Modes.
Reading edition

L'ouverture du théâtre Italien est une solennité que la mode attend chaque année pour montrer toutes ses charmantes recherches; aussi la représentation de mardi a-t-elle été très-brillante. Nous y avons remarqué des robes de pékin glacé à larges raies satinées, de nuances pâles, dont quelques-unes avaient des revers décolletés, bordés d'effilés;--d'autres garnies de riches dentelles posées en tablier,--soit en échelle jusqu'à la ceinture,--soit à plat en montant. Nous avons vu également une robe lacée sur les côtés, au corsage, et sur le milieu de la petite manche; tous les lacets étaient terminés par des aiguillettes. Cette dernière a été trouvée très-jolie. Enfin, les coiffures de dentelles, en velours ou satin, avec des ornements plus ou moins riches; la plume, élégante, la fleur coquette ou le simple noeud de ruban, toutes fantaisies nouvelles, faisaient leur entrée dans la belle salle des dilettanti.
Mais on ne s'occupe pas seulement des élégéries qui doivent se montrer à la clartè des lustres et dans les salons dorés; les toilettes de ville se préparent, et nous ne saurions rien conseiller de mieux que cette robe dont notre dessin donne le modèle. Les pattes qui garnissent la jupe et le corsage sont en étoffe pareille à la robe; elles sont attachées de chaque côté et au milieu par des boutons. Le chapeau sort des salons de madame Alexaudrine, qui, à chaque saison, sait donner aux modes nouvelles des aspects aussi gracieux que variés.
Nous avons distingué dans les mêmes salons un chapeau en velours à lame, orné de plumes nuancées de deux couleurs.
Une capote à grosse paille sur laquelle il est de la dernière élégance de faire poser des follettes.
Et enfin un chapeau sans bavolet, enrichi d'un oiseau-héron.

Chapeau de velours à lame, avec plume de deux couleurs. Capote à grosses pailles, avec cinq follettes. Chapeau sans bavolet, avec oiseau-héron.
Les étoffes nouvelles destinées aux costumes d'automne et qui pourront se porter dans l'hiver, encombrent nos magasins; on y remarque les popelines diamantées en toutes nuances, la popeline à double reflet, les alpagas brochés et les pékins rayés: ceux-ci ont beaucoup de vogue. C'est une petite raie satinée nuancée, en quatre tons différents sur un fond mat, par exemple, vert sur violet ou bleu sur fond gris; cette ligne de quatre bleus fondus fait très-bien sur gris pâle. Du reste, ce pékin existe en toutes nuances.
Il y a encore le pékin à larges raies de plusieurs couleurs sur un fond uni chatoyant, qui, par sa solidité, pourra résister aux intempéries de la mauvaise saison.
En étoffes de soie il se portera beaucoup de glacé: les satins à triples reflets, les moirés à colonnes de satins; puis toujours les pékins de soie et les pekinés varies à l'infini, qui tiennent un rang fort important, dans la hiérarchie des étoffes.
On s'occupe déjà des manteaux. La forme crispin sera mise de côté pour faire place aux pardessus à manches larges dans lesquelles on passe les bras à volonté. Une pèlerine très-grande cache ce que ces manches vides pourraient avoir de disgracieux. On parle aussi d'un paletot; mais il faudrait bien du talent pour en rendre la forme gracieuse.
AMUSEMENTS DES SCIENCES.
SOLUTION DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS LE DERNIER NUMÉRO.
I. On trouve, par l'analyse que le bien du père était de 360 000 fr., qu'il y avait six enfants, et qu'ils ont eu chacun 60,000 fr.
En effet, le premier prenant 10 000 fr., le restant du bien est de 350 000 fr., dont la septième partie est 50 000, qui, avec 10 000, font 60 000. Le premier enfant ayant pris sa portion, il reste 300 000 fr.; sur cette somme, le second prend 20 000 fr.; le reste est 280 000 dont la septième partie est 40 000, qui, avec 20 000 ci-dessus, font encore 600 000 fr.; et ainsi de suite.
II. Il y avait 28 pauvres, et cet homme avait dans sa bourse, 11 fr.; car, en multipliant 28 par 9, on trouve 252, dont ôtant 32, puisqu'il manquait 32 sous, le reste est 220 sous, qui valent 11 fr.: mais, en donnant à chacun des pauvres 7 sous, il n'en faudrait que 196; par conséquent il reste 24 sous.
III. Prenez une boule du jeu de quilles et faites-y un trou qui n'aille point jusqu'au centre, mettez-y du plomb et bouchez-le si bien qu'il ne soit pas aisé de découvrir. Quoiqu'on roule cette boule en la jetant droit vers les quilles, elle ne manquera pas de se détourner, à moins qu'on ne la jette, par hasard ou par adresse de telle sorte que le plomb se trouve dessus ou dessous, en faisant rouler la boule.
C'est là le principe du défaut qu'ont toutes les billes de billard; car, comme elles sont faites d'ivoire, et que dans une masse d'ivoire il y a toujours des parties plus solides les unes que les autres, il n'y a peut-être pas une bille dont le centre de gravité soit au centre de figure. Cela fait que toute bille se détourne plus ou moins de la ligne dans laquelle elle est poussée, lorsqu'on lui imprime un petit mouvement, comme pour donner son acquit vers le milieu de l'autre moitié du billard, à moins que l'endroit le plus lourd, qu'on appelle le fort ne soit mis dessus ou dessous. Un grand fabricant de billards disait qu'il donnerait 40 francs, d'une bille qui n'eût ni fort ni faible, mais qu'il n'en avait jamais trouvé qui fût parfaitement exempte de ce défaut.
De là il suit que, lorsqu'on tire sur une bille fort doucement, on s'impute souvent de l'avoir mal prise et d'avoir mal joué, tandis que c'est par suite du défaut de la bille qu'on a poussée. Un bon joueur de billard doit conséquemment, avant de s'engager dans une forte partie, avoir adroitement éprouve sa bille, pour connaître le fort et le faible. On tient cette règle d'un excellent joueur de billard.
NOUVELLES QUESTIONS À RÉSOUDRE.
I. Un père, en mourant, laisse sa femme enceinte. Il ordonne, par son testament, que si elle accouche d'un mâle, il héritera des deux tiers de son bien, et sa femme de l'autre tiers; mais si elle accouche d'une fille, la mère héritera des deux tiers, et la fille d'un tiers. Cette femme accouche de deux enfants, un garçon et une fille. Quelle sera la part de chacun?
II. Un particulier a acheté, pour la somme de 110 fr., un lot de bouteilles de vin, composé de 100 bouteilles de vin de Bourgogne et 80 de vin de Champagne. Un autre a pareillement acheté au même prix, polir la somme du 95 fr., 85 bouteilles du premier et 70 du second. On demande combien leur a coûté l'une et l'autre espère de vin?
III. Un homme a perdu sa bourse et ne sait pas précisément le compte qu'il y avait; il se rappelle seulement qu'en comptant les pièces deux à deux, ou trois à trois, ou cinq à cinq, il en restait toujours une; mais, en les comptant sept à sept, il ne restait rien.