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Le timbre du Zambèze.

Pour commémorer la visite de la British Association aux chutes de Victoria et l'inauguration, à travers la rivière de Zambèze, d'un pont, merveille moderne d'ouvrage d'art, sur la ligne projetée du Cap au Caire, la Compagnie de l'Afrique du Sud vient d'émettre une série de timbres comprenant six valeurs, du 1 penny au 5 shillings.
Tous ces timbres sont du même type; ils représentent une vue des chutes de Victoria surmontées de British South Africa Company en deux lignes; aux angles supérieurs le millésime 1905 et, aux angles inférieurs, la valeur dans des cartouches en forme d'étoiles.
La domestication des poissons.
Un médecin suisse a voulu voir s'il est possible d'apprivoiser visiblement des poissons. Cette idée lui est venue à Lugano, où il faisait une cure de bains dans le lac. Dans la piscine, qui n'était séparée du lac que par des murs en pierres entassées les unes sur les autres, il y avait une famille de loches au nombre de 100 ou 150 individus, provenant de cinq ou six pontes différentes. Pour se rendre favorables les poissons dont il venait troubler la tranquillité en prenant son bain, l'observateur suisse eut l'idée de passer, chaque matin et chaque soir, une heure immobile à l'eau. Il s'asseyait, avec de l'eau jusqu'au cou, les bras sur les genoux, tenant deux poignées de pain. Le pain attirait les loches, mais le baigneur les effrayait, malgré l'immobilité qu'il s'était imposée. Après quelque temps, toutefois, certaines jeunes loches, plus aventureuses, s'enhardirent au point de venir happer un peu du pain qui leur était offert. L'exemple fut bientôt suivi par les aînées et, au bout de peu de temps, le baigneur, dès qu'il entrait à l'eau, était entouré de toute la bande qui venait se régaler du pain dont celui-ci était toujours muni. Les poissons n'éprouvaient aucune frayeur des mouvements du visiteur: ils circulaient autour de lui, se laissaient prendre et caresser sans aucune difficulté. C'était pour eux un jeu, et le jour où, pour les photographier, on étala d'abord au fond de l'eau des draps pour avoir un arrière-plan approprié, on eut toutes les peines du monde à leur faire comprendre qu'il ne s'agissait pas de jouer à cache-cache.
L'arbre à crayons.
L'arbre dans le quel on découpe les crayons tend à disparaître: on en consomme trop. C'est un cèdre rouge, haut de 20 à 25 mètres, jadis très abondant en Amérique où il croît du golfe du Mexique au Canada et de l'Atlantique aux Rocheuses et au Texas, en dégénérant de qualité du sud au nord et de l'est à l'ouest. Jusqu'ici, la Floride fournissait le bois des trois quarts des crayons qui se consomment dans le monde; mais ses réserves commencent à s'épuiser et le gouvernement des États-Unis se préoccupe de la situation. D'ailleurs, tout en préférant les climats chauds, l'arbre s'accommode de latitudes fort différentes; quelques plantations faites en Allemagne par M. Faber, il y a une trentaine d'années, ont assez bien réussi.
Ajoutons que ce bois dont la fibre douce, homogène et parfumée est si agréable à caresser avec le canif, présente en outre des qualités de solidité qui le font aussi rechercher pour les poteaux télégraphiques, les constructions navales, les traverses de chemins de fer, l'ébénisterie, etc. La crise, dès lors, s'explique mieux.
Les bassins filtrants du mont Valérien.
Sur le mont Valérien, à l'intersection de la route de Charles-X et de la route Stratégique, on achève actuellement, pour les inaugurer à bref délai, une série de bassins filtrants destinés à alimenter d'eau potable la banlieue ouest de Paris, et qui présentent l'ensemble le plus perfectionné établi jusqu'à ce jour.
Dans l'état actuel de la science, le filtre à sable fin est considéré comme le meilleur instrument d'épuration des grandes masses d'eau. Mais, comme il s'encrasse vite, il exige des nettoyages fréquents qui en suspendent périodiquement le fonctionnement et représentent une dépense appréciable.
Pour remédier à cet inconvénient, on imagina d'abord de faire courir ou reposer l'eau dans un canal ou dans un bassin de décantation avant de la déverser sur le filtre. Ce système, employé par la ville de Paris au bassin de Saint-Maur pour purifier l'eau de Marne, a paru insuffisant pour l'eau de Seine, qui est beaucoup plus contaminée. A Ivry, l'eau passe d'abord à travers trois lits de gravier de grosseurs décroissantes et le filtre de sable peut fonctionner trois mois, alors qu'un autre filtre recevant de l'eau simplement décantée doit être nettoyé au bout d'un mois et demi.
