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Projet d'embellissement de l'avenue de l'Opéra adopté par la Préfecture de la Seine.

Les embellissements de l'avenue de l'Opéra.
Un syndicat composé des propriétaires et commerçants du quartier de l'Opéra vient de se fonder afin d'embellir ce coin du Paris élégant à l'occasion de l'arrivée du roi d'Espagne.
Le projet de décoration dû à la collaboration de MM. Formigé, architecte de la ville de Paris, et Jambon, le décorateur, a été agréé par le préfet de la Seine et deviendra par la suite définitif, si l'essai qui va en être fait à la fin du mois répond aux exigences esthétiques de l'administration. Des motifs en carton-pâte--exécutés plus tard en bronze--se dresseront de chaque côté de l'avenue. Ce seront des colonnes ornées de cariatides et supportant un grand vase artistique d'où jailliront des palmiers et des fleurs. Des refuges, au milieu desquels se dresseront des candélabres électriques, seront placés au milieu de la chaussée. Une vasque ayant la forme du vaisseau qui figure dans les armes de la ville de Paris figurera sur chacun de ces refuges. Le fût des candélabres formera le grand mât de ce vaisseau, où fleuriront les roses, les hortensias, les chrysanthèmes. Sur la place de l'Opéra, des colonnes rostrales, surmontées de gracieux motifs de décoration, fuseront dans le ciel. On compte, dès à présent, qu'une somme de 50.000 francs au moins sera nécessaire pour la réalisation de la décoration provisoire.
Des fontaines lumineuses jailliront des bassins de la place du Théâtre-Français. Ce n'est pas tout: pour assurer le développement commercial de l'avenue de l'Opéra, des expositions périodiques d'étalages seront organisées. Le syndicat espère aussi que toutes les devantures des magasins resteront éclairées une partie de la soirée.
Il y a encore un projet de balcons fleuris, avec jardinières montées tout exprès et plantes retombantes en guirlandes... Toutes ces innovations obtiendront vraisemblablement un succès mérité, car elles sont basées sur les deux éléments de décoration qui produisent toujours les plus charmants effets: les fleurs et la lumière.
LES AUTOMOBILES PUBLIQUES A PARIS
Pour visiter en quelques heures la capitale immense, les étrangers en tournée, conduits par les agences de voyage, étaient jusqu'à présent véhiculés dans d'immenses «paulines» ou «tapissières» qui roulaient avec fracas au galop peu rapide de cinq chevaux fouettés à tour de bras. Une de ces grandes agences vient de moderniser ce service en mettant à la disposition de ses clients une automobile, mais une automobile de proportions inusitées, à cinq rangées de banquettes s'étageant en gradins et qui promène, d'ores et déjà, les visiteurs étrangers avec plus de rapidité, quand il est nécessaire; avec, toujours, plus de confortable.

Automobile publique de 24 places utilisée pour visiter Paris par les étrangers en tournée. M. de Pellerin. M. Villain. M. Pérouse. M. Charles-Roux. M. Lévy. M. Maruéjouls. M. Boix. Groupe de délégués au Congrès international des chemins de fer de Washington, sur le pont du paquebot "La Lorraine".--Phot. Dejean.
LE CONGRÈS DES CHEMINS DE FER A WASHINGTON.
Prochainement va s'ouvrir, à Washington, un Congrès international des chemins de fer, auquel la France doit, comme il convient, prendre une large part. Au nombre de ses principaux représentants, on compte: MM. Pellerin de Latouche, administrateur de la Compagnie P.-L.-M.; Georges Villain, directeur du contrôle commercial, et Pérouse, directeur des chemins de fer au ministère des travaux publics; Maruéjouls, ancien ministre; Wickersheimer, ingénieur en chef. Les congressistes sont partis du Havre, le 22 avril, sur le paquebot la Lorraine, accompagnés de M. Jules Charles-Roux, président de la Compagnie Transatlantique.
POUR ÉVITER LES INHUMATIONS PRÉMATURÉES.
Deux physiologistes ont fait connaître, à une récente séance de la Société de biologie, une méthode simple pour avoir la certitude de la mort. Cette méthode repose sur une constatation d'ordre chimique. Chez l'homme vivant, la réaction des viscères est alcaline; chez le sujet mort, cette réaction devient acide. Ce signe est constant; on peut considérer le changement de réaction comme un signe certain de la mort. Ceci posé, et toutes les observations faites confirment le fait qui sert de point de départ, MM. Brissemoret et Ambard ont montré de quelle manière le médecin doit mettre en évidence la certitude de la mort. La méthode est très simple et ne demande aucune instrumentation spéciale. Elle consiste, dans les cas où quelque doute subsisterait, où les taches cadavériques n'auraient pas fait leur apparition, à vérifier la réaction chimique d'un des viscères de l'abdomen, du foie ou de la rate, par exemple. Pour procéder à cette vérification, il suffit d'une seringue hypodermique à aiguille un peu longue et d'un peu de papier de tournesol bleu. On enfonce l'aiguille de la seringue, à travers la peau, dans la pulpe du foie ou de la rate; on tire sur le piston de manière à faire passer un peu de pulpe dans l'aiguille; on retire le tout et l'on étale le contenu de l'aiguille sur le papier de tournesol. Celui-ci présente aussitôt une tache rose, très visible sur la face opposée à celle sur laquelle on a posé la pulpe, et qui est la preuve de l'acidité de cette dernière. S'il y avait un peu de sang avec la pulpe et si l'on cherchait le signe une heure ou deux après la mort, on commencerait par essuyer la pulpe sur du papier buvard pour qu'il absorbe le sang, lequel peut être encore alcalin. En ayant la précaution de flamber l'aiguille avant de l'introduire, on la rend aseptique et l'on évite tout danger, pour le cas où le sujet reviendrait à lui et ne serait pas réellement mort. L'acidification des viscères est déjà nette deux heures après la mort. Après vingt-quatre heures, elle est très forte; il ne peut y avoir aucun doute à son égard. Et elle est constante. Dans ces conditions, la constatation de l'acidité des viscères constitue un signe certain de la mort auquel il conviendra d'avoir recours dans tous les cas où il peut y avoir le moindre doute au sujet de la réalité du trépas.
