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L'Illustration, No. 3249, 3 Juin 1905

Courrier de Paris

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JOURNAL D'UNE ÉTRANGÈRE

On dirait que les Parisiens ont renoncé, pour une semaine, à leurs amusements ordinaires et que brusquement leur curiosité s'est désintéressée de tout. Ne leur parlez point de politique en ce moment; ils ne savent pas ce que c'est et jamais les choses qu'on dit au Palais-Bourbon ne leur ont paru plus vaines et plus obscures. Ils ont oublié déjà les surprises délicieuses de l'exposition de Whistler et les étonnantes ferronneries qu'on leur montre au musée Galbera les laissent indifférents. Voilà presque une semaine que les anecdotes sur Rothschild leur semblent démodées et ce n'est que d'un oeil distrait qu'ils «suivent» ce qui s'imprime au sujet du mariage du kronprinz. Un concours de «balcons fleuris» s'est ouvert lundi dernier: ils l'ignorent; demain la Fête des Fleurs égayera, parfumera le bois de Boulogne: que leur importe? Ils ne vont depuis trois jours que là où ils ont chance de rencontrer leur nouvel hôte, de sourire à ses dix-neuf ans, de l'acclamer. Alphonse XIII est, à cette heure, l'occupation principale et l'unique joie de Paris.

C'est le premier voyage qu'entreprend à l'étranger le jeune roi; et Paris est content--un peu fier aussi--d'être la première grande «station» où Alphonse XIII ait voulu s'arrêter. Paris a des coquetteries charmantes; il me fait penser en ce moment à ces femmes belles et déjà mûres qui ne s'intéressent plus que «maternellement» aux très jeunes gens, mais qui ne sont pas fâchées tout de même qu'un gentil garçon de vingt ans les trouve jolies.

Notre ville a donc revêtu pour ce gala ses plus exquises toilettes de printemps; et jamais je ne l'ai trouvée plus belle, en effet, plus élégamment accueillante et tutélaire avec plus d'esprit.

On racontait ces jours-ci (mais l'anecdote est trop gentille pour être vraie) que la reine Christine, un peu inquiète de voir ainsi s'en aller loin d'elle, pour la première fois, son enfant, avait adressé à M. Loubet une lettre privée où, dans le simple langage d'une maman qui écrit à un papa, elle lui recommandait son fils, exprimait le voeu que tout le monde, chez nous, eût bien soin de lui... Je voudrais que cette lettre-là ait été écrite; elle n'est pas très protocolaire et le «geste» n'est pas de ceux qu'approuve, sans doute, l'étiquette des cours; mais il eût été si naturel et si humain, ce geste-là; il eût exprimé avec tant de vérité les secrètes angoisses dont ces existences royales sont troublées...

Paris n'a point trompé la confiance que cette mère avait mise en lui. Il a fait au roi d'Espagne un accueil dont je suis sûre que son imagination demeurera, pour longtemps, éblouie.

Qui est cet enfant? Vers quelle destinée va-t-il? Je doute qu'aucune chiromancienne ait eu la permission de lire les lignes de sa main; mais Mme Génia Loubow--une spécialiste--a regardé ses traits attentivement et nous renseigne.

Mme Génia Loubow aperçoit, dans la forme du front d'Alphonse XIII, l'indice d'une «intelligence ouverte, active, douée surtout de merveilleuses qualités d'assimilation». Les sourcils, «agréablement conditionnés», lui semblent bien exprimer «quelque versatilité dans les désirs»; mais les yeux, «fort beaux», dénotent, outre «une frémissante et inassouvissable curiosité», la sensibilité d'une âme «presque féminine en sa manière de désirer, de sentir et d'aimer».

Le nez, nous affirme cette dame (et je n'ai nulle raison de douter de sa science), laisse supposer «le goût inné de l'ordre pompeux, de la parade brillante et des chevaleresques aventures»; la bouche décèle une «cordiale bonté» en même temps qu'un penchant aux «plaisirs raffinés» et l'amour du luxe,--de tous les luxes.