Au mont Valérien, où l'on disposait de grands espaces, et où l'eau puisée au barrage de Suresnes arrive dans un état de malpropreté supérieur, on a construit six bassins disposés en escalier. Les quatre premiers, formant le groupe des dégrossisseurs, contiennent des lits de gravier dont la grosseur descend de 20 à 4 millimètres; viennent ensuite: un préfiltre, garni de sable de 4 millimètres et de petit gravier; puis le filtre, où la couche principale est formée de sable passé à la claie de 2 millimètres. Avant d'entrer dans le préfiltre et à la sortie, l'eau cascade à l'air libre pour s'oxygéner. L'ensemble des appareils représente une surface utile d'environ 16.000 mètres carrés devant produire par jour 35.000 mètres cubes d'eau épurée.
L'expérience permettra de chiffrer l'influence de cette disposition sur la prolongation de l'action du filtre proprement dit. Mais il est admis que ce dernier, seul, assure l'épuration bactériologique, ramenant d'environ 35.000 (à Ivry) à 500 le nombre de microbes par centimètre cube d'eau, avec exclusion de tout bacille pathogène et, notamment, de bacille coli. Il semble, dès lors, imprudent de se demander si les habitants d'Asnières boiront, au mois d'août, de l'eau plus pure que les Parisiens.
Le costume insubmersible de M. Dévot. Phot. Hoffman.

Un costume insubmersible.
Beaucoup de personnes se rappellent peut-être le nom du capitaine Boyton, inventeur d'un costume en caoutchouc permettant de se maintenir sans le moindre effort à la surface de l'eau. Après avoir obtenu un grand succès de curiosité à l'Exposition de 1878, l'appareil, lourd et encombrant, fut considéré comme n'offrant aucun intérêt pratique. M. Dévot, professeur de natation aux environs de Paris, s'appliquait, depuis plusieurs années, à perfectionner l'invention américaine. Il est arrivé à combiner un costume d'amphibie, à la fois simple et léger, dans lequel il se trouve aussi à l'aise pour franchir un fleuve que pour traverser une forêt. Etendu sur le dos, armé d'un fusil et d'un revolver, il avance dans l'eau en ramant avec les bras, à moins qu'il préfère y dormir. Il en sort, avec armes et bagages parfaitement secs, et continue sa route sans avoir besoin de «se changer».
M. Dévot croit que ce costume passe-partout pourrait rendre certains services en temps de guerre, et il va le soumettre à l'autorité militaire.
La résistance du coeur aux blessures.
On est habitué à considérer le coeur comme un organe extrêmement sensible et qui ne pourrait être touché par un corps étranger sans que la mort s'ensuivît.
Or la chirurgie moderne reconnaît à cet organe une grande tolérance; non seulement on peut pratiquer des opérations sur le coeur, mais encore celui-ci résiste à de très graves traumatismes.
Les blessures du coeur, dans les tentatives de suicide, donnent une mortalité de 60%, ce qui représente plus d'un tiers de guérisons.
Un chirurgien cite un cas dans lequel il eut à rechercher dans le coeur une balle que s'était tirée une jeune fille. Il n'arriva pas à la trouver, malgré des recherches nombreuses et la palpation énergique du coeur. Or la malade survécut, non seulement à la balle, que la radioscopie révéla comme étant dans l'épaisseur même de l'organe, mais encore aux longs examens du chirurgien, à l'intérieur même du péricarde!
Les plaies du coeur sont graves du fait de l'hémorragie abondante qu'elles provoquent souvent, car alors le sang s'accumule dans le péricarde et la compression finit par provoquer l'arrêt cardiaque; et, quand les vaisseaux nourriciers du muscle sont atteints, la mort survient encore rapidement par le défaut d'irrigation nutritive de l'organe.
Mais, en dehors de ces conditions, on peut espérer la guérison.
Quand la syncope survient sous l'influence du choc traumatique, il suffit de maintenir les fonctions respiratoires et circulatoires par le massage du coeur pour voir se rétablir les fonctions de cet organe, l'effet nerveux inhibiteur ne tardant pas à cesser.
