouverneur militaire de Paris, poste qu'il occupa pendant plus de treize ans. En outre, comme président du conseil supérieur de la guerre, il devint le généralissime désigné, en cas de mobilisation.
A la fin de 1887, lorsque M. Grévy donna sa démission de président de la République et fut remplacé par M. Sadi-Carnot, le général Saussier obtint, au Congrès, sans avoir posé sa candidature, 188 voix.
Lorsqu'il fut, le 15 janvier 1893, atteint par la limite d'âge des divisionnaires, le gouvernement le maintint en activité comme ayant commandé en chef devant l'ennemi. Toutefois, à soixante-dix ans, en 1898, il dut résigner son haut commandement, pour rester seulement membre hors cadre du conseil supérieur de la guerre. Enfin, le 15 janvier 1903, âgé de soixante-quinze ans, il demanda à être relevé aussi de ces dernières fonctions et vécut depuis dans la retraite, à Luzarches (Seine-et-Oise), où il vient de s'éteindre.
Le général Saussier était grand-croix de la Légion d'honneur et décoré de la médaille militaire; il comptait 54 ans de service effectif, 24 campagnes, 3 blessures et 5 citations à l'ordre de l'armée.
LA GRÈVE DES POSTES ET TÉLÉGRAPHES EN RUSSIE
La grève qui a éclaté parmi les employés des postes et télégraphes de plusieurs des grandes villes de la Russie, à commencer par Saint-Pétersbourg et Moscou, a donné lieu à certains épisodes assez pittoresques. Nulle autre ne pouvait avoir d'inconvénients aussi graves. Il fallut en toute hâte s'efforcer de les atténuer dans la mesure du possible. Des télégraphistes militaires assurèrent, tant bien que mal, le service des appareils télégraphiques. Pour les besognes plus aisées, la distribution des lettres, la confection des plis, on eut recours aux garodovoïs, ou gardiens de la paix, aux dvorniks, ou portiers, qui sont aussi sous la dépendance de la police. Le service, comme on pense, laissa quelque peu à désirer, ainsi confié à des gens privés de toute expérience professionnelle. Mais le plus curieux, ce fut de voir des personnalités appartenant à la meilleure société, au monde de la cour, venir, avec une jolie crânerie, mettre à la disposition de l'administration leur bon vouloir et tout leur temps libre.
Et c'est ainsi que Mlle Zinovief, fille de l'ancien adjoint au ministère de l'Intérieur, précisément chargé de la direction de l'administration postale, le prince Obolensky, le prince Kotchoubey, le comte Mordvinof, bien d'autres encore, des officiers, de hauts fonctionnaires, vinrent prendre, dans les bureaux ou aux guichets, la place des employés défaillants.
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NOUVELLES INVENTIONS
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LE SUDROPHONE
Voici un nouveau type d'instruments de cuivre qui marque un progrès incontestable, presque une révolution, dans l'art musical.
Ce type comprend toute la série des instruments de cuivre, c'est-à-dire les saxhorns, du bugle à la contrebasse, ainsi que les cornets, cors, trompettes et trombones. Semblables à tous les instruments à pistons connus, ils se jouent de la même façon, avec les mêmes embouchures et le même doigté; la forme en est un peu différente, mais elle paraît plus gracieuse. L'instrument, d'ailleurs très doux à jouer, est plus portatif; de plus, il se démonte avec une extrême facilité, pour se placer dans des sacs ou étuis petits et maniables.
Mais ce qui fait du Sudrophone un instrument nouveau et qui lui vaut d'être signalé à l'attention de tous les musiciens, de tous les chefs d'orchestre, c'est l'adaptation d'une membrane vibrante fixée dans un petit tube appliqué sur le pavillon et que l'exécutant peut mettre, sans quitter l'embouchure des lèvres, en contact avec la colonne d'air sonore. Les vibrations propres de la membrane vibrant à l'unisson de la colonne d'air modifient le timbre de l'instrument. Selon que la membrane, au moyen d'une clef, est plus ou moins tendue, le timbre change instantanément, en restant toujours d'une pureté de sons remarquable. De sorte que l'on peut donner avec ce seul instrument la sensation d'instruments de cuivre, de bois ou à cordes (violoncelle); et émettre, dans le cuivre ou dans le bois, des timbres différents.
Ce qui revient à dire que l'on peut, avec cet instrument à embouchure, jouer les parties d'instruments à cordes et à anches, et les suppléer d'une façon parfaite. C'est la possibilité de corser par les sons du violoncelle, les fanfares, orphéons jouant en marchant.


Cette nouvelle invention permet, par conséquent, aux fanfares et harmonies de s'enrichir, sans aucune dépense, de sonorités correspondantes à celles des grands orchestres. Les chefs de musique disposent ainsi d'éléments nouveaux, leur permettant, par leur richesse instrumentale, d'aborder des compositions qui leur étaient jusqu'à présent inaccessibles.
Ajoutons que la membrane des Sudrophones est d'une parfaite solidité et susceptible d'un très long usage: elle peut du reste se changer aussi facilement qu'une anche de clarinette.
S'adresser à MM. F. Sudre et Cie, 13, boulevard Rochechouart, Paris.
Note du transcripteur: Les suppléments mentionnés en titre ne nous ont pas été fournis.