Si le menton fait présumer «un inflexible et tranquille autoritarisme» et le sens pratique de la vie, par contre (et voilà de quoi nous rassurer) le cou, «de ligne pure et fière, mais de galbe délicat, dit une absence complète d'agressivité», un penchant à préférer les «solutions pacifiques» aux violentes.

Mme Génia Loubow aperçoit dans le dessin de l'oreille la marque d'une «impétuosité latente et contenue»; mais la chevelure révèle une urbanité infinie et la plus enjouée «bonne grâce...»

Tout cela est excellent, mais c'est autre chose qui m'intrigue. Je n'éprouve aucun besoin d'avoir une opinion personnelle sur la «mentalité» d'Alphonse XIII et rien ne m'intéresse moins que ce que mes voisins pensent de ce jeune roi; ce que je voudrais savoir, c'est ce qu'il pense de nous.

Car nous lui donnons des spectacles qui, sûrement, le bouleversent; et ce qui étonne, et déconcerte, et peut-être tourmente le plus, depuis trois jours, le jugement de ce roi de vingt ans, ce ne sont pas les choses qu'on lui montre (il ne rencontrera, de ce côté, que des raisons de se réjouir et d'admirer); ce sont je suppose, les dessous de ces choses-là.

Roi, il a vu venir à lui, la main tendue, un souriant vieillard qui n'est point roi et que la population de la plus illustre capitale de l'univers semble entourer du même respect et salue des mêmes acclamations que s'il l'était; et peut-être l'idée qu'Alphonse XIII s'était faite du prestige de la dignité monarchique s'est-elle trouvée gênée un peu par cette première constatation... Mais il est vrai que tout aussitôt d'autres spectacles l'ont dû rassurer singulièrement.

On l'avait averti, sans doute, des sentiments professés par la municipalité parisienne à l'égard du principe de gouvernement qu'il représente; et il a dû être délicieusement surpris par la respectueuse cordialité que lui témoignèrent ces jacobins... Il a vu l'Hôtel de Ville; et il a dû observer qu'en aucun de ses palais ne règnent une discipline plus pompeuse, un plus minutieux souci de «l'apparat», une plus parfaite entente des règles suivant lesquelles il convient qu'un monarque en visite soit accueilli et traité...

On lui avait dit aussi, je pense, que l'irréligion sévit cruellement en ce pays-ci; on a même pu lui en fournir quelques preuves douloureuses... Cependant les ministres par qui cette religion est combattue l'ont conduit à Notre-Dame, et il a pu remarquer que, de tous nos monuments, ce n'est pas celui dont ils se montrent le moins fiers. Il a vu ces ministres se mêler durant cette visite à l'imposant cortège des chefs de l'Église; et il a pu se demander si le divorce dont on parle tant est aussi près de s'accomplir que le bruit en court en Espagne.

J'imagine qu'Alphonse XIII n'ignore pas non plus certains vilains traitements dont l'armée de ce pays fut naguère victime de la part d'hommes influents que le prestige militaire agace. Et cependant ce sont ces hommes-là qui le conduisaient hier au camp de Châlons; demain, l'escorteront à Saint-Cyr; après-demain, feront orgueilleusement défiler devant lui, à Vincennes, les troupes de la garnison de Paris. Et voilà encore de quoi troubler un peu cette âme d'étranger...

Après Châlons, Saint-Cyr et Vincennes, il verra Cherbourg. On lui montre aujourd'hui des soldats, on lui montrera des marins tout à l'heure. Est-ce que le bruit n'a pas couru aussi, hors de France, qu'entre certain ministre civil et cette autre armée-là récemment d'inquiétants désaccords ont éclaté? Si le jeune roi n'ignore point ces choses, il ne sera pas peu surpris de constater que la marine, en ce pays, demeure une des institutions dont le prestige rend le plus justement fiers les «radicaux» qui le gouvernent.

