Note (retour) — Front matter
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Un mois après la démission de Bernadotte, la révolution du 18 brumaire était accomplie. Un moment, Bernadotte avait manifesté l'intention de défendre la constitution de l'an III; mais pendant qu'il haranguait quelques républicains, Bonaparte agissait et se nommait premier consul. D'abord Bernadotte accepta la place de conseiller d'État, et se chargea de pacifier l'Ouest, et d'empêcher les Anglais de débarquer à Quiberon; mais il n'était pas franchement rallié au nouveau pouvoir. «Des documents importants que j'ai eus sous les yeux, dit l'homme de rien1, et qui seront un jour publiés dans un beau livre, me permettent d'affirmer positivement que non-seulement Bernadotte a conspiré pour le renversement du premier consul, mais encore qu'il s'est efforcé à plusieurs reprises et vainement de pousser à une résolution Moreau, toujours indécis, toujours faible, toujours mécontent, et par conséquent toujours compromis. Une fouis même, à un bal chez Moreau, à la suite d'une longue conversation inutile, il s'écria; «Vous n'osez prendre la cause de la liberté, eh bien! Bonaparte se jouera de la liberté et de vous; elle périra malgré nos efforts, et vous serez enveloppé dans sa ruine sans avoir combattu.» Bernadotte était bon prophète; quelques mois après, Moreau partait pour l'exil; Bernadotte se tirait d'affaires, il devenait maréchal, prince suédois, et, onze ans plus tard, tous deux se retrouvaient, sous la même bannière, aux conférences de Trachenberg.»