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Reading edition
Cours publics.
Le collège de France.--La Sorbonne.--Les Professeurs.
(Suite et fin.--Voyez p. 14.)
Littérature latine et grecque.--M. PATIN et M. EGGER.
M. Patin et M. Egger, à la Sorbonne, traitent, l'un de la comédie latine et de Térence en particulier, l'autre des origines de la comédie grecque. M. Patin s'est acquis depuis longtemps une réputation de finesse et d'élégance classique, consacrée naguère par les suffrages de l'Académie Française. On se souvient que M. Sainte-Beuve a comparé M. Patin à l'abeille attique, butinant sur les fleurs de l'Hymette; malheureusement, M. Patin professe depuis bien des années, et l'on vieillit de bonne heure dans ce pénible métier de l'enseignement. Les rares qualités du savant professeur, son élégance exquise, la pureté de son goût, la délicatesse de son esprit, ressemblent aujourd'hui à de belles fleurs séchées dans un in-octavo. M. Patin parle du bout des lèvres, d'une façon pincée, qui semblerait prétentieuse si l'on ne connaissait d'ailleurs l'honnêteté de l'homme et la modestie du savant. M. Egger prouve que la science, que la philologie même peut quelquefois s'allier à des qualités un peu plus mondaines. En l'écoutant, on se rappelle ce que disait Labruyére de l'érudition, au chapitre des Jugements: «Il y a une sorte de hardiesse à soutenir devant certains esprits la honte de l'érudition... L'on trouve chez eux une prévention toute établie contre les savants, à qui ils ôtent les manières du monde, le savoir-vivre, etc. Il semble néanmoins que l'on devrait décider sur cela avec plus de précaution, et se donner seulement la peine de douter si le même esprit qui fait faire de si grands progrès dans les sciences, qui fait bien penser, bien juger, bien parler et bien écrire, ne pourrait point encore servir à être poli.» Cette politesse de l'esprit se traduit dans le cours de H. Egger par une certaine élégance facile de parole et de style, par un heureux mélange de la science et de la littérature; en un mot, on y trouve, aimables et intéressants, Epicharme, Eupolis, Cratinus, dont il ne reste que des fragments de vers et des moitiés de mots d'une authenticité fort contestable.
Théologie-M. L'ABBÉ COEUR.
M. l'abbé Coeur, l'un des prédicateurs les plus distingués de notre temps, occupe à la Sorbonne la chaire d'éloquence sacrée, et cherche dans la morale chrétienne les preuves divines du catholicisme. Debout, comme dans la chaire évangélique. M. l'abbé Coeur répand sur son auditoire la parole de vie, oubliant volontiers qu'il est professeur, qu'il s'adresse plutôt à des disciples qu'à des ouailles. Le ruban de la Légion-d'Honneur brille sur sa poitrine, et semble ajouter encore à l'autorité de son éloquence, en rappelant les services éminents qu'il a rendus à l'Église et à la religion. Jeune encore, M. l'abbé Coeur, le front haut, l'oeil inspiré, la voix brève, animée, a toujours la fougue du missionnaire qui ne fait point de controverse, mais veut aller au coeur et toucher les endurcis. Son succès est immense: il compte dans son auditoire des personnages considérables, dont la seule présence est un éloge. Pourtant, puisque M. l'abbé Coeur est en Sorbonne, qu'il soit permis à nous, profanes, de lui adresser quelques critiques littéraires et mondaines: de lui reprocher, par exemple, des fautes de prosodie, des syllabes trop brèves, d'autres, au contraire, trop allongées; de plus, une certaine monotonie de gestes, enfin des mouvements de bras pénibles, qui ressemblent parfois à des contorsions. Je sais que l'orateur chrétien se soucie peu de ces vanités, mais le professeur doit y prendre garde.
Histoire.--M. MICHELET Collège de France.
M. Michelet ne veut pas charger ses auditeurs de faits et de dates; assuré d'ailleurs des vieilles sympathies du public, il essaie d'initier ses nombreux disciples aux secrets les plus intimes de sa méthode historique. M. Michelet, chacun le sait, aime surtout à isoler un fait pour en saisir le côté pittoresque et la pensée philosophique Son cours n'est que le récit de ses impressions personnelles, de ses prédilections historiques et littéraires. M Michelet est à l'âge où l'on se souvient volontiers, et où l'on se complaît dans la mémoire de ses émotions passées, de ses affections d'autrefois. Il parle simplement, comme avec lui-même, par petites phrases détachées, dont le lien n'existe souvent que dans la pensée de l'orateur. Le public ne devine pas d'abord la transition, et trouve quelquefois la leçon un peu décousue, parce qu'on le mène des bords du Rhin à la bibliothèque Sainte-Geneviève, des poèmes indiens au Panthéon; mais il y a dans tous les détails tant d'esprit et de grâce, souvent même un sentiment si profond et si vrai, que l'on ne se sent pas le coeur de penser même à une critique. Peu jaloux de la gloire posthume, M. Michelet ne laissera pas de mémoires à publier après sa mort: mais il nous raconte tous les jours en chaire sa vie d'historien, de poète, de rêveur. Il veut nous montrer comment il a compris, comment il a aimé l'histoire, et nous léguer à la fois et cette intelligence et cet amour.
Nous regrettons vivement de ne pouvoir aussi passer en revue les autres cours publics, qui méritent tous une mention spéciale; au moins citerons-nous encore à la Sorbonne les savantes et consciencieuses leçons de M. Charpentier, professeur d'éloquence latine; de M. Ozanam, professeur de littérature étrangère; les spirituels enseignements de M. Geruzez; et, au Collège de France, les cours très-suivis de MM. Ampère et Burnouf, qui occupent les chaires de littérature française et latine.
Maintenant, à ces justes éloges nous sera-t-il permis de joindre quelques critiques tout aussi légitimes, à notre sens?
Bien certainement nous ne reprendrons pas en détail les différents cours que nous venons d'énumérer; nous ne chicanerons pas M. Saint-Marc Girardin sur quelques scènes du drame moderne, que nous comprenons autrement que lui. M. E. Quinet sur quelques théories poétiques qui nous semblent assurément contestables; mais nous nous bornerons à une critique générale, s'appliquant à toutes les chaires, et ressortant d'ailleurs de nos observations préliminaires.
Ne serait-il pas vrai de dire, par exemple, que messieurs les professeurs du Collège de France et de la Sorbonne, pour la plupart, se préoccupent moins de l'enseignement lui-même que de leurs propres leçons, moins du public que de leur livre? Il est manifeste en effet, pour le moins clairvoyant, que la pensée du livre domine dans toutes ces leçons; M. Simon développe sa thèse sur Proclus et achève de s'édifier sur la philosophie alexandrine: M. Egger, si consciencieux d'ailleurs, prépare évidemment son mémoire pour l'Institut; M. Saint-Marc Girardin y va même plus franchement; son livre est écrit, et avant de le donner à l'impression, il le relit une dernière fois avec le public, faisant comme ces peintres qui exposent d'abord un tableau dans leur atelier avant de l'envoyer au salon. Le reproche que nous adressons ici à messieurs les professeurs, c'est de faire leur cours un peu trop pour eux-mêmes, de se considérer dans leurs chaires plutôt comme des savants et des écrivains que comme des professeurs; c'est, en un mot, de faire exclusivement les affaires de leur esprit de telle sorte que la critique pourrait se borner presque à donner un bulletin bibliographique de la Sorbonne et du Collège de France, appréciant tel cours comme une thèse de doctorat, tel autre comme un mémoire pour l'Académie des Inscriptions; celui-ci comme une suite de feuilletons critiques, celui-là comme un volume de mélanges historiques et philosophiques. Les cours de la Sorbonne et du Collège de France ressemblent le plus souvent à ces séances publiques de l'Athénée, de l'Institut, des Sociétés savantes, où chaque membre vient lire au fauteuil quelques pages écrites. Pour peu que l'exemple de M. Saint-Marc Girardin fasse des imitateurs, les professeurs se lasseront bientôt de parler; ils achèveront de considérer leurs disciples comme des lecteurs, et monteront en chaire avec leur manuscrit. Aujourd'hui, du moins, on peut dire, en empruntant l'expression vulgaire, qu'ils parlent comme un livre.
Sans doute le public trouve son compte à cette communication d'essais distingués que messieurs les professeurs veulent bien lui faire; un bon livre est certainement meilleur quand l'auteur lui-même prend la peine de le lire, quand cette lecture est débitée d'une façon élégante, spirituelle, animée; et de notre temps, où on lit si peu et si mal, où l'on commence volontiers un livre par la fin, comme s'il s'agissait d'un volume chinois, c'est rendre au public un service signalé que de lui faire de semblables lectures. Mais, encore un coup, est-ce bien là l'enseignement? y a-t-il un maître? y a-t-il des disciples? M. Michelet ne s'aperçoit-il pas qu'il a dépassé son public, et que bien peu des auditeurs le peuvent suivre sur les hauteurs où il s'est désormais placé? M. Simon ne devrait-il pas penser qu'il est chargé de nous apprendre l'histoire de la philosophie, et que toute cette histoire n'est pas dans l'école d'Alexandrie? Croit-il que le public ait à finir d'acquérir, comme lui, une véritable spécialité alexandrine? Ne serait-il pas temps enfin de devenir un peu plus élémentaire, en variant son sujet, au lieu de raffiner sur des matières à peu près épuisées?
Qu'arrivera-t-il de tout cela? le public ne s'attache pas; il va un jour entendre une leçon de tel ou tel professeur; il sort satisfait le plus souvent, néanmoins il reviendra, s'il peut, si l'occasion se présente; chaque leçon est un chapitre bien détaché, faisant un tout complet, qui n'a besoin ni de ce qui précède, ni de ce qui suit. On reprochait à l'auteur du poëme des Jardins d'avoir fait un sort à chacun de ses vers, sans songer à la fortune de l'ouvrage; on pourrait dire de même que messieurs les professeurs s'occupent de faire un sort à chacune de leurs leçons, à chacun de leurs chapitres, sachant bien que leurs auditeurs se renouvellent sans cesse, et qu'il faut plaire à ceux qui passent. Les cours, pour la plupart, vivent de détails et manquent d'une idée générale; le seul qui soit véritablement suivi est celui de M. l'abbé Coeur, parce qu'il ne s'adresse pas seulement à l'esprit, parce que la pensée morale y vivifie la pensée intellectuelle, et forme le lien naturel des différentes leçons.
Espartero
(Suite et fin.--Voir nº, p. 10.)
Lorsqu'il fut élevé au commandement en chef de l'armée du Nord, Espartero tenait pour le parti des modérés, et quoique ses opinions politiques fussent faiblement prononcées, il était en butte aux injures du parti exalté; mais bientôt l'ambition de tenir un rang considérable dans le gouvernement, la vanité, les obsessions et les flatteries dont il était entouré, la conspiration permanente qui s'était établie dans dans le sein de son état-major, et dont il était l'âme, les résistances du gouvernement de la régente à ses prétentions exagérées l'éloignement peu à peu des modérés, et le jetèrent dans les bras du parti contraire, qui en a fait son chef. Nous allons le suivre dans cette marche.
Espartero reçut le commandement peu après les scènes de la Granja. Les suites de cet événement excitèrent son mécontentement, qui s'accrut de griefs particuliers, et tout en affectant de ne se mêler que de l'armée, il encouragea la résistance au ministère né de l'émeute de la Granja, et appartenant au parti exalté. L'armée était rentrée dans Madrid après la retraite de don Carlos, qui avait tenté de surprendre cette capitale. Des officiers de la garde adressèrent à la reine, au mois d'août 1837, une pétition pour demander le renvoi de ses ministres; ceux-ci demandèrent à leur tour que les auteurs de cet acte d'insubordination fussent traduits devant un conseil de guerre. Espartero s'y refusa. Les ministres, qui d'ailleurs ne s'entendaient pas sur les moyens de rendre à l'armée son rang naturel dans les pouvoirs de l'État, donnèrent leur démission. Le parti modéré salua Espartero comme un sauveur, et lui offrit la présidence du conseil et le département de la guerre dans le nouveau cabinet. Il n'accepta pas; mais il fit donner le ministère de la guerre au général Maix, sur le dévouement duquel il pouvait compter, tout en se couvrant d'une modestie qui cachait mal la joie qu'il éprouvait de ce triomphe. Bientôt, quoiqu'il prétendit se tenir éloigné du gouvernement, il acquit une influence considérable sur la direction du parti modéré; son quartier-général devint insensiblement un pouvoir dans l'État; il força tous les ministres, les uns après les autres, à compter avec lui, et à satisfaire à ses demandes; enfin, dans les négociations qui précédèrent la convention de Bergara, il agit de sa propre autorité, et procéda en souverain, sans en référer au ministère. Le cabinet plia devant lui, et n'osa pas le rappeler au devoir. Les ovations qu'il reçut après la retraite de don Carlos en France achevèrent de l'enivrer, et de le convaincre qu'il pouvait tout tenter.
Cependant le ministère avait peine à tenir tête à la majorité exaltée que les élections de 1839 avaient amenée aux cortès; il profita de la force que la pacification des provinces basques venait de donner au gouvernement, pour hasarder une dissolution et faire un appel au pays. En même temps, des hommes connus pour appartenir aux opinions les plus modérées furent introduits dans le cabinet. A une autre époque, ces actes auraient été du goût d'Espartero, qui, par suite surtout de ses habitudes de discipline, avait en aversion le parti révolutionnaire; mais toute solidarité politique entre lui et le gouvernement disparut devant une question d'amour-propre. Trois ministres avaient été remplacés, et parmi eux le ministre de la guerre; les cortés avaient été dissoutes, et Espartero n'avait pas été consulté: il en fut blessé profondément.
Il y avait auprès d'Espartero un homme qui jouissait de toute sa confiance, le brigadier Linage, ambitieux, habile, n'appartenant à aucun parti et prêt à les servir tous. Il s'était rendu nécessaire à Espartero, dont il était le secrétaire, le conseiller, le factotum. Livré au parti exalté, il travaillait sans relâche à indisposer Espartero contre le ministère, et il était aidé dans cette tâche par les commissaires anglais, qui avaient su se concilier l'estime et l'amitié du généralissime, tandis que les agents français auprès du quartier-général étaient sans aucune influence. Averti des dispositions d'Espartero, les exaltés travaillèrent de tous leurs efforts à les exploiter à leur profit. Une polémique s'établit dans les journaux sur le sentiment du duc de la Victoire au sujet des mesures du cabinet. Ce fut alors que parut dans la Gazette d'Aragon une lettre de Linage dans laquelle il était dit en substance que le général, sans prétendre s'immiscer dans les affaires du gouvernement, tenait pour fâcheuses la dissolution des cortés et la modification du cabinet. Cette lettre fit beaucoup de bruit; si Espartero ne l'avait pas dictée, du moins elle n'avait pu être écrite qu'avec son autorisation. Les ministres offrirent leur démission; la régente la refusa, et somma Espartero de s'expliquer sur la lettre de son secrétaire. La réponse du duc fut évasive. Le ministère demanda la destitution de Linage; Espartero n'y consentit point, lui fit seulement écrire dans le même journal une autre lettre modifiant la première sans la contredire, et l'incident parut terminé.
Les élections, qui eurent lieu sur ces entrefaites, donnèrent une immense majorité au parti modéré. Ce succès humilia Espartero, et tandis que le ministère croyait être assez fort pour se roidir contre les exigences et les prétentions du généralissime, les exaltés travaillaient avec plus d'ardeur que jamais à le séparer davantage du parti des modérés et à l'attirer dans leurs rangs: ils ne tardèrent pas à réussir. Espartero s'offensa des résistances qu'il trouvait dans le cabinet et même dans la volonté de la reine régente: ses expressions habituelles de dévouement se refroidirent insensiblement; il devint de jour en jour plus impérieux. Au moment de faire des promotions dans l'armée, il proposa insolemment Linage, dont tous les ministres avaient demandé la destitution, pour le grade de maréchal-de-camp. Quelques membres du cabinet considérèrent cette proposition comme une insulte; mais il fallait en finir avec Cabrera, le dernier champion de la cause carliste, et Espartero était seul capable d'en venir à bout. Le gouvernement céda; Linage eut son brevet de maréchal-de-camp, et les trois ministres, dont l'entrée dans le cabinet avait déplu à Espartero, se retirèrent. Cette concession, loin de le calmer, ne fit qu'accroître sa confiance. Il restait dans le ministère deux hommes qu'il haïssait comme des ennemis personnels, M. Perez de Castro, président du conseil, et M. Arrazola, ministre de la justice: il ne songea plus qu'à les renverser, afin qu'il fût bien démontré que tout devait se courber devant son autorité.
Cependant la nouvelle session des cortés s'ouvrait et donnait au ministère l'appui d'une majorité forte et compacte. Le cabinet crut que le moment était venu de porter un coup décisif au parti exalté, et il proposa la fameuse loi sur les ayuntamientos, ou les municipalités. Instituées aussitôt après les événements de la Granja, et dans les formes réglées par la constitution de 1812. c'est-à-dire sur des bases extrêmement démocratiques les municipalités exerçaient une grande action sur les élections. La nouvelle loi changeait le système établi, et les enlevait à l'influence des associations populaires. Les dernières élections avaient prouvé que, même avec des municipalité élues sous l'empire de la constitution de 1812. les élections pouvaient donner une majorité au parti modéré; que serait-ce donc, pensa le ministère, quant le pouvoir municipal, source de l'élection, ne serait plus livré au grand nombre! Les exaltés, sentant bien que c'était pour eux une question de vie ou de mort, se préparèrent au combat; leur unique espoir était en Espartero qui était plus puissant et plus populaire que jamais; ils le désignaient hautement comme leur chef, et rien dans ses paroles, dans sa conduite ne protestait contre cette qualification. En ces circonstances, la reine régente signifia brusquement au président du conseil la résolution qu'elle avait formée d'aller à Barcelone avec sa fille, dont l'état de santé exigeait l'usage des bains sulfureux. Jusqu'à présent on n'a pas encore découvert le motif réel de ce voyage, que rien ne commandait puisqu'il y a des bains sulfureux en Espagne ailleurs qu'à Barcelone, et moins loin de la capitale. De toutes les explications la plus vraisemblable est que le but de la reine Christine était de voir Espartero; car, chose étrange, bien qu'elle entretint avec lui depuis longtemps une correspondance privée qui avait souvent inquiété ses ministres, elle ne l'avait encore vu qu'une et dans un temps où il ne se doutait pas encore de son avenir. Elle n'avait rien épargné pour se l'attacher; elle l'avait comblé de titres et d'honneurs; elle avait appelé auprès d'elle la duchesse de la Victoire, et lui avait donné le premier rang à la cour: elle fondait donc sur lui beaucoup d'espérances. De son côté, Espartero n'avait jamais laisse échapper une occasion de protester de son dévouement pour sa souveraine, même au milieu de ses plus violents démêlés avec les ministres. Peut-être aussi la reine régente comptait-elle essayer sur lui la force de l'entraînement qu'elle a presque toujours exercé sur ceux qui l'ont approchée, par la séduction de son esprit, de ses charmes et de ses manières. Dans quel dessein? on l'ignore, mais on va voir combien elle s'était trompée, si ses calculs ont été tels qu'on le suppose.
Les deux reines partirent, accompagnées de M Prez de Castro, président du conseil, et de deux autres ministres, celui de la guerre et celui de la marine. Les exaltés avaient tout préparé pour que la réception faite aux reines fût significative. A Saragosse, la municipalité leur adressa une harangue énergique; la population les poursuivit partout des cris de vive la constitution! vive la duchesse de la Victoire! à bas la loi sur les ayuntamientos! Ce fut à Lérida que la régente rencontra Espartero. Dans la première entrevue il fut insignifiant, dit-on, mais dans les suivantes il fut injurieux, violent, et, se prononça énergiquement contre le ministère, contre les cortès, contre la loi des ayuntamientos, et finit par parler en maître. La réception que Barcelone fit aux deux reines aurait du calmer les craintes qui assiégeaient l'esprit de la reine et de ses ministres. Le peuple les avait accueillies avec un enthousiasme extraordinaire; mais la municipalité de Barcelone attendait pour manifester ses sentiments hostiles l'arrivée prochaine du duc de la Victoire. L'orage se préparait donc sourdement: il éclata bientôt. Dès que l'on sut que le duc de la Victoire approchait de Barcelone, une foule immense se porta à sa rencontre, l'entoura et le porta comme en triomphe. Sur son passage des acclamations frénétiques le saluaient, et de temps en temps éclatait le cri de mort aux Français! qui est comme le cri de ralliement des exaltés. Le même jour, 13 juillet, Espartero se présenta chez la reine et renouvela ses impérieuses demandes du renvoi du ministère et du retrait de la loi sur les ayuntamientos, que l'on discutait encore dans les chambres. La reine régente refusa courageusement, et le lendemain la nouvelle de l'adoption par les chambres étant arrivée, elle donna sa sanction à la loi et y apposa sa signature. Dès qu'Espartero eut appris que la reine régente avait signé, il entra dans une violente colère, se renferma chez lui, et envoya sa démission dans une lettre écrite par Linage, en accusant la reine d'avoir manqué sa parole. La démission fut refusée, et comme Christine lui disait qu'en sa qualité de commandant des troupes, il lui répondait de l'ordre, Espartero déclara qu'il fallait choisir entre le ministère et lui, et que si la reine ne révoquait pas la sanction qu'elle avait donnée à la loi, elle verrait couler le sang jusqu'au genou.
Cependant l'état-major et les troupes d'Espartero se répandaient dans la ville, et mêlaient leurs imprécations contre le gouvernement à celle des exaltés. Les places publiques et les rues se remplissaient d'hommes à figures sinistres: une émeute se préparait, selon la menace d'Espartero. Le 18, les membres de la municipalité s'établirent en permanence à l'Hôtel-de-Ville; des barricades furent élevées à l'extrémité de toutes les rues qui débouchaient sur la place où était le palais occupé par les deux reines; des dépôts d'armes avaient été forcés et livrés au peuple. Une députation de la municipalité à la tête des insurgés, se rendit à l'hôtel d'Espartero, qui leur fit bon accueil, parut à son balcon, et consentit à les accompagner chez la reine régente, pour lui demander le renvoi des ministres et le retrait de la loi sur les ayuntamientos. Il était alors près de minuit. Christine était avec les trois ministres qui l'avaient suivie, et qui, devant l'émeute, offraient leur démission. Espartero entra chez la régente avec sa femme et les généraux Valdes et Van-Halen. La reine reçut avec une froide réserve ses démonstrations de dévouement et ses offres de service, accepta la démission de ses ministres, mais refusa obstinément de révoquer la sanction donnée et de dissoudre les cortès. Espartero sortit à pied à trois heures du matin, et alla annoncer aux groupes qui stationnaient sur la place que les ministres se retiraient; les rassemblements se dissipèrent alors avec des cris de triomphe. Content d'avoir satisfait sa haine contre les ministres qui l'avaient bravé, Espartero s'occupa de mettre un terme au mouvement dont il avait reçu l'impulsion, et, retrouvant son énergie, mit la ville en état de siège; les exaltes, qui voulaient continuer leurs démonstrations, furent comprimés et l'ordre se rétablit.
Espartero.

Sous l'influence de ces événements, un nouveau ministère fut appelé: contrairement à ce qu'on attendait, il ne fut pas pris dans le parti exalté, mais parmi les amis d'Espartero, qui, prêtant les mains à cette combinaison, abandonnait tout ce qu'il avait demandé jusqu'alors. La reine régente se hâta de quitter cette ville, où son autorité et sa dignité avaient souffert de si graves atteintes, et dés qu'elle fut arrivée à Valence, où l'attendait le général O'Donnell et une armée qui lui était dévouée, elle renvoya ce cabinet et en forma un nouveau, choisi entièrement dans le parti modéré.
Ici se termine en quelque sorte la biographie d'Espartero; tout ce qu'il a fait depuis appartient à l'histoire contemporaine de l'Espagne, et est encore trop près de nous pour qu'il soit peut-être permis de juger définitivement sa conduite. Qu'il nous suffise de rappeler qu'à la nouvelle de ce changement de ministère, le parti exalté se souleva dans toute l'Espagne. La municipalité de Madrid donne le signal de l'insurrection et se déclare en permanence; la garde nationale prend les armes et se range sous ses ordres. Espartero, qui était rentré dans son apathie, est forcé par le parti des exaltés de formuler son adhésion à la municipalité. Il publie un manifeste où il pose, comme condition de sa fidélité à la régente, la révocation de la loi sur les ayuntamientos, la dissolution des cortès et le renvoi du cabinet. On sait ce qui a suivi. Le mouvement révolutionnaire de la capitale se propage de ville en ville; Espartero entre en maître et en triomphateur dans Madrid. Appelé par la reine régente à former un cabinet, il se rend à Valence avec les collègues qu'il a choisis. C'est là qu'après d'orageuses conférences, Christine se résout, le 10 octobre 1840, à abdiquer, et se retire en France. Espartero demeure souverain du royaume, à la tête de la régence, en attendant la majorité d'Isabelle II.
Depuis ce moment, l'Espagne a continué d'offrir le spectacle le plus étonnant et le plus déplorable de désorganisation et d'impéritie dans le pays et dans le pouvoir. Satisfait du poste élevé qu'il occupe, Espartero paraît indifférent aux luttes et aux rivalités des partis; son gouvernement se résume en une longue série de mystifications pour toutes les ambitions et toutes les espérances. L'Angleterre s'était flattée que, pour prix de l'appui qu'elle avait prêté au parti exalté et à l'élévation du régent, un traité de commerce ouvrirait les ports d'Espagne à ses produits manufacturiers; mais ce traité, jusqu'à présent ajourné, le sera peut-être encore longtemps. Les exaltés pensaient qu'il leur serait permis de réaliser leurs idées politiques sous le patronage du régent, à la fortune duquel ils ont tant aidé, mais depuis deux ans toutes leurs tentatives de se saisir du pouvoir ont été vaines. D'un autre côté, tout était à faire en Espagne, il fallait créer l'administration, organiser la justice, constituer les finances: voilà à quel prix l'Espagne eut pu se constituer, voilà quels étaient ses besoins les plus pressants. Rien n'a été fait. Ce malheureux pays a été livré au despotisme militaire, et au plus déplorable désordre financier et administratif qu'on ait encore vu, même en France.
Mais la déception générale a donné naissance à une coalition qui comprend les vainqueurs et les vaincus de septembre, les modérés et les exaltés, en un mot, tous ceux qui tiennent pour le gouvernement constitutionnel, contre Espartero, isolé au milieu de toute la nation et sans autre appui que l'armée. Tel était l'état des choses au commencement de novembre de l'année dernière, au moment où la réunion des cortès allait avoir lieu, réunion d'autant plus inévitable, que le budget n'étant voté que jusqu'au 1er janvier 1843, il fallait bien convoquer les chambres pour leur demander de nouveaux subsides. Dès le premier jour, une forte opposition s'est dessinée, et les deux chefs de la coalition ont été élus, à une forte majorité, l'un président, l'autre vice-président des cortès. Espartero était dans une situation fort critique, quand un événement fortuit, le soulèvement de Barcelone, est venu faire, une diversion, dont il s'est empressé de profiter. On sait tous les détails de sa campagne contre cette ville malheureuse. Ce ne sont pas les barbaries de Van-Halen et de Zurbano qui ont fait rentrer Barcelone sous l'obéissance du duc de la Victoire, ni qui ont empêché l'insurrection de se répandre; c'est l'absence d'un drapeau. Le lendemain du bombardement les élections municipales ont eu lien, et leur résultat a été si hostile au gouvernement, qu'il a été obligé de casser la ----- municipalité. La presse a recouvré sa voix, et fait entendre à toute heure ses menaces de vengeance et de haine. A Madrid, la nouvelle du bombardement de Barcelone a soulevé l'indignation publique. La presse, écho fidèle des sentiments de la population tout entière, s'est émue, et a exprimé hardiment l'opinion du pays. Les députés catalans ont demandé au régent, par une lettre vigoureuse, le renvoi immédiat des ministres qui ont conseillé ces violences. Un acte d'accusation contre le ministère avait été préparé par les mêmes députés et devait être déposé sur le bureau des cortès à leur réunion. Devant cette explosion qui se préparait, Espartero a dissous les cortés et a convoqué la nouvelle chambre pour le 3 avril prochain.