En réalité, cela revient à dire qu'il est possible de revenir d'une mort subite par arrêt du coeur.
La conservation de la pierre et du métal.
Un chimiste hongrois, du nom de Brunn, prétend avoir découvert un liquide chimique qui mettrait certaines substances à l'abri des injures du temps, en même temps qu'il les rendrait antiseptiques. Ses recherches lui auraient été suggérées par un voyage en Grèce, au cours duquel il remarqua que le mortier des édifices en ruine, de plus de deux mille ans, semblait aussi dur et frais que s'il avait été de l'année précédente seulement. Il se procura un morceau de mortier et l'examina, et de cet examen, fait il y a vingt-cinq ans, sont sorties les recherches qui ont abouti à la découverte, à l'invention d'un liquide jaune, nommé zorène, dont on n'indique point la composition, mais qui posséderait toutes les vertus. Ce zorène serait un durcissant incomparable pour la pierre, la brique et le bois. Il empêcherait aussi les matériaux d'absorber l'humidité; il rendrait inoxydables les métaux. En même temps il permettrait de créer des routes ne donnant pas de poussière,--ce qui est une façon de parler. Le zorène associé aux scories fournirait des chaussées presque éternelles et si dures que les véhicules auraient de la peine à les entamer. Si tout cela est vrai, le zorène a une belle place à prendre.
Pour purifier la fumée de tabac.
Les divers procédés suggérés de temps à autre pour purifier la fumée de tabac présentent généralement deux points communs: ils ont la prétention d'enlever au tabac tous ses principes nocifs et ils exigent une cuisine plus ou moins compliquée.
Un chimiste allemand, moins absolu que ses précurseurs, propose une solution d'une extrême simplicité: elle consiste à placer, soit dans le tuyau de la pipe, soit dans le fume-cigare ou fume-cigarette, un petit tampon d'ouate imbibé de perchlorure de: fer. D'une longue série d'expériences, M. Thoms se croit autorisé à conclure que cette filtration élimine totalement l'hydrogène sulfuré et l'huile essentielle empyreumatique; et, pour la plus grande partie, la nicotine et ses produits de décomposition, l'acide cyanhydrique et l'ammoniaque. On ne saurait, ajoute-t-il, éliminer toute la nocivité sans éliminer le plaisir.
La vapeur du perchlorure n'est pas vénéneuse, et, comme elle n'est pas entraînée; par la fumée filtrée, il semble qu'elle ne doive pas influer sérieusement sur l'arôme! Sur ce point, toutefois, le chimiste a l'esprit de décliner sa compétence et de s'en rapporter à celle des fumeurs.
Une explosion d'acétylène.
Un grave accident a mis dernièrement en émoi la ville de Montélimar, dans des circonstances qu'il est intéressant de signaler.
Villa écornée par une explosion d'acétylène à Montélimar.

M. Brun, pharmacien-chimiste, propriétaire d'une superbe villa, de construction récente et dont les travaux sont à peine achevés, y avait installé un appareil à acétylène, fonctionnant de manière à ne laisser dégager le gaz qu'au fur et à mesure de la consommation. Le 9 octobre, il essayait un chauffe-bains, avec le constructeur de cet appareil, lorsque, partant des sous-sols, une explosion se produisit, accompagnée d'une formidable détonation, entendue à plusieurs kilomètres de distance. En même temps, les persiennes et volets, réduits en miettes, étaient projetés au loin, les planchers s'effondraient, leurs poutrelles en fer tordues comme des brins de paille. Tout un angle du bâtiment s'était écroulé, et telle avait été la violence de la répercussion qu'il ne restait plus trace de vitres aux fenêtres des habitations voisines.
On n'a eu, heureusement, aucun accident de personne à déplorer; mais, si le sinistre était advenu quarante-huit heures plus tard, la famille de M. Brun et les domestiques eussent été ensevelis sous les décombres.
Quant aux dégâts matériels, ils sont considérables, et l'on peut les évaluer au moins à une centaine de mille francs; car, sans compter la partie de la maison entièrement détruite, la partie demeurée debout est lézardée et atteinte dans ses oeuvres vives.
Au sujet de la cause de l'explosion, l'hypothèse la plus probable est celle-ci: un ouvrier, mal au courant de la marche de l'appareil, aurait négligé de fermer un robinet dit «de purge»; d'où une fuite du gaz, qui se serait accumulé en grande quantité dans les sous-sols, cependant bien aérés.