LES CONCOURS DU CONSERVATOIRE
Reading edition
Les divers concours du Conservatoire (chant, opéra, opéra-comique, tragédie, comédie, pour ne parler que de ceux-là) ont mis, cette année, en présence un nombre assez considérable de concurrents. Le concours d'opéra a été particulièrement brillant et a mis en valeur une artiste hors de pair, Mlle Marthe Chenal; il a permis d'apprécier aussi le talent sûr de M. Georges Petit. Un premier prix de tragédie a consacré la valeur originale, et déjà applaudie sur maints théâtres, de Mlle Ventura. Enfin, nous ne pouvons négliger de mentionner, parmi les premiers prix de piano--qui ont témoigné du merveilleux enseignement des professeurs et de la force prodigieuse des élèves--celui de Mlle Caffaret qui, à onze ans, a montré un sens étonnant du rythme et prouvé que ses petites mains avaient déjà acquis une ampleur, une netteté d'exécution, en même temps qu'une grâce et une malice prestigieuses qui se rient de toutes les difficultés.

M. CORPAIT (27 ans 6 mois). 1er prix d'opéra (Charles VI) Mlle MARTHE CHENAL (23 ans 10 mois). 1er prix de chant (Alceste); 1er prix d'opéra (Armide). M. GEORGES PETIT (21 ans 10 mois). 1er prix d'opéra (Oedipe à Colone).

Mlle MANCINI (23 ans 8 mois), 1er prix de chant (Alceste). 1er prix d'opéra (Patrie). M. CARBELLY (27 ans 11 mois). 1er prix de chant (Dardanus). M. LUCAZEAU (25 ans 8 mois). 1er prix d'opéra-comique (Carmen). Mlle MIRAL (20 ans 1 mois). 1er prix de chant (Alceste).

Mlle BERGE (21 ans 6 mois). 1er prix de comédie (Mariage blanc). M. BROU (23 ans 11 mois). 1er prix de comédie (les Rantz). Mlle VENTURA (18 ans 11 mois). 1er prix de tragédie (Phèdre).
LAURÉATS DU CONSERVATOIRE --Photographies Du Guy, H. Manuel et P. Boyer.
Eglogue.

L'Orpheline. Madeleine. Fabiola.

Le Christ au linceul. (Collection de Mme Smith.)

QUELQUES OEUVRES DE HENNER.
JEAN-JACQUES HENNER Mort à Paris le 23 juillet

Le peintre Jean-Jacques Henner vient de mourir.
Il n'y a pas trois mois (le 13 mai), L'Illustration avait la bonne fortune d'offrir à ses lecteurs une parfaite reproduction d'une oeuvre caractéristique de ce grand maître: une Tête de Femme, harmonie admirable de chair rosée à peine, de roux, de bleu et de rouge vibrant.
Nous avons publié dans le même numéro un court article où étaient analysées--trop brièvement--les belles qualités de ce talent savoureux de Henner, qui exerce sur les foules, comme sur l'élite des connaisseurs, une si puissante séduction.
L'artiste était alors gravement malade. Cependant, tout espoir était loin d'être perdu et même, depuis cette alerte, on l'avait vu reprendre ses forces; on pouvait croire que son robuste tempérament triompherait du mal.
Nous nous bornerons à rappeler ici les titres de quelques-unes des oeuvres maîtresses qui ont marqué les étapes de cette belle carrière artistique: 1858, la Mort d'Abel, son prix de Rome; 1865, la Chaste Suzanne; 1867, la fameuse Biblis changée en source; la Femme au divan noir, du musée de Mulhouse; 1874, Madeleine dans le désert;1876, le Christ mort; 1898, le Lévite Éphraïm, qui lui valut la médaille d'honneur, et enfin un grand nombre de figures isolées, comme Fabiola, et de portraits, dont les deux plus beaux sont celui de Chanzy et celui de l'artiste même, pour la galerie des Peintres, aux Offices de Florence.