Tel est l'état présent de l'Espagne. Il est impossible de prévoir le résultat des élections qui se préparent, mais assurément de leur choix dépendra le retour de l'ordre et de la légalité, si audacieusement violés par le soldat ambitieux qui a saisi le pouvoir sans avoir la force d'en faire bon usage. Avant deux ans Isabelle II aura atteint sa majorité; Espartero se résignera-t-il à abandonner le pouvoir souverain dont il aura joui et abusé pendant plusieurs années? voudra-t-il continuer sa dictature militaire? dans quelle vue? il n'a point d'héritier. Ces graves questions se présentent d'elles-mêmes à l'esprit de tous ceux qui ont suivi le développement de la tragi-comédie qui se joue depuis près de dix ans en Espagne. Mais d'en chercher la solution probable, qui y songe? Tant d'habiles gens se sont trompés dans leurs calculs et leurs prévisions, que le parti le plus sage est peut-être, comme le disait un de nos plus spirituels diplomates, d'attendre et de regarder; c'est déjà beaucoup que de bien voir.

Translation de l'Épée d'Austerlitz
AUX INVALIDES.
M. le maréchal duc de Reggio, accompagné du général Petit, des généraux Athalin et Gourgaud, qui avaient été délégués par le Roi, et de tout l'état-major de l'hôtel des Invalides, a procédé à l'enlèvement de la couronne impériale, du chapeau et de l'épée d'Austerlitz, qui étaient restés déposés sur le cercueil de Napoléon, dans la chapelle Saint-Jérôme, depuis le jour des funérailles.

Les ouvriers chargés de construire le tombeau devant commencer immédiatement leurs travaux, la porte de la chapelle Saint-Jérôme sera murée. Le cercueil y restera, mais dépouillé des insignes qui le couvraient, et qui auraient couru le risque d'être dégradés. Ces insignes ont été ensuite transportés avec solennité dans une partie des appartements que le général Petit occupe aux Invalides, et qui a été disposée à cet effet.
Le général portait l'épée d'Austerlitz; il était précédé de plusieurs sous-officiers portant le chapeau historique, la couronne impériale, la couronne donnée par la ville de Cherbourg, et le manteau qui servait de drap mortuaire. Le cortège a défilé entre deux haies formées par tous les invalides en grande tenue.
Aucune personne étrangère à l'Hôtel n'a été admise à cette cérémonie.
Beaux-Arts.
RECAPITULATION DES EXPOSITIONS AU LOUVRE DEPUIS 1800.

OUVERTURE DU SALON.
Comme la poésie, comme la musique, la peinture, elle aussi, a ses premières représentations, plus solennelles peut-être, plus désirées que toutes les autres. Quinze cents oeuvres nouvelles, entièrement inédites, qui vont tout à la fois se découvrir aux yeux! Quinze cents tableaux et sculptures! Quelle affiche de théâtre nous promit jamais aussi riche spectacle? Et, pourtant, comme on sait, une simple tête d'étude, un petit paysage, une mince statuette, peuvent valoir souvent tout un long poëme, toute une grande symphonie.
Aussi les portes du Louvre sont-elles de bonne heure assiégées, en ce jour solennel, par une foule impatiente, qui se presse, qui se pousse et s'étouffe à plaisir; les derniers voulant être les premiers, comme ils le seront un jour au royaume des cieux. Ce n'est pas là, d'ailleurs, cette foule insignifiante, atone, qui s'encombre dans les barrières des théâtres, qui s'ennuie et qui s'enrhume, sans penser à autre chose. Ici, la foule est animée, passionnée même, pittoresque; elle a l'oeil et le visage en feu, la barbe hérissée, elle parle haut, elle discute, elle professe, elle harangue; c'est le meeting de l'art.
Sans doute dans le nombre se voient bien quelques curieux, quelques-uns de ces bons bourgeois de Paris, que Rabelais jugeait «tant sots, tant badauds», que la foule attire par une secrète vertu d'adhésion, et qui se trouvent surtout à leur place dans l'espèce: «Nos numerus sumus....»
On y rencontre bien aussi, non pas le vrai dilettante de l'art, car il est essentiellement conservateur et laudator temporis acti, mais une autre classe d'amateurs. L'amateur des primeurs, qui ne se soucie que des premières fraises et des premiers melons, croirait se déshonorer en riant des plaisanteries d'un vaudeville à la seconde représentation, et ne lit jamais un livre dont les feuilles ont été déjà coupées.
Mais le véritable public de cette fête, ce sont les artistes, les jeunes yens des ateliers; car tout le monde, dans les ateliers, est et demeure jeune: les rapins ne vieillissent pas, ils semblent avoir encore sur leur figure l'air de 1830; vénérable débris des jeune-France, de la gent dite romantique, ils en ont au moins sauvé la barbe et la chevelure mérovingienne, en même temps que quelques expressions portenteses, et quelques vocables moyen-âge et pyramidaux.
Ils sont là chez eux, ou du moins à la porte de chez eux un sérieux intérêt les amène, et le trouble habile leur coeur d'ordinaire si calme, si insoucieux de la vie positive, si profondément sceptique à l'endroit des hommes et des choses. Ils ont soumis leurs tableaux, leurs statues au jugement de l'Académie des Beaux-Arts; l'Académie les aura-t-elle acceptés, leur aura-t-elle donné le droit d'entrée dans les galeries du Louvre, auront-ils enfin les honneurs de l'exposition, seront-ils livrés aux regards de ce public, qui s'y connaît si mal, et laisse volontiers les tableaux de genre, les oeuvres sérieuses, pour faire queue devant une charge de Biard, et s'extasier en présence de bouffonnes figures? Y être ou n'y être pas, that is the question, et c'est là, bien réellement, une question de vie et de mort pour l'artiste inconnu qui a lutté courageusement dans un grenier contre son double défaut d'être obscur et d'être pauvre; que de craintes mortelles, que de riches espérances devant cette porte qui va s'ouvrir!
Des bruits sinistres courent dans la foule; on dit que cette année le jury d'examen s'est montré d'une sévérité farouche; on sait que le tableau d'un peintre célèbre a été refusé, et l'on ajoute que l'un des examinateurs, indigné de cette exclusion, s'est levé, et a dit à ses collègues: «Ni vous, ni moi, ne serions capables d'en faire autant.» là-dessus, il est parti furieux, et quelques-uns assurent qu'il en crachait le sang! On ajoute même que le Roi, instruit par M. A. de P. des malveillantes erreurs du jury, avait exigé qu'une contre-enquête eut lieu avant l'ouverture du Salon.
Et alors, vous entendriez un chorus d'étranges qualifications, d'énormes épithètes adressées par contumace à MM. les examinateurs. «Croiriez-vous, dit l'un d'eux, qu'il n'y avait cette année que cinq peintres dans toute la commission? Mais, en revanche, reprend un autre, on y comptait un grand nombre de musiciens: l'an prochain, je leur enverrai un tableau à horloge, qui jouera des airs!--Et moi, ajoute un troisième, je soumettrai à leur jugement impartial le dessein d'une clarinette et le profil d'une contre-basse!»
Ceux qui parlent le plus haut, qui ont le verbe le plus tranchant et le plus goguenard, ce sont les rapins pur sang, qui n'ont encore fait que broyer les couleurs et croquer sur le mur les principaux nez de l'atelier; ils sont là, les mains dans les poches, parfaitement désintéressés dans la question, ne venant que pour assister au triomphe de leurs amis, et à la déconfiture de ceux qu'ils honorent de leur inimitié personnelle, et du surnom générique de crétins. Feront-ils jamais eux-mêmes le moindre tableau? Dieu le sait! Provisoirement, ils prennent chaudement en main la cause de l'art, anathématisent le jury, le classique jury, et proposent de rédiger contre ses jugements une solennelle protestation, d'ouvrir à frais communs une contre-exposition où devront figurer tous les tableaux refusés, et offrent déjà, à cet effet, la modique somme de 50 centimes, prélevés sur ce qu'ils appellent leur superflu.
Enfin sonne l'heure fatale! Jamais semblable frisson ne courut sur les bancs d'écoliers, lorsque le pédant, orné de la toge et de l'épitoge, fait à dessein une pause tragique, après s'être écrié: Premier prix! Tous les coeurs se serrent, toutes les bouches se taisent. C'est alors que les plus pusillanimes sentent défaillir leur courage, et veulent reculer, serrant la main à un ami, et lui disant d'une voix éteinte: «Va voir si j'y suis!» Mais les portes sont ouvertes, le flot se précipite, et bon gré, mal gré, il faut suivre le torrent au milieu duquel on voit trembler la baïonnette et le plumet des malheureux factionnaires, battus par la tourmente.
