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L'Illustration, No. 0021, 22 Juillet 1843

Réouverture du Musée royal.

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Les galeries de peinture et de sculpture ont été rendues aux études, le 8 juillet, après une intervalle de cinq mois. Pendant cinq mois entiers les élèves avaient été privés de la vue inspiratrice des vieux chefs-d'oeuvre; ils étaient réduits à copier l'école de l'empire dans la galerie du Luxembourg.

Sculptures chinoises exposées au Musée du Louvre.

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Leur exil vient enfin de cesser, et il était beau de voir avec quelle honorable ardeur ils se précipitaient vers leurs tableaux de prédilection: la Belle Jardinière, l'Archange saint Michel, les Noces de Cana, la Kermesse flamande, les Bergers d'Arcadie ou Saint Paul à Éphèse. Le public aussi s'est hâté d'aller redemander un peu de poésie aux splendeurs du Musée. Le Parisien aime le Louvre; il souffre de le voir fermé, et chaque année, renouvelant ses doléances, il s'écrie avec amertume: «Pourquoi ne pas destiner un local spécial aux expositions? Pourquoi masquer notre riche collection par de lourds échafaudages, et encombrer de peintures modernes des salles rétrécies, où elles manquent d'air et de soleil? A quoi bon bouleverser le Musée, quand les fonds consacrés depuis tant d'années à de fâcheux dérangements auraient pu suffire à la construction d'un magnifique palais? Ne touchez pas au sanctuaire des écoles anciennes; abattez la galerie de bois qui déshonore la façade intérieure du Louvre, et ménagez un emplacement spacieux, commode, monumental, aux compositions annuelles de nos artistes contemporains.» Puisse-t-il en être ainsi!

Durant ces dernières vacances, le Musée s'est enrichi de trois statues chinoises et du cabinet légué au roi des Français par M, Franck Hall Standish (de Londres). Les trois Chinois, rapportés de leur pays natal par un officier de marine, sont, dit-on, un mandarin et deux hommes du peuple en bois sculpté, doré et peint. Il est, au contraire, hors de doute que ce sont trois divinités. Ou les a placés dans la salle du Globe, au Musée Charles X, où ils excitent plus d'étonnement que d'admiration. Le prétendu mandarin, corpulent personnage, la tête inclinée, les mains jointes, assis sur une chaise, est doré de la tête aux pieds, à l'exception du dos, que recouvre une couche d'argent. Sa mitre orientale est enrichie de perles blanches et bleues; sa barbe se compose de quatre ou cinq mèches de crin blanc, qui flottent sur sa poitrine; sa taille est celle d'un homme adulte surcharge d'embonpoint. Lesdeux prolétaires ou plutôt les dieux inférieurs placés à ses côtés sont de moindre dimension; ils ont la peau verte et brune, les habits teints de plusieurs couleurs éclatantes, le corps demi-nu, et d'affreuses physionomies. Ces trois échantillons de la sculpture chinoise ne sauraient donner une grande idée des beaux-arts du Céleste-Empire; mais on ne peut du moins leur contester le mérite de la singularité.

La collection de M. Franck Hall Sandish a remplacé le Musée de Marine, et occupe sept salles entre les galeries des dessins et le Musée espagnol. Le legs de cet amateur anglais est un témoignage d'estime dont on doit assurément lui savoir gré, mais qui n'a guère de valeur intrinsèque. M. Franck, comme la plupart des amateurs, s'abusait sur le mérite des oeuvres d'art qu'il avait recueillies; sa collection, qui émerveillait les visiteurs de Sandish-Hall, dépare presque le royal palais du Louvre. Les rédacteurs du catalogue ont dû substituer aux affirmations audacieuses, les: attribué à, école de, imitation de, genre de, formules équivoques, équivalentes à une négation. Néanmoins, au milieu des copies et des peintures apocryphes, on remarque dans le cabinet Standish plusieurs tableaux de la possession desquels nous pouvons nous féliciter: un paysage avec figures, d'Antoine Watteau; quatre dessus de porte du château de Belle-Vue, par Carle Van Loo; des tableaux de fruits et d'animaux, par Suyders; un portrait de Velasquez, quelques toiles de Murillo et une dizaine de dessins. Le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé.

