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L'Illustration, No. 1600, 25 octobre 1873

PANORAMA DE LA JOURNÉE DE SPICKEREN

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6 août 1870

Pendant la journée du 6 août 1870, les corps Frossard et Bazaine occupaient le triangle montagneux dont la base entre Saint-Avold et Sarreguemines mesure un peu plus de six lieues; de Saint-Avold à Spickeren, sommet du triangle, il y a cinq lieues; de Sarreguemines à Spickeren, la distance est d'un peu plus de quatre lieues. On verra que ces distances ont leur importance.

L'intérieur du triangle comprend une série de mamelons découverts, à pentes douces et couronnés de plateaux d'une altitude moyenne de 120 mètres au-dessus du fond de la vallée. Les côtés du triangle par lesquels se sont présentés les Prussiens sont constitués par des pentes boisées assez raides, et qui tombent, à l'ouest, sur la grande route de Metz à Sarrebruck, par Saint-Avold et Forbach, à l'est, sur la Sarre. Deux chemins de fer suivent également les côtés du triangle et la voie de jonction entre Sarreguemines et Bening-Merlebach coupe horizontalement le triangle.

Dans la nuit du 5 au 6, les bivouacs des corps Frossard et Bazaine ont été les suivants: le 2e corps Frossard avait sa 1re division Vergé, à Stiring, la 2e Bataille, à Œting, la 3e Laveaucoupet, à Spickeren, la réserve autour de Forbach.--Le 3e corps Bazaine avait sa 1re division Montaudon, à Sarreguemines, la 2e Castagny, à Puttelange, la 3e Metman, à Marienthal, et la 4e Decaen, à Saint-Avold.

Dans la matinée du 6, les Prussiens attaquèrent vigoureusement les divisions Vergé et Laveaucoupet; bientôt la division Bataille, en réserve à Œting fut obligée d'engager tout son monde pour soutenir une lutte à laquelle prirent part tous les corps prussiens campés dans un rayon de 30 kilomètres au champ de bataille. Le dernier, qui arrivait par le village de Grande-Rosselle, à la tombée de la nuit, et menaçait sérieusement la ligne de retraite de Frossard, venait de passer par Lebach, Vœlklingen, en fournissant une traite d'environ 34 kilomètres.

Voici maintenant sur quel point roule la discussion depuis trois ans: Tandis que les généraux prussiens ont tous marché au feu avec un ensemble parfait, les quatre divisions du 3e corps sont restées ou se sont promenées à peu de distance du champ de bataille. M. le général Frossard a vivement critiqué, dans son rapport officiel, la conduite des généraux Montaudon, Metman et Castagny; le général Decaen est complètement hors de cause puisqu'il ne devait, sous aucun prétexte, quitter l'importante position de Saint-Avold, encore, a-t-il envoyé par le chemin de fer un de ses régiments au secours du 2e corps.

Nous n'avons pas à entrer dans une polémique qui menace de recommencer devant le conseil de guerre, puisque le maréchal Bazaine et le général Frossard ont déclaré à M. le duc d'Aumale qu'ils entendaient répondre aux imputations dirigées contre eux, au sujet de la journée du 6, dans le rapport du général de Rivière. Pour l'édification de nos Lecteurs, nous nous bornerons à donner l'itinéraire parcouru par chacun des trois divisionnaires du corps Bazaine.

Le général Montaudon, en position en avant de Sarreguemines, à l'extrême droite, se mit en mouvement à quatre heures du soir, descendit la rive gauche de la Sarre jusqu'à Grossbliedersdorf, gravit le plateau, s'arrêta d'abord à la nuit à Busbach, pour continuer son chemin sur Puttelange, où il arriva vers neuf heures du matin.

La division Castagny était à Puttelange, à 16 kilomètres de Forbach. Vers onze heures, elle entend une canonnade très-vive, prend les armes et marche dans la direction du bruit à une heure, après en avoir reçu l'autorisation du maréchal Bazaine. La division prend d'abord position à Farschwiller, y laisse une brigade, et le reste des troupes s'établit entre Théding et Folkling, à 4 kilomètres de Forbach. L'avant-garde, formée du 90e de ligne, sous les ordres de son énergique colonel, le comte de Courcy, s'avance jusqu'à Forbach même. Là, le général de brigade Duplessis, qui marchait avec son premier régiment, apprend que le corps Frossard est en retraite. Le général Castagny retourne alors à Puttelange, où il arriva à quatre heures du matin.

DÉMOLITION DU PALAIS DES TUILERIES.--Vue prise du jardin.

Illustration from L'Illustration, No. 1600, 25 octobre 1873

(Agrandissement) PROCÈS DU MARÉCHAL BAZAINE--PANORAMA DE LA BATAILLE DE SPICKEREN.

Illustration from L'Illustration, No. 1600, 25 octobre 1873

La division Metman reçut à midi un quart l'ordre du maréchal Bazaine de se porter de Marienthal à Bening, de façon à couvrir l'importante station du chemin de fer de Bening-Merlebach, point de jonction des deux grandes voies ferrées. A trois heures de l'après-midi, sa tête de colonne était en position à Cocheren, sur la Rosselle, à 6 kilomètres à peine de Forbach, où se faisait entendre une canonnade intense.--Un détachement de la division avait pris position à Macheren pour combler la trouée entre Saint-Avold et Bening.

Soucieux de couvrir la jonction du chemin de fer et la vallée très-menacée de la Bosselle, le général Metman attendit entre Bening et Cocheren des ordres qui ne lui arrivèrent qu'à six heures du soir. Il se remit en route à sept heures et demie, arriva à neuf heures seulement à Forbach, qu'il trouva évacué par Frossard. Le lendemain, au jour, la division Metman prit la route de Puttelange, où elle rejoignit les divisions Montaudon, Castagny et les trois divisions du 2e corps. Cette concentration de soixante mille hommes sur un seul point produisit un encombrement regrettable.

Le seul corps qui se soit porté rapidement au secours du général Frossard est la brigade de dragons de Juniac qui, parvenue à trois heures à son bivouac de Haut-Hombourg, se porta au grand trot sur Forbach, où elle était une heure plus tard. Le général Frossard, après avoir félicité M. de Juniac de son louable empressement, lui donna pour mission de couvrir la jonction de Bening-Merlebach en prenant position autour de Rosbruck.

Le jour de la discussion devant le conseil, discussion qui devait servir en quelque sorte de prologue au procès, et qui se trouve maintenant rejetée à la fin des débats, les lecteurs de l'Illustration pourront suivre avec facilité les explications des généraux Montaudon, Metman, Castagny et Juniac, cités par la défense.

La réduction du panorama est d'environ 1/80,000.

A. Wachter.

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