Emporté par cette irrésistible force, qui ne lui permet pas même de s'arrêter pour saisir au passage le fatal livret, l'artiste ferme les yeux; son tableau lui revient à la pensée comme une effroyable croute, placardée de rouge et de bleu; ces têtes charmantes, ces formes harmonieuses qu'il avait dessinées avec tant d'amour, peintes avec tant de foi, maintenant lui semblent d'insipides copies, propres à servir d'enseignes; et il ne se doute plus qu'elles n'aient été ignominieusement refusées, jusqu'à ce qu'enfin, sentant le flot s'arrêter, il rouvre les yeux et se trouve dans le salon carré, vis-à-vis de sa propre toile baignée de lumière, vis-à-vis de sa Marguerite ou de sa Béatrice, qui fixe sur lui ses regards pleins d'une joie douce et d'une grâce séreuse.
PREMIÈRE VISITE AU SALON--COUP D'OEIL GÉNÉRAL.
Heureux les critiques prime-sautiers qui ont, du premier regard, pu voir et juger à la fois douze cents tableaux! Nous confessons, pour nous, que notre idée synthétique est encore bien défectueuse, bien obscure, et nous nous tenons en défiance contre notre première impression, sans l'oser ériger en un jugement. Ce n'est assurément pas faute d'avoir ouvert les yeux, d'avoir tendu le cou cinq heures durant; mais souvent, pour avoir beaucoup regardé, l'on a bien peu vu, et surtout bien peu pensé. Pressés, heurtés dans la foule, contemplant au travers des chapeaux, nous réfléchissions à toutes les belles idées critiques, à toutes les fines observations qui nous seraient infailliblement venues, si notre judiciaire avait pu, comme autrefois cet heureux Louis XVIII, se faire traîner doucement dans un fauteuil à roulettes au milieu des galeries solitaires; nous admirions aussi par souvenir l'intelligence et la sagacité esthétique des anciens, qui plaçaient aux portes de leurs musées la statue du Silence, le doigt sur les lèvres, pour avertir chacun qu'il se gardât de troubler indiscrètement le vol des muettes pensées autour des statues et des peintures.
Ouverture du Musée, le 13 mars.

Enfin nous étions sous la préoccupation constante d'une idée importune; il manquait à notre compte plus de quatre cents tableaux, et nous nous demandions, en voyant la nudité des galeries, si l'on avait aussi voulu faire une exposition de serge verte. En serions-nous à ce point de pénurie, que, pour composer désormais un salon, il faillit, comme dans les expositions de sous-préfectures, faire appel aux tableaux de famille, aux plâtres domestiques, et combler les lacunes avec les cadres glorieux de nos prix de dessin? Grâce à Dieu, notre pauvreté ne vient que du sévère caprice de MM. les académiciens: quatre mille tableaux ont été, comme d'ordinaire, soumis à leur jugement; mais il n'y a eu que douze cents élus; aussi, ne pouvions-nous considérer sans attendrissement toutes ces places vides, y plaçant par la pensée, tantôt ces chers absents, la grande toile de Boulanger, le beau portrait d'H. Flandrin, tantôt les oeuvres d'artistes inconnus, les imaginations nouvelles de pauvres jeunes peintres, tous refusés au bénéfice des tableaux de MM. les académiciens. (Voir, sous le numéro 89, un inqualifiable tableau de M. Bidault, membre du jury; on assure que ledit tableau a été reçu à l'unanimité.)
De tout cela il suit que nous avons encore bien peu de choses à dire du nouveau Salon. Deux toiles seulement nous ont semblé tout à fait hors de ligne; d'abord le Tintoret de M. Léon Coigniet, admirable composition, malgré la réminiscence de l'Empire qu'on y croit apercevoir; puis un excellent portrait d'H. Flandrin, que l'administration du Musée a eu grand soin de placer à contre-jour, dans une encoignure. Nous ne faisons que citer aujourd'hui ces deux véritables chefs-d'oeuvre, sur lesquels nous reviendrons à loisir. Les honneurs de l'exposition sont ensuite pour la marine d'Isabey, le Jérémie prophète, d'Henri Lehmann, la Vendangeuse, de son frère Rodolphe; les portraits de Couture et de Guignet, les tableaux de genre de Meissonnier et de Leleux, le paysage de Lessieux, les sculptures de Simart et de Maindron. Le grand tableau si vanté de M. Papety est en possession d'attirer tous les regards et de diviser toutes les opinions; il est certain, d'ailleurs, qu'il ne révolutionnera pas la peinture, comme on l'avait pompeusement dit; le siècle ne croit plus désormais aux révolutions, et, quel que soit d'ailleurs le mérite du tableau de M. Papety, il n'est pas destiné à détruire ce légitime scepticisme.
Et puis, toujours du Biard et du Dubufe. Dimanche prochain commencera le triomphe de ces deux peintres dominicaux «bien connus par la ville.»
Et maintenant, dirons-nous comme la plupart: l'exposition est plus faible que celle de l'an dernier? Il importe de remarquer que depuis un temps immémorial, la critique place toujours chaque exposition immédiatement au-dessous de celle qui l'a précédée.--De même depuis des siècles, on dit que le commerce va mal.--Il est certain que les maîtres n'exposant plus, les toiles supérieures se raréfient singulièrement; mais il arrive, en peinture comme dans les lettres, qu'au lieu d'un artiste éminent, nous ayons vingt artistes distingués; ce que perdent les individus, la masse le regagne, le génie se fait rare, le talent abonde, et l'on est tout surpris de trouver dans des tableaux de débutants un savoir-faire déjà remarquable, qui aurait beaucoup promis à toute autre époque; mais aujourd'hui les hommes de talent demeurent ce qu'ils sont, et les habiles deviennent rarement des maîtres.
Bibliographie
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE ÉTRANGER.
Report and Appendices of the children's employment commission presented to both houses of Parliament, by command of Her Majesty.--Rapport et Appendices de la commission du travail des enfants dans les manufactures, présentés aux deux Chambres du Parlement, par l'ordre de Sa Majesté (non traduits). Mars, 1843.
Le rapport de la commission chargée de faire une enquête sur le travail des enfants dans les manufactures a été présenté la semaine dernière aux deux Chambres du Parlement. Il passe successivement en revue les diverses industries de Londres et des comtés de l'Angleterre. Est-il nécessaire d'ajouter qu'il révèle une foule de faits inconnus jusqu'alors et tellement horribles, que s'ils n'étaient attestés solennellement par les membres de la commission d'enquête, personne n'oserait y ajouter foi? La veille du jour fixé pour le dernier bal de la cour, un pair d'Angleterre avait lu la partie de ce rapport qui concerne les marchandes de modes, les fabricantes de dentelles et les couturières. Un de ses amis le pressait de l'accompagner: «Je n'irai pas à ce bal, répondit-il, je n'y aurais aucun plaisir; à chaque pas je croirais voir sortir de leurs cercueils les cadavres de tous les infortunés qui sont morts à la peine en fabricant les divers objets de luxe dont se compose la toilette des femme.»
Il nous est impossible, on le conçoit, d'analyser un pareil travail. Toutefois, afin de prouver son importance, nous citerons quelques faits choisis au hasard.
--Un deuil de coeur rend toujours aveugles au moins trente jeunes filles, déclare M. Tyrrell, médecin de l'hôpital ophthalmique.
--A Nottingham, M. Grainger, le rapporteur, visita une maison assez propre et confortable d'ailleurs, où il trouva quatre petites filles occupées à la fabrication de la dentelle. L'aînée avait huit ans, la cadette deux ans, les deux autres six et quatre ans. Elles gagnaient chacune environ 10 centimes par semaine.
--Dans la même ville, certaines mères ont l'habitude d'administrer du laudanum à leurs petits enfants, pour les forcer à rester tranquilles pendant qu'elles travaillent; car si elles étaient obligées de s'en occuper, elles ne gagneraient plus de quoi vivre. On augmente la dose de jour en jour; aussi la plupart des enfants meurent-ils avant d'avoir atteint l'âge de deux ans. «Depuis l'âge de six ans, disait une jeune ouvrière, je travaille quatorze à quinze heures par jour. Je gagne 5 shellings par semaine. Si je ne faisais pas boire du cordial à mon enfant, il m'empêcherait de travailler et je mourrais de faim.»
--A Willenhall, un enfant dépose en ces termes: «Je suis bien traité, mon maître ne me bat pas beaucoup; il ne me frappe jamais qu'avec un bâton ou un fouet, ou le manche d'un marteau.» Un autre enfant se montre également satisfait, parce que son maître ne le bat jamais plus de cinq minutes à la fois.
Ces enfants, qu'on fait travailler dès l'âge de deux ans, ou auxquels on donne chaque jour une portion de laudanum pour les endormir, ne reçoivent aucune instruction, et ne deviennent jamais des hommes, alors même qu'ils ont la force de supporter ce terrible régime. Leur ignorance égale leur faiblesse physique. Comment ne serait-il pas, en outre, cruels et débauchés? Dès leur bas-âge, ils n'ont sous les yeux que de mauvais exemples, et ils se trouvent très-bien traités lorsque leur maître ne les bat qu'avec un bâton.