La bibliothèque qui fait partie de la collection renferme d'excellentes éditions des classiques grecs et latins, de la Bible et des Pères de l'Église: les savants ouvrages de L.-A. Muratori, le Monasticon de William Dugdale, la Britannia de Cariden, the Costumes of the Ancient de Hope, les Monuments de la Monarchie de Bernard de Montfaucon et autres précieux recueils qui figureraient plus utilement à la Bibliothèque Richelieu que dans les galeries de peinture et de sculpture du Musée royal.

Illustration from L'Illustration, No. 0021, 22 Juillet 1843

SOLUTIONS DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS LE DERNIER NUMÉRO.

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I. Sur la surface de votre bille décrivez, avec un compas muni d'un crayon, un arc de cercle d'une grandeur quelconque, que vous pourrez effacer ensuite facilement, de sorte que la bille ne sera pas endommagée. Cet arc de cercle ABC est représenté sur la figure 1. A E est l'ouverture de compas employée, et est le pôle que l'on a pris à la surface de la sphère pour y faire ce tracé. Marquez ensuite trois points quelconques, A, B, C, sur la circonférence ainsi décrite. Construirez à part (figure 2) un triangle A, B, C, dont les sommets soient précisément à des distances mutuelles respectivement égales à celles des trois points A, B, C. Partagez deux des angles C'A'B' A'B'C' en deux parties égales par deux droites A' D', B' D', qui se couperont en un certain point D'. Ce point sera le centre d'un cercle circonscrit un triangle, c'est-à-dire que la circonférence passera par les trois sommets de ce triangle. Menez F' D' E' perpendiculaire à A' D', et prenez le point E' par la condition que la distance A' E' soit égale à l'ouverture de compas A E que vous avez employée pour le tracé de votre cercle sur la bille. Enfin, achevez l'équerre E' A' F' de manière que l'angle E' A' F' soit droit. E' F' sera le diamètre demande de la sphère. Le rayon sera la moitié de ce diamètre.

Pour faciliter à nos lecteurs l'intelligence des motifs de cette construction, nous l'avons indiquée sur la figure 1 comme si elle était exécutée dans l'intérieur de la sphère, et nous avons désigné, dans les deux ligures, les mêmes points par les mêmes lettres, en ajoutant seulement des accents à celles de la seconde.

Rien n'est plus facile d'ailleurs que de construire le triangle A' B' C', dont on connaît les trois côtés A' B', B' C', A' C', respectivement égaux à A B, B C, A C. Il faut prendre A' B'. égal à A B: puis les extrémités A' et B' comme centres, avec des rayons égaux à A C et à B C, décrire des arcs de cercle qui se coupent au point C, et déterminent ainsi le troisième sommet du triangle.

II. Les nombres les plus simples qui satisfassent à la question sont 11 pièces de 5 francs et 4 demi-ducats; car 11 pièces de 5 francs font 55 francs et les 4 demi-ducats font 24 francs; le Français paie donc au Hollandais 51 francs de plus qu'il ne reçoit.

On trouvera une infinité d'autres solutions en augmentant le nombre des pièces de 5 francs d'un multiple quelconque de 6 et celui îles demi-ducats du même multiple de 5. Les couples de valeurs que voici donneront donc des solutions.

17 pièces de 5 francs et 9 demi-ducats. 23 » et 14 » 29 » et 19 »

Et ainsi de suite

NOUVELLES QUESTIONS A RESOUDRE.

I. On demande de déterminer le diamètre d'une bille d'ivoire sans l'endommager, et même sans employer de compas, comme nous l'avons fait dans la solution donnée aujourd'hui.

II. Deviner le nombre que quelqu'un aura pensé.

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