Alors le jeune roi, peut-être, interrogera les hommes d'expérience qui l'entourent, leur demandera l'explication de ces spectacles troublants et contradictoires; et, sans doute, il s'en trouvera bien un parmi eux qui le rassurera. Il lui dira:

--Sire, n'ayez pas peur de ce peuple-ci. Faites comme tous les étrangers qui se sont approchés de lui. Aimez-le. La France est un pays que les révolutions amusent, mais qui a l'amour de l'ordre et de la beauté. Et, comme il y a beaucoup d'ordre et beaucoup de beauté dans les traditions dont ce peuple a toujours vécu, il demeure orgueilleux--malgré lui--de son passé et de l'histoire dont il est sorti. Il ne veut plus aller à la messe, mais il aime ses cathédrales; il ne veut plus aller au régiment, mais il acclame le drapeau qui passe; il dit du mal des rois, mais il n'y a pas une ville au monde où les rois en promenade soient plus amoureusement choyés qu'à Paris...

Et le jeune roi continuera de ne pas comprendre; mais pourquoi comprendrait-il? De plus vieux que lui ne comprennent pas. Sonia.

Buste de saint Louis (XIV siècle) en bois sculpté plaqué d'argent, surmontant un reliquaire. Les grandes reliques: la couronne, un clou et un morceau de la sainte croix, enfermés dans des reliquaires de cristal et d'or fixés sur un crucifix d'olivier.

Illustration from L'Illustration, No. 3249, 3 Juin 1905
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LES PIÈCES PRINCIPALES DU TRESOR DE NOTRE-DAME DE PARIS PRÉSENTÉES A S. M. ALPHONSE XIII.

ALPHONSE XIII A NOTRE-DAME

Alphonse XIII, «Majesté Catholique», ne pouvait venir à Paris sans visiter Notre-Dame, où, avant lui, s'était arrêté le tsar, souverain d'un pays schismatique, chef même d'une religion schismatique.

L'accueil qui a été fait mardi au jeune souverain par le vénérable cardinal-archevêque de Paris, à la tête de tout le chapitre en habits de choeur, a été d'une imposante solennité.

La basilique est toute remplie des souvenirs des rois de France, ancêtres lointains du roi d'Espagne, et M. l'abbé Pousset, archiprêtre de Notre-Dame, qui était, aux côtés du cardinal Richard, le cicerone désigné d'Alphonse XIII, les évoquait à chaque pas.

Parmi les richesses du trésor de Notre-Dame sur lesquelles on a plus particulièrement attiré l'attention du roi, il est des reliques qu'à l'occasion de cette auguste visite on avait exposées comme aux jours des plus grandes fêtes, où elles sont offertes à la vénération des fidèles. Ce sont les reliques de la Passion, celles qu'on appelle les «grandes reliques», et une relique de saint Louis, aïeul d'Alphonse XIII.

C'est dans le petit choeur, à la chapelle qui occupe l'extrémité de l'abside et qu'éclairent de belles verrières, qu'Alphonse XIII a pu leur rendre ses dévotions.

Les reliques de la Passion avaient été placées sur l'autel que couronne une statue de la Vierge. La relique de saint Louis était sur une petite crédence revêtue de dentelles, à côté de l'autel et un peu en arrière, car la liturgie catholique ne permet pas d'exposer sur le même autel, près de reliques du Christ, des reliques de saints.

Illustration from L'Illustration, No. 3249, 3 Juin 1905

Les grandes reliques de Notre-Dame comprennent la couronne du Christ, un des clous de la crucifixion et un morceau de la sainte Croix. La couronne est celle que saint Louis acheta, en 1209, de Baudoin II, empereur d'Orient. Il alla la chercher jusqu'à Sens, la rapporta pieds nus, en robe de bure, et, pour l'abriter, construisit cet admirable reliquaire, la Sainte-Chapelle.

Les trois reliques sont disposées sur une croix de bois d'olivier très simple, qui fut construite sous la Restauration.

La couronne n'est nullement, comme on le dit couramment, une couronne d'épines. C'est une sorte de lien, de fibres de jonc marin assemblées, un bout de licol, peut-être, qui servit à assujettir sur la tête du Christ une poignée d'épines. Elle est enfermée dans un précieux reliquaire de cristal, d'or et d'émaux, et retenue à la croix par une agrafe ciselée. Le clou est enfermé également dans un étui de verre à monture d'or. Il occupe le centre de la croix, entre deux faux clous de vermeil ou d'or. Enfin, la gaine de cristal qui protège le bois de la vraie croix--également acquis par saint Louis de Baudoin II--vient se poser au-dessous de la couronne, retenue dans des armatures d'or. La croix porte-reliquaires est posée elle-même sur un socle très simple, revêtu de velours pourpre.