Le rapport de la commission du travail des enfants dans les manufactures intéresse non-seulement l'Angleterre, mais les autres pays manufacturiers. Nous en recommandons la lecture à tous les hommes qui s'occupent encore de l'amélioration physique, intellectuelle et morale des classes ouvrières.
Geschichte Polens, von Dr RICHARD ROEPELL ersler Theil, Hamburg.--Histoire de la Pologne, par le Dr RICHARD ROEPELL. 1ère partie (non traduite).
Le docteur Roepell fait partie d'une société de savants allemands, dont chaque membre s'est engagé à écrire l'histoire spéciale d'un état européen. Lorsqu'ils seront terminés, tous ces ouvrages particuliers doivent former une collection qui sera éditée sous les auspices de deux historiens célèbres, A. H. L. Heeren et F. A Ukert. Le docteur Roepell, chargé d'écrire l'Histoire de la Pologne au Moyen Age, s'était d'abord rendu à Varsovie, pour y apprendre la langue polonaise et se mettre en état de consulter avec fruit les archives nationales. Il vient de publier à Hambourg la première partie de son travail.
Cette première partie s'ouvre par une description géographique de la Pologne, suivie d'un essai historique, malheureusement incomplet, sur la race slave.
Le docteur Roepell considère ensuite le duché de Posen comme la patrie primitive des Polonais; mais il ne remonte pas dans ses recherches au-delà de la moitié du sixième siècle. A la chute de Rome, les Polonais commencent à se faire connaître en Europe. En 540, leur chef, Lech, fonde Gnesen, la première capitale de leur empire A la dynastie de Lech, qui règne jusqu'en 850, succède celle de Piast Ce fut après l'accession de Mieczyslaus 1er, en 965, un des souverains de cette dynastie, que la Pologne prit rang parmi les états indépendants de l'Europe, en adoptant le christianisme L'auteur de l'Historga naroda polskiego bandtkie (l'Histoire de la nation polonaise), avait déclaré que Mieczyslaus était un vassal de l'empereur d'Allemagne, pour une partie de la Pologne, située entre l'Oder et la Warta. Le docteur Roepell réfute cette assertion et prouve par une série de faits historiques, que le vasselage des rois de Pologne était purement personnel et même nominal.
Outre ces considérations préliminaires, la première partie de l'ouvrage du docteur Roepell renferme l'histoire détaillée des règnes de Boleslaus le Grand, le véritable fondateur du royaume de Pologne, et de ses successeurs, jusqu'à l'assassinat de Przemyslaus, par le marquis de Brandebourg, en 1295.
Storia della Colonna Infâme di ALESSANDRO MANZANI. Milano, 1840; à Paris, chez Baudry. Un vol. in-12, avec les remarques de Pietro Verri sur la torture. 3 fr. 50 c. La Colonne Infâme, traduction française de M. DE LATOUR. Processo originale degli untori della peste del 1630. Milano. 1839. Un vol. in-8 (non traduit). Procès original des untori pendant la peste de 1630. Della Storia Lombarda del secolo XVII, ragionamenti di CESARE CANTI per commente ai promessi Sposi di ALESSANDRO MANZANI. Juin, 1832.
L'histoire tragique de la Colonne Infâme était toujours demeurée enfouie dans les archives manuscrites du dix-septième siècle, lorsqu'on imprima à Milan, en 1836, toutes les pièces originales du procès des untori. Alessando Manzani se rappela alors la promesse qu'il avait faite aux lecteurs de son beau roman des Promessi Sposi, à la fin du XXXVe chapitre; il se décida à écrire la Storia della Colonna Infâme. Publié à Milan en 1810 ce petit livre a été réimprimé récemment à Paris par le libraire Baudry, et M. de Latour en annonce une traduction enrichie de notices et d'appendices.
Rien de plus triste que cette histoire. Pendant la peste de 1630, dont les Promessi Sposi renferment une description si détaillée, les murs des maisons de Milan furent, à certaines époques, enduits, par des mains inconnues, d'une espèce d'onguent jaunâtre. Le peuple s'imagina que c'était cet onguent qui répandait la peste dans la ville. On arrêta divers individus désignés sous le nom d'untori, parce qu'on les accusa d'avoir fabriqué cet onguent (untorio) avec l'intention de faire périr tous les habitants de Milan. Interrogés par les magistrats, ils déclarèrent qu'ils étaient innocents. On les appliqua à la torture, et non-seulement ils s'avouèrent coupables, mais ils dénoncèrent de prétendus complices. Condamnés à mort, ils subirent un supplice effroyable, et on éleva sur l'emplacement de la maison de l'un d'eux, nommé Mora, une colonne dite Infâme, avec une inscription qui devait rappeler à la postérité le triste souvenir de ce procès. Ainsi, au dix-septième siècle, la justice milanaise élevait avec un stupide orgueil le monument de son déshonneur futur. En 1759, le président Charles de Brosses partageait encore les absurdes préjugés du siècle précédent. «La colonne que l'on appelle Infâme est élevée, dit-il dans ses Lettres sur l'Italie, sur la place où était la maison d'un malheureux que l'on surprit s'efforçant, par les moyens de certaines drogues, de mettre la peste dans la ville.» Cette colonne subsista pendant cent quarante-huit ans; en 1778, elle s'écroula, et personne ne songea dès lors à la relever.
Ce nouvel ouvrage de l'auteur des Fiancés sera lu avec un intérêt d'autant plus vif, qu'il renferme d'utiles leçons Si Manzani n'eût pas tardé tant d'années à tenir sa promesse, peut-être, instruit par l'exemple des Milanais du dix-septième siècle, le peuple de Paris se fût montré moins déraisonnable et plus humain à l'époque fatale où, refusant de croire à l'existence d'un fléau dont il ne pouvait nier cependant les terribles effets, il se persuada que l'eau des fontaines était empoisonnée, et frappa, dans son aveugle fureur, de malheureux ouvriers aussi innocents que les untori de la Colonne Infâme.
The Court of England under the house of Nassau and Hanover.--La cour d'Angleterre sous les maisons de Nassau et de Hanovre; par M. JOHN HENEAGE JESSE. Esq., auteur des Mémoires de la cour d'Angleterre sous le règne des Stuarts. 3 vol. in-8 (non traduite).
La Cour d' Angleterre sous les maisons de Nassau et de Hanovre, publiée par M. Jesse, n'est autre chose qu'une série de notices biographiques sur les principaux hommes d'État qui se sont succédé en Angleterre durant la triste période qui commence à la révolution de 1688, et qui se termine à la mort de Georges II, en 1760. On peut louer l'impartialité de l'auteur, bien qu'il laisse trop deviner parfois ses opinions conservatrices, la clarté et l'élégance de son style et d'autres qualités secondaires: mais M. Jesse manque en général d'élévation et de profondeur. Il aime trop les anecdotes; il se contente de raconter les faits intéressants sans en rechercher les causes, sans en calculer les conséquences; il n'apprend pas à ses lecteurs quelle a été l'influence morale, sociale et politique qu'ont exercée, pendant leur vie, les principaux hommes d'État du dix-huitième siècle. Enfin, on ne comprend pas pourquoi il a omis de parler de l'évêque Burnet, du général Wolfe, de lord Clive, de l'amiral Byng, de lord Carteret, de Pulteney et surtout de lord Chatham, qui remporta cependant ses plus beaux triomphes avant la mort de Georges II.
Malgré ces critiques, peut-être sévères, le nouvel ouvrage de M. Jesse obtiendra, nous n'en doutons pas, le même succès que les Mémoires de la Cour d'Angleterre sous le règne des Stuarts, car il contient des biographies bien écrites et remplies de faits nouveaux, de Malborongh, de Bolingbroke, de Walpole, de Harley, du duc de Sommerset, et des beaux célèbres de cette époque. Fielding et Wilson.
Die Verantwortlichkeit der Minister.--La Responsabilité ministérielle, par M. B,. MOHL, in-8, 726 pages, non traduite.
M Mohl pose d'abord les principes généraux sur lesquels la responsabilité ministérielle est fondée, puis il se demande quels sont les individus qui doivent y être soumis, et dans quels cas il faut l'appliquer. Il examine alors, outre la procédure à suivre, la nature et les divers degrés des peines qu'entraîne nécessairement une condamnation. Enfin, il termine ce traité par une analyse historique de tous les principaux procès intentés jusqu'à ce jour à des ministres, en vertu de la loi constitutionnelle qui les rend responsables des actes de leur administration. La publication de cet ouvrage, estimable d'ailleurs, mérite d'être signalée comme un heureux symptôme du mouvement politique qui commence à se manifester sur plusieurs points de l'Allemagne.
The Addresses and Messages of the presidents of the United States.--Discours et Messages des présidents, des Etats-Unis. New-York, Walker. London, Wiley and Putnam (non traduits).
La collection des discours des présidents des États-Unis fournira d'importants matériaux aux écrivains et aux hommes d'État qui voudront étudier l'histoire de la grande république de l'Amérique du Nord, depuis la déclaration de l'indépendance jusqu'à l'époque actuelle. Elle commence par le premier discours, ou le discours d'inauguration de Washington, et se termine avec celui que le président Tyler prononça dans la session dite spéciale, lorsqu'il remplaça Harrisson, en vertu de la section VI de l'article 11 de la constitution, qui, en cas de mort du président, confère ses fonction» au vice-président. On y trouve aussi, outre une notice sur Harrisson, la déclaration d'indépendance et la constitution actuelle des États-Unis.
