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Une énorme tache solaire.
Une tache énorme, bien visible à l'oeil nu, vient d'apparaître à la surface du soleil (à la latitude de 12° dans l'hémisphère boréal), au méridien central duquel elle est passée le 16 juillet.
Ce magnifique phénomène est digne de l'époque du maximum de l'activité solaire, maximum qui doit avoir lieu précisément cette année. L'étendue totale sur laquelle s'étend cette perturbation de la surface de l'astre du jour est d'environ 200.000 kilomètres. Mais il s'agit d'un groupe de taches; la principale, avec ses langues de feu, sa pénombre à structure très compliquée, a une dimension de près de 100.000 kilomètres. Le reste du groupe est non moins intéressant, quoique moins apparent; tous les nombreux détails qui le composent et dont les changements ont été assez notables en quelques jours, apparaissent comme voilés par des gaz lumineux.
La rotation du globe solaire fera disparaître cette tache le 23 juillet. Si elle persiste quelque temps, on peut s'attendre à la voir réapparaître vers le 6 août.

Le 10 juillet, à 8 h. 30 matin. Le 15 juillet, à 11 h. 30 matin.
LES TACHES DU SOLEIL Photographiées par M. L. Radaux, à Donville (Manche).
Le monument de Dorian à Saint-Etienne.
M. Etienne, ministre de l'Intérieur, est allé présider, dimanche dernier, à Saint-Etienne, l'inauguration du monument élevé par souscription à la mémoire de Pierre-Frédéric Dorian, ancien ministre des Travaux publics sous le gouvernement de la Défense nationale.
Ce monument, placé dans un square en face de la nouvelle avenue du Président-Félix-Paure, est dû à la collaboration de deux artistes foréziens, lauréats du Salon, MM. Ch.-Louis Picaud, sculpteur, et Marcel La Maizière fils; sauf la statue en bronze, il est tout entier en pierre de Comblanchien; le socle porte sur ses laces les armoiries de Saint-Etienne et celles de Montbéliard, dont le maître de forges était originaire, ainsi que les médaillons de ses fils, Charles et Daniel, successeurs de leur père comme députés de la Loire. La composition de l'oeuvre fait honneur au talent de ses auteurs.
Le monument de Pierre Dorian, inauguré le 16 juillet, à Saint-Etienne.

La cérémonie inaugurale a offert le caractère d'une imposante manifestation. Dans un éloquent discours, M. Etienne, un des plus chers amis de Gambetta, a justement associé le nom de Dorian à celui de l'illustre patriote qui, en 1873, sur la tombe de son ancien collaborateur de 1870, disait: «Grand citoyen, ta vie se résume en deux mots: la pratique du travail, le culte de la patrie.» Dorian fut, en effet, aux jours du péril national, l'organisateur actif, infatigable, de Paris assiégé, et c'est là son principal titre à l'hommage durable rendu à sa mémoire.
Au banquet qui a terminé la journée, M. Aristide Briand a pris à son tour la parole. Il a célébré le «passé glorieux» de notre pays et ajouté que, si la France était menacée, ce n'est pas parmi les socialistes, ses amis, qu'on trouverait des hommes pour faire le jeu de ses agresseurs. La note patriotique de ce discours a été fort remarquée.
Un asile pour les Français indigents en Suisse.
Les Français de Genève, dont le chiffre, à l'heure actuelle, dépasse 35.000 et qui forment la plus nombreuse de nos colonies à l'étranger, se sont émus de la triste situation de nos nationaux, vieillards et incurables, fixés dans le canton, et ils ont eu, il y a deux ans, la pensée de créer un asile destiné à recueillir ces pauvres gens.
Un bazar de charité fut organisé, en 1903, pour constituer un premier capital. Grâce au concours de toutes les bonnes volontés, grâce à l'empressement du public genevois, grâce à la présence de la musique de la garde républicaine, venue rehausser l'éclat des fêtes, celles-ci réussirent brillamment et l'on put réaliser, avec les dons de généreux souscripteurs, une somme de 216.000 francs. Le gouvernement de la République, de son côté, tint à manifester sa sympathie envers cette oeuvre à la fois patriotique et humanitaire, et la commission du pari mutuel, dans sa séance de janvier dernier, accorda une allocation de 100.000 francs.
Le capital ainsi réuni permit de faire l'acquisition du château de la Fouillasse, situé aux portes de Genève et particulièrement propre à être converti en hospice. Autour de l'immeuble s'étend un parc très vaste.
Le château de la Feuillasse, près de Genève, converti en asile pour les Français indigents en Suisse.

L'asile, qui sera prochainement ouvert, pourra abriter, au début, 18 à 20 vieillards; mais on espère que les souscriptions et les dons permettront d'augmenter rapidement ce nombre. Un généreux compatriote, dont l'esprit de bienfaisance s'exerce de la façon la plus libérale, vient d'accorder une nouvelle somme de 30.000 francs pour solder les travaux d'aménagement et de réparations. C'est là un bel exemple à imiter, étant donné qu'il y a déjà actuellement plus de 200 demandes inscrites et que la colonie formée principalement de modestes travailleurs venus des départements limitrophes, est, dans son ensemble, très peu fortunée.
Le chancre des arbres fruitiers.
Beaucoup de nos lecteurs peuvent, en ce moment, constater sur leurs arbres, ou sur ceux du voisin, la fréquence d'une maladie qui a reçu le nom de chancre et qui se manifeste par une sorte de plaie ulcérée qui se refuse à guérir. Jusqu'à ces derniers temps, le chancre, qui attaque souvent le pommier, était attribué à un champignon parasitaire, appelé nectria. On admettait que la gelée favorise l'apparition du mal: fendant l'écorce, elle faciliterait l'inoculation du champignon. Il semble toutefois qu'on doive abandonner cette façon de voir. Les recherches de M. Brzezniski tendent, en effet, à démontrer que le chancre est dû à un tout autre agent, à une bactérie qu'il a appelée la bactérie du pommier. Inoculée au pommier, elle détermine chez lui la production d'un chancre.
Il est regrettable, toutefois, que le savant polonais n'ait pas pu découvrir en même temps la manière de combattre le mal, car celui-ci est très tenace et l'on ne connaît encore aucun moyen d'engager avec succès la lutte contre ce dévastateur des vergers.