La relique de saint Louis, sa mâchoire, est exposée dans un reliquaire doré, de style gothique, tout moderne, mais surmonté d'une très belle oeuvre d'art du quatorzième siècle, l'une des plus précieuses que conserve le trésor de Notre-Dame. C'est, un buste du saint roi, le front ceint de la couronne de France, et vêtu d'un manteau fleurdelisé. La physionomie est d'un grand caractère, à la fois grave et douce et très simple.

Le travail est exécuté en lames d'argent repoussées sur une âme de vieux chêne, et relevées de cabochons. Il est superbe, et tout à fait digne du renom que s'étaient acquis nos vieux artisans. C'est un spécimen remarquable de l'art français ancien.

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L'arrivée à Paris: le roi monte en voiture. Le cortège partant de la gare de la porte Dauphine.

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Promenade dans Paris. Écoutant le discours des étudiants devant le Panthéon. Promenade dans Paris.

Attitudes et expressions de physionomie d'Alphonse XIII, d'après des photographies instantanées.

Sortie du Panthéon. Arrivée à l'Hôtel de Ville.

Illustration from L'Illustration, No. 3249, 3 Juin 1905
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Les forts de la Halle attendant le roi. L'arc de triomphe de l'Alimentation. La muse de l'Alimentation et ses demoiselles d'honneur.

LE ROI ALPHONSE XIII A PARIS.--Instantanés des deux premières journées (30 et 31 mai).

LE ROI ALPHONSE XIII A PARIS.--La visite à Notre-Dame (31 mai). Le roi agenouillé devant les grandes reliques dans le petit choeur (chapelle de N.-D. de la Compassion).

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LES HAUTS PERSONNAGES DE LA SUITE DU ROI

M. de Villa-Urrutia, ministre des Affaires étrangères.--Phot. Alexandre. Le duc de Sotomayor, grand maître de la Cour.--Phot. Franzen. Le général de Bascaran, chef de la maison militaire.--Phot. Nieto. Le duc de Santo-Mauro, gentilhomme de la Chambre.--Phot. Franzen.

Illustration from L'Illustration, No. 3249, 3 Juin 1905
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1. M. Leon y Castillo fils.--2. M. Y. La Torre.--3. M. Douga.--4. M. La Huerta.--5. M. Leon y Castillo, marquis del Muni.--6. M. Douga.--7. Marquis de Viana.--8. H. Riano.--9. M. Echagüe. 10. Comte de Aguera. 11. Marquise del Muni.--12. Mme Riano.

A L'AMBASSADE D'ESPAGNE A PARIS.--Le marquis et la marquise del Muni, entourés des secrétaires et attachés de l'ambassade. Phot. Munoz de Baena.

Buste d'Alphonse XII. AU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.--Chambre à coucher de S. M. Alphonse XIII.

Illustration from L'Illustration, No. 3249, 3 Juin 1905
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Vasque fleurie. Le vaisseau de la Ville de Paris. Vase dit de l'Alhambra.

LES MOTIFS DE DÉCORATION FLORALE DE LA PLACE ET DE L'AVENUE DE L'OPÉRA

(Agrandissement) AU CAMP DE CHALONS (1er juin).--Sur la crête Niel: l'artillerie de 75 tire sur la cavalerie et l'infanterie simulées par des silhouettes. Photographie prise de la tente royal.

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(Agrandissement) L'ARRIVÉE DU ROI ALPHONSE XIII (30 mai).--Vue panoramique du cortège sur le pont et la place de la Concorde. Photographie prise du toit du Palais-Bourbon.--Cliché le Deley.

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Le tournant du Gendarme et ses abords vus à vol d'oiseau,--Phot. de M. Bliès.

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Le tournant du Gendarme vu de l'extérieur.

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Deux vues du tournant de la Baraque.

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AVANT LA COUPE GORDON-BENNETT: LES "TOURNANTS DANGEREUX" DU CIRCUIT D'AUVERGNE Photographies de notre envoyé spécial.

Descente et tournant dans le village de Rochefort.

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Le tournant de la Remise, vu de l'intérieur. Le tournant de la Remise, vu de l'extérieur.

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Le Grand Tournant.

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AVANT LA COUPE GORDON-BENNETT: LES "TOURNANTS DANGEREUX" DU CIRCUIT D'AUVERGNE Photographies de notre envoyé spécial.

Le baron Alphonse de Rothschild. Tombeau de la famille de Rothschild au Père-Lachaise.

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Devant l'hôtel de Rothschild, 19, rue Laffitte: la levée du corps.

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1. Baron James-Armand de Rothschild.--2. Baron Léopold de Rothschild.--3. M. Maurice Ephrussi.--4. Baron Albert de Rothschild.--5. Baron Leonino.--6. Dr Henri de Rothschild. 7.--Lord Rothschild.--8. Baron Édouard de Rothschild, fils du baron Alphonse.--9. Baron Gustave de Rothschild.

Les membres de la famille de Rothschild suivant le cortège funèbre. LES FUNÉRAILLES DU BARON ALPHONSE DE ROTHSCHILD, MORT A PARIS LE 26 MAI.

M. Coppolani en conférence avec des chefs indigènes, dans son cabinet, à Saint Louis du Sénégal.

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Parmi les nombreuses missions qui sillonnent actuellement le territoire de notre empire africain, l'une des plus pacifiques, mais non l'une des moins utiles, était celle que M. Roume, gouverneur général de l'Afrique occidentale française, avait confiée, depuis quelques mois déjà, à M. Coppolani, secrétaire des colonies de première classe.

Elle consistait à réorganiser, sous le nom de Mauritanie occidentale, ce qu'on appelait auparavant le protectorat des Maures de la rive droite du Sénégal; en réalité, ces tribus maures échappaient à notre influence et ne permettaient à nos négociants de commercer avec elles que moyennant le payement à leurs chefs, par notre gouvernement, de certains subsides appelés «coutumes».

Le côté précaire de cette situation, qui laissait le champ libre aux pillages fréquemment exercés par ces tribus, n'avait point échappé à M. Roume, qui désirait supprimer les coutumes, mais appointer en échange les chefs chargés désormais de percevoir, à notre profit, les impôts usités en pays musulman. C'est au cours des négociations toutes pacifiques engagées dans ce but avec les Maures du Tagant que M. Coppolani a été tué à bout portant d'un coup de fusil à l'avant-bras droit et à la poitrine, par un groupe de Maures dissidents qui ont fait irruption dans le poste de Tikidja.

M. Coppolani. --Phot. Pierre Petit.

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Les agresseurs ont d'ailleurs été repoussés après une courte lutte qui a coûté aux nôtres deux tirailleurs tués et onze blessés. Le capitaine Frèrejean a pris immédiatement le commandement de la mission en attendant l'arrivée du lieutenant-colonel Montané, chef d'état-major, nommé commissaire de Mauritanie par M. Roume.

L'oeuvre de la mission, qui avait déjà réussi à gagner plusieurs chefs religieux et à créer sept petits postes militaires, ne sera point compromise par la mort de son chef.

Les Trarzas et les Braknas, en effet, avaient déjà été gagnés à notre cause et, seuls, les Edouaïchs restaient à convaincre. Duallata, dans l'Adrar, dernier objectif de la mission, ne sera pas atteint.

Mais il faut surtout déplorer vivement la disparition du fonctionnaire d'avenir qu'était M. Coppolani, arabisant distingué, connaissant à fond le monde de l'islam, homme de décision et d'énergie autant que de prudence.

M. Coppolani conférant en plein air avec les chefs des Maures Trarzas.

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L'artillerie de la mission. --Photographies communiquées par la famille de M. Coppolani.

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L'ASSASSINAT DE M. COPPOLANI PAR DES MAURES DE LA RIVE DROITE DU SÉNÉGAL.

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