Storia della Pittura italiana. Pise. 1842.--Histoire de la Peinture en Italie (non traduite).
Cette nouvelle histoire illustrée de la peinture italienne doit se publier en cinquante-six livraisons. La première livraison renfermait les quatre dessins suivants: 1 Une miniature de Pise de 1242.--2 Un bas-relief de Nicolas Pisano.--3 Le Christ de Giunta Pisano.--4 La Vierge de Guido de Sienne, peinte en 1221, et la Vierge de Cimabue, peinte vers 1276.
Neuere Geschichte der poetischen national Literatur der Deutschen, von G.-G. GERVINUS ZWEI BANDE.. Leipsig. 1842.-Histoire moderne de la Littérature poétique de l'Allemagne, par G.-G. GERVINUS. 2 vol. (non traduite).
Ces deux volumes forment le complément de l'ouvrage en trois volumes que le professeur Gervinus avait déjà publié sur les progrès de la littérature allemande. Ils embrassaient la période de temps qui s'étend depuis Gottsched jusqu'à la chute de Napoléon. Les opinions littéraires du professeur Gervinus sont, il est vrai, entièrement opposées à celles des meilleurs écrivains actuels de l'Allemagne; mais alors même qu'on n'adopte pas ses conclusions, on est forcé de rendre justice à son talent et à son indépendance. Son livre a un grand mérite, il fait penser; il s'adresse par conséquent à un public d'élite. N'y cherchez pas des renseignements positifs sur la vie d'un écrivain, vous n'y trouverez que des théories plus ou moins ingénieuses, plus ou moins vraies sur ses ouvrages et sur les moeurs de son époque; c'est un recueil d'idées et non de faits. Le professeur Gervinus n'a pas cru devoir continuer son ouvrage jusqu'à nos jours, par des raisons peu flatteuses pour ses contemporains. «Notre littérature, dit-il en terminant, est devenue un marais stagnant tellement rempli de matières nuisibles, que nous devons appeler de tous nos voeux quelque tempête étrangère. Notre littérature a eu son temps, et si nous ne pouvons vivre en paix, nous devons appliquer désormais à la vie positive et à la politique l'activité dont nous sommes doués, et qui maintenant n'a plus d'objet. Quant à moi, je suis autant que je le puis cet avertissement de l'époque.»
The history of Woman in England.-L'Histoire de la Femme en Angleterre; par HANNAH LAWRANCE. Londres, 1843 (non traduite).
Le premier volume de cet ouvrage vient de paraître. Il commence avec les plus anciennes chroniques, et se termine à la fin du douzième siècle. Mistriss Lawrance n'a pas la prétention de soutenir que la femme est non-seulement égale, mais supérieure à l'homme; elle se contente d'écrire son histoire, et de montrer quelle influence elle a exercée sur les institutions, la religion, la littérature et le caractère de la nation anglaise. Dès qu'elle sera terminée, nous reparlerons plus longuement de cette nouvelle compilation de l'auteur of the historical Memoirs of the Queens of England.
The Xanthian marbles, discovered in Asia-Minor, their acquisition and transmission in England (ouvrage non traduit).--Les Marbres de Xanthe, découverts dans l'Asie-Mineure par CHARLES FELLOWS, leur acquisition et leur transport en Angleterre. 1842, 5 schel.
Au printemps de 1838, un voyageur anglais, nommé Charles Fellows, visitait l'Asie-Mineure; frappé de la beauté des ruines éparses le long des côtes de la Lycie, il s'enfonça dans les terres et y découvrît, sur les bords de la rivière Xanthe, des sculptures précieuses qu'il résolut de transporter en Angleterre. Dès cette époque, des négociations s'ouvrirent entre la Porte et le cabinet de Saint-James; elles durèrent plus de trois années. Ce ne fut qu'au mois d'octobre 1841 que le consul de Smyrne reçut le firman demandé. A cette nouvelle, l'amirauté fit partir un navire chargé de ramener en Angleterre les sculptures découvertes par M. Charles Fellows. L'ouvrage anglais que vient de publier le libraire Murray contient une relation détaillée de cette curieuse expédition. Les marbres de Xanthe, appelées aussi marbres de Fellows, sont aujourd'hui déposés au British Museum.
The rural and domestic Life of Germany with characteristic sketches of its cities and scenery, collected in a general tour, and during a residence in the country in the years 1840, 1841 and 1842. London, 1842 (ouvrage non traduit).--La vie rurale et privée de l'Allemagne, suivie d'esquisses caractéristiques de ses villes et de ses paysages, etc., par WILLIAM HOWITT; in-8.
Ainsi que son titre l'indique, ce nouveau livre de M. Howitt se divise en deux parties distinctes: la première est consacrée à la peinture de la vie rurale et privée des Allemands; dans la seconde, l'auteur a raconté ses impressions de voyage; il se promène de Heidelberg à Londres, en passant par Baden-Baden, Stuttgart, Tubingen, Ulm, Augsbourg. Munich, Salzbourg, Linz, Vienne, Prague, Dresde, Leipsig, Berlin, Weimar, Iena, Erfurth, Francfort et le Rhin. Ces deux parties ne se ressemblent d'ailleurs sous aucun rapport; l'une est remplie de détails intéressants, l'autre reste toujours bien au-dessous du Hand-Book de M. Murray (Manuel du voyageur.) M. Howitt a décrit avec une vérité touchante les moeurs, les travaux et les plaisirs de la classe moyenne et de la classe pauvre pendant les diverses saisons de l'année: la moisson, la vendange, les fêtes de village, la chasse, les parties de traîneaux, les pèlerinages, les fêtes de Noël et du jour de l'an, le carnaval, etc., etc. On prend plaisir à contempler quelque temps ces esquisses légères faites d'après nature par un peintre souvent trop consciencieux, mais qui ne manque pas d'une certaine habileté. Si l'impression qu'on éprouve n'est jamais vive, en revanche, elle est toujours pure et douce; chez M. Howitt, le coeur l'emporte évidemment sur l'intelligence. Est-ce donc un défaut qu'il faille lui reprocher? Ne devons-nous pas, au contraire, nous estimer heureux de trouver un livre moral et simple, écrit sans prétention, et dont la lecture, instructive d'ailleurs, repose agréablement l'esprit?
The Negroland of the Arabs, or an Inquiry into the early history and geography of central Africa.-La Nigritie des Arabes, ou Recherches sur l'Histoire et la Géographie primitives de l'Afrique centrale; par WILLIAM DESBOROUGH COOLEY. 8 sch. 6 den., avec une carte.
M. Desborough Cooley est l'auteur d'une excellente histoire des découvertes maritimes et continentales, qui a été traduite en français par MM. Adolphe Joanne et Old Nick, et publiée à la librairie Paulin, en 5 volumes. (Prix et format de la collection Charpentier.)
The annual Biography, being lives of eminent or remarkable persons, who have died within the year 1842; by CHARLES DODD, esq., author of the Peerage, the Parliamentary companion, etc.--Chapman and Hall.--London.
L'Annuaire biographique, ou Vies des personnes éminentes ou remarquables qui sont mortes pendant l'année 1842; par Charles Dodd.
Cet annuaire, dont le premier volume vient d'être mis en vente, paraîtra régulièrement chaque année, au commencement de février.
EXTRAIT DU CATALOGUE GÉNÉRAL DU COMPTOIR CENTRAL DE LA LIBRAIRIE.
Économie Politique, Commerciale et Industrielle (suite).
COLONIES FRANÇAISES (des), abolition immédiate de l'esclavage; par M. V. SCHOELCHER. 1 beau vol. in-8, 1842. (Pagnerre, éd.) 6 fr.
CRÉDIT DE LA BANQUE (le), contenant un exposé de la constitution des banques américaines, écossaises, anglaises, françaises, par M. COURCELLE-SENEUIL, in-8. (Pagnerre, éd.) 2 fr.
ESPRIT D'ASSOCIATION (de l'); par A. DE LA BODER, 5e édit. 1834. 1 vol. in-8. (Gide, éd.) 8 fr.
ESSAI COMPARATIF SUR LA FORMATION ET LA DISTRIBUTION DU REVENU DE LA FRANCE en 1815 et 1835; par M. JOSEPH DUTENS. Brochure in-8. (Guillaumin, éd.) 5 fr.
EXAMEN HISTORIQUE ET CRITIQUE DES DIVERSES THÉORIES PÉNITENTIAIRES; par L.-A. MARQUET-VASSELOT. 5 vol. in-8. (Paulin, éd.) 18 fr.
HISTOIRE DE L'ÉCONOMIE POLITIQUE; par M. le vicomte ALBAN DE VILLNEUVE-BARGEMONT. 2 forts vol. in-8. (Guillaumin, éd.) 16 fr.
HISTOIRE DE L'ÉCONOMIE POLITIQUE EN EUROPE; par BLANQUI aîné. 2e éd, 2 vol. in-8. (Guillaumin, éd.) 15 fr.
HISTOIRE DES RELATIONS COMMERCIALES ENTRE LA FRANCE ET LE BRÉSIL. 1 vol. in-8 avec tableaux, plans et carte du Brésil. (Guillaumin, éd.) 7 fr. 50
HISTOIRE FINANCIÈRE ET STATISTIQUE GÉNÉRALE DE L'EMPIRE BRITANNIQUE; par PABLO PEBRER; traduit de l'anglais par J.-M. JACOBI, avocat. 2e édit., 2 gros vol. in-8 de 500 pages. (Bellizard et Dufour, éd.) 8 fr.
HISTOIRE POLITIQUE ET ANECDOTIQUES DES PRISONS DE LA SEINE. 1 beau vol. in-8 (Guillaumin, édit.) 7 f. 50
INTÉRETS MATÉRIELS EN FRANCE: travaux publics, routes, canaux, chemins de fer; par MICHEL CHEVALIER. 1 vol. in-8, orné d'une carte des travaux publics de la France. (Charles Gosselin, éd.) 8 fr.
MISÈRE (de la) DES CLASSES LABORIEUSES EN ANGLETERRE ET EN FRANCE, par EUGÈNE BURET. 2 vol. in-8. (Paulin, éd.) 15 fr.
MISÈRE (de la); par M. D'ESTERNO. 1 vol. in-8. (Guillaumin, éditeur.) 4 fr. 50
PETIT VOLUME contenant quelques aperçus des hommes et de la société, par J.-B. SAV. 3e édition, entièrement refondue par l'auteur, et publiée sur un manuscrit qu'il a laissé; par HORACE SAV, son fils. 1 vol. in-32. (Guillaumin, éd.) 2 fr.
PLAN D'UNE RÉORGANISATION DISCIPLINAIRE DES CLASSES INDUSTRIELLES DE FRANCE; par M. FÉLIX DE LAFAREILLE. 1 vol. in-12. (Guillaumin, éd.) 2 fr. 50
SIR RICHARD ARKWRIGHT, ou Naissance de l'industrie cotonnière dans la Grande-Bretagne (1760 à 1792); par SAINT-GERMAIN LEDUC. 1 vol. in-18. (Guillaumin, éd) 2 fr.
STATISTIQUE GÉNÉRALE RAISONNÉE ET COMPARÉE DE LA FRANCE; par J.-H. SCHNITZLER. 2 vol. in-8. (Lebrun, éditeur. 15 fr.)
SYSTÈME PÉNITENTIAIRE (du); par M. AYLIES 1 vol. in-8. (Charles Gosselin, éd) 5 fr.
SYSTÈME PÉNITENTIAIRE AUX ÉTATS-UNIS; par MM. GUSTAVE DE BEAUMONT et ALEXIS DE TOCQUEVILLE. 2e édition, augmentée d'une Introduction et ornée de plans, vues, etc. 2 vol. in-8. (Charles Gosselin, éd.) 15 fr.
TABLEAU DE LA DETTE PUBLIQUE ET DES MISÈRES DU TRÉSOR 1 vol. in-8. (Paulin, éd.) 5 fr.
TABLEAU POLITIQUE ET STATISTIQUE DE L'EMPIRE BRITANNIQUE DANS L'INDE; par le général comte de BIORSNTERNA, traduit de l'allemand, avec des notes et un supplément historique, par M. PETIT DE BARONCOURT 1 gros vol. in-8, orné d'une carte. (Amyot, éd.) 8 fr.
UNION DOUANIÈRE DE LA FRANCE ET DE LA BELGIQUE, (de l'); par M. P.-A. DE LA NOURAIS. 1 vol in-8. (Paulin, éditeur.) 6 fr.
Agriculture et Jardinage.
ÉTAT DE LA PRODUCTION DES BESTIAUX EN ALLEMAGNE, EN BELGIQUE ET EN SUISSE (de l'); par M. MOLL, in-4 de 92 pages, avec un grand nombre de tableaux. (Bixio, éditeur.) 2 fr. 75
MAISON RUSTIQUE DU XIV SIÈCLE. 4 vol. in-4, équivalant 20 vol. in-8 ordinaires, avec plus de 2,060 gravures représentant tous les instruments, machines, appareils, races d'animaux, arbres, arbustes et plantes, bâtiments ruraux, etc., publiés sous la direction de MM. BAILLY, BIXIO et MALPEYRE. Ce livre, expression la plus complète de la science agricole pour l'époque actuelle, forme à lui seul la bibliothèque de l'homme des champs. 4 vol. (Bixio, éd.) 33 fr. 50
RÉPERTOIRE DES PLANTES UTILES ET DES PLANTES VÉNÉNEUSES DU GLOBE: par E.-A. DUCHESNE. 1 gros vol. in-8, imprimé à deux colonnes, sur papier colle, avec figures gravées sur bois. (Bixio, éd.) Prix: broché, 12 fr.; franco par la poste. 13 fr. 50
TRAITÉ DE LA CULTURE DU MURIER; par J. CHARREL, pépiniériste à Voreppe (Isère). 1 vol. in-8.(Bixio, éditeur.) 4 fr..
Sciences
BIBLIOTHÈQUE DES CONNAISSANCES UTILES. (Paulin, éd.;)
DES ÉLÉMENTS DE L'ÉTAT, ou Cinq questions concernant la religion, la philosophie, la morale et la politique; par L.-A. SEGRETAIN. 2 vol. 7 f,.
DISCOURS SUR L'ÉTUDE DE LA PHILOSOPHIE NATURELLE; par sir JOHN F.-W. HERSCHEL, traduit de l'anglais 1 vol. 3 fr. 50.
EXAMEN DE LA PHRÉNOLOGIE; par M. FLOURENS. 1 volume. 2 fr.
GEORGES CUVIER.--ANALYSE RAISONNÉE DE SES TRAVAUX, précédée de son Éloge historique; par M. FLOURENS 1 vol. 3 fr. 50
HISTOIRE DE 1810; par A. VILLEROY, suivie de l'histoire littéraire de l'année, par O. N. 1 vol. 3 fr. 50.
HISTOIRE DE 1811; par le même, suivie de l'histoire littéraire de l'année, par O. N. 1 vol. 3 fr. 50.
HISTOIRE GÉNÉRALE DES VOYAGES de découvertes maritimes et continentales, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1811; par W.-D. COOLEY, traduite de l'anglais par ADOLPHE JOANNE et OLD-NICK, complétée par les expéditions et voyages récents, jusqu'à la dernière expédition de M. DUMONT-D'URVILLE, par M. D'AVEZAC 3 vol in-18, format anglais. 10 fr. 50.
LE LIVRE DES PROVERBES FRANÇAIS; par LEROUX DE LINCY. 2 vol. 7 fr.
LES MUSÉES D'ITALIE, guide et mémento de l'artiste et du voyageur; par LOUIS VIARDOT. 1 vol. 3 fr. 50.
MANUEL DE POLITIQUE; par Y. GUICHARD 1 vol. in-18. 3 fr. 50.
MANUEL D'HISTOIRE ANCIENNE, depuis le commencement du monde jusqu'à Jésus-Christ; par le docteur OTT. 1 volume, 3 fr. 50.
MANUEL D'HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE MODERNE; par CHARLES RENOUVIER. 1 vol. 3 fr. 50.
MANUEL D'HISTOIRE MODERNE, depuis Jésus-Christ jusqu'à nos jours; par le docteur OTT. 1 vol. 3 fr. 50.
MOEURS, INSTINCT ET SINGULARITÉ DE LA VIE DES ANIMAUX MAMMIFERES; par P. LESSON, correspondant de l'Institut. 1 vol. 3 fr. 50.
RÉSUMÉ ANALYTIQUE DES OBSERVATIONS de FRÉDÉRIC CUVIER, sur l'intelligence des animaux. 1 vol. 3 fr.
ERREURS DES MÉDECINS, traduit de l'anglais du docteur DICKSON. 1 vol. in-8. (Amyot, éd.) 8 fr.
JARDIN DES PLANTES (le), description et moeurs des mammifères de la Ménagerie et du Muséum d'histoire naturelle; par M. BOITARD; précédée d'une notice historique, anecdotique et descriptive du jardin, par M. J. JANIN. Ouvrage illustré et accompagné de 110 sujets de mammifères, et de 110 culs-de-lampe gravés sur cuivre et imprimés dans le texte; de 50 grands sujets graves sur bois et imprimés à part à cause de leur dimension, et offrant les vues les plus remarquables du Jardin des Plantes, les constructions, les fabriques, les monuments, etc.; des portraits de Buffon et de G. Cuvier; enfin des planches peintes à l'aquarelle représentant des groupes d'oiseaux des deux hémisphères, dessinés par MM. WERNER, SUSÉMIHL, EDOUARD TRAVIES, KARL GIRARDET, J. DAVID, FRANÇAIS, HIMELY, MARVILLET, etc.; gravures sur bois et sur cuivre, par MM. ANDREW, BREST et LELOIR; planches sur acier, par MM. FOURNIER ET ANNEDOUCHE. 1 vol. grand in-8, magnifiquement imprimé. (J.-J. Dubochet et Cie, édit.) L'ouvrage complet. 15 fr.
UN MILLION DE FAITS, Aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres; par M. J. AICARO, l'un des collaborateurs de l'Encyclopédie nouvelle; DESPORTES; PAUL BERVAIS aide d'histoire naturelle au Museum; LÉON LALANNE, ancien élève de l'École Polytechnique, ingénieur des ponts-et-chaussées, LUDOVIC LALANNE, élève de l'École de Chartres: AUGUSTIN LE PILEUR, docteur en médecine de la Faculté de Paris; CHARLES MARTINS, docteur ès-sciences, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris; CHARLES YERGÉ, docteur en droit; YOUNG l'un