LES NATURALISATIONS EN FRANCE.
Dans un pays comme le nôtre, où la population ne s'accroît pour ainsi dire plus du fait des naissances, il serait souhaitable que les naturalisations s'élevassent à un chiffre important.
Mais, hélas! les personnes qui demandent notre nationalité sont actuellement en nombre infime. On n'en a compté, en 1904, que 2.316; 183 de plus, il est vrai, qu'en 1903.
Parmi ces 2.316 naturalisés, on trouve: 378 Belges, 200 Alsaciens, 81 Espagnols, 79 Russes, 61 Allemands, 54 Luxembourgeois, 33 Autrichiens, 12 Anglais, 6 Grecs, 5 Hongrois.
Les proportions sont à peu près les mêmes que celles des années précédentes. Il y a eu cependant, sur 1903, une augmentation d'envîron 3% pour les Italiens, et de 0,5% pour les Espagnols et pour les Russes. Mais il y a eu diminution d'environ 1,5% pour les Alsaciens-Lorrains et les Belges et de 0,5% pour les Anglais.
Le nombre des naturalisations algériennes, de 754 en 1903, n'a été que de 724 en 1904.
UN PIÈGE A RATS VÉGÉTAL
Il y a, à l'université de Pensylvanie, un petit bâtiment tout entier consacré aux plantes carnivores, aux différentes plantes qui capturent et digèrent plus ou moins des insectes et d'autres animaux. Parmi ces plantes, il y en a une qui, à l'occasion, s'empare de proies relativement volumineuses. C'est un népenthès. Sa fleur est en forme de petite urne et, au fond de celle-ci, il y a un liquide qui est clair et limpide comme de l'eau, mais qui aurait des propriétés stupéfiantes. En outre, elle est pourvue d'appendices qui se rabattent sur la tête de l'animal qui est venu soulager sa soif et l'immobilisent. On a vu des souris et des rats tués par le népenthès: et il paraîtrait qu'avec le temps, les appendices poussent l'animal au fond de l'urne, où il est désagrégé et digéré par des sucs digestifs. Le népenthès serait un piège à rats qui ferait disparaître sa proie en l'utilisant. Mais c'est un piège peu sûr. Dans la serre où il faut tenir la plante, celle-ci perd assez vite l'appétit: la chaleur artificielle ne lui convient guère. Elle se met à la diète et ne rend plus de services. Aussi ne faut-il guère compter sur les népenthès pour faire office de pièges à rats dans les appartements, même les mieux chauffés. Dans les pièces froides, inutile de dire qu'ils ne feront rien: rien que mourir, étant des plantes tropicales.
UN AVERTISSEUR DE LA PRÉSENCE DE GAZ TOXIQUES DANS LES APPARTEMENTS.
En raison des défauts d'installation des appareils de chauffage, du manque d'aération suffisante, ou d'accidents survenant dans la tuyauterie ou la manoeuvre des robinets des appareils à gaz, les appartements sont exposés à être envahis par des gaz toxiques de diverse nature: acide carbonique, oxyde de carbone, carbures d'hydrogène, etc, plus ou moins lourds que l'air.
Il existe bien des appareils avertisseurs de la présence de ces gaz, mais ces appareils ne sont valables que pour un gaz déterminé.
MM. Hanger et Pescheux viennent de présenter à l'Académie des sciences un appareil avertisseur qui a le grand avantage de s'appliquer à tous les gaz toxiques, qu'ils soient plus lourds ou moins lourds que l'air.
Cet appareil consiste en une balance très sensible. A l'extrémité d'une des branches du fléau se trouve un récipient d'air normal hermétiquement clos, équilibré à l'autre extrémité par un plateau. Il est évident que, si le récipient est plongé dans un gaz plus léger ou plus lourd que l'air, l'équilibre se trouve rompu. Une aiguille attachée au fléau descend alors dans un bain de mercure et, en fermant un circuit électrique, fait tinter une sonnette d'alarme. Les effets de température et de pression sont corrigés par un thermomètre métallique et un baromètre anéroïde.
Dans ces conditions, la plus petite invasion d'un gaz autre que l'air fait fonctionner l'appareil.
Dans les mines, cet appareil dénoncerait la présence du grisou avec la plus grande sensibilité.