← Table of contents
L'Illustration, No. 3232, 4 Février 1905

A LA CHAMBRE DE COMMERCE

Reading edition

La Chambre de commerce de Paris, réunie en séance plénière, vient de renouveler son bureau. Le ministre du commerce et M. de Selves, préfet de la Seine, assistaient à cette réunion, et le ministre a lui-même installé en fonctions le bureau nouveau.

Le bureau dont les pouvoirs viennent d'expirer avait à sa tête: M. Derode, président, officier de la Légion d'honneur, membre depuis 1893 de la Chambre de commerce, où il représente le commerce des cafés, thés, vanilles; M. V. Hugot, premier vice-président, entré à la chambre à la même époque pour la tabletterie et qui récemment représentait de la façon la plus distinguée la compagnie de l'Exposition de Saint-Louis, et M. Lesieur, deuxième vice-président, entré à la compagnie depuis 1895 (huiles et pétroles).

C'est M. Lesieur qui a été élu président. M. Hugot était arrivé au terme de son mandat.

Comme vice-présidents, la Chambre de commerce a désigné M. L. Dubrujeaud, le grand entrepreneur de maçonnerie, qui y siège depuis 1899 et M. Garnier, entrepreneur de travaux publics, entré en 1895.

Dans l'allocution qu'il a prononcée en appelant au bureau ses nouveaux membres, le ministre a fait un éloge unanimement applaudi du bureau sortant, et notamment de M. Derode:

«J'ai trouvé chez lui, a déclaré le ministre, je ne dirai pas seulement un concours précieux et empressé, mais une bonne grâce qui a singulièrement facilité nos rapports et qui laissera chez moi quelque chose de plus qu'un souvenir.»

Me POUILLET Me Pouillet, avocat à la cour d'appel de Paris, ancien bâtonnier de l'ordre, est mort à Cannes, où il avait espéré rétablir sa santé ébranlée depuis de longs mois. Il était âgé de soixante-six ans.

Me Pouillet.-- Phot. Paul Boyer.

Illustration from L'Illustration, No. 3232, 4 Février 1905

C'était une des figures les plus connues du monde judiciaire; l'éminent juriste avait acquis une grande notoriété dans toute l'Europe, où pendant tant d'années il avait présidé les congrès internationaux de propriété littéraire, artistique ou industrielle. On le considérait comme un maître sans égal en cette matière, presque comme un créateur. Ses avis, ses consultations ont été l'origine ou la base de nombreuses lois. Il avait apporté à l'étude de ces questions difficiles une véritable passion et l'ensemble de ses écrits constitue une oeuvre durable.

Son Dictionnaire de la propriété artistique, ses traités théoriques et pratiques (dessins, marques de fabrique, propriété littéraire, conventions internationales, etc.), font autorité.

Ce laborieux jurisconsulte était en même temps un des avocats les plus occupés du Palais, où il plaidait les affaires les plus ardues avec autant de vigueur que de compétence.

Pendant son bâtonnat, en 1896, il avait rétabli au Palais même les consultations gratuites pour les indigents.

Me Pouillet était chevalier de la Légion d'honneur.

Ses obsèques ont été célébrées à Paris au milieu d'une assistance considérable; le conseil de l'ordre y était représenté par une délégation de trente-deux membres ayant à sa tête Me Bourdillon, le bâtonnier en exercice.

M. Heyerdall, étudiant norvégien, faisant, en skis, un saut de 24 mètres.--Phot. Krenn.

Illustration from L'Illustration, No. 3232, 4 Février 1905

UN CHAMPIONNAT DE SKIS

Il y a des années déjà que le ski est considéré, en Scandinavie, comme le premier des sports nationaux,--mieux, comme «le sport des sports», disait, en 1895, présidant le Grand Prix de Kristiania, dont l'Illustration alors, rendit compte, M. Roll, un fanatique. De la Suède et de la Norvège, le ski a peu à peu conquis l'Europe. On sait que plusieurs armées en ont doté leurs troupes de montagne. En Suisse, on le pratique avec frénésie et, tout récemment, un championnat organisé à Claris mettait en présence des coureurs nationaux, des soldats des troupes du Saint-Cothard, avec des champions du ski venus de Norvège et de Suède. Là, on vit l'un de ces derniers, un étudiant norvégien, M. Heyerdall, accomplir cette prouesse peu banale de faire, avec ses skis, un saut de 24 mètres de longueur dans le vide, à l'extrémité d'une pente, parcourue à une vitesse vertigineuse. C'est au cours de cet exercice, beaucoup moins périlleux, parait-il, qu'on ne serait tenté de le croire, qu'a été prise la photographie que nous reproduisons.

LA NEIGE DANS LA LOZÈRE

Des chutes de neige tout à fait inusitées ont eu lieu, ces temps derniers, dans la région de la Lozère. Les photographies que nous publions, prises sur la ligne du chemin de fer de Mende à la Bastide, donnent une idée très caractéristique du spectacle qu'a offert en maints endroits le pays. Sur certains points de la voie ferrée, protégée pourtant par des paraneiges, on estime qu'il y avait 5 mètres de neige. Le train a même été bloqué, mais pas bien longuement, et la machine chasse-neige envoyée à son secours a pu, sans trop d'effort, lui rouvrir la voie.

Un train bloqué par la neige entre Mende et la Bastide (Lozère).--Phot. Pestre.

Illustration from L'Illustration, No. 3232, 4 Février 1905

(Agrandissement)

Illustration from L'Illustration, No. 3232, 4 Février 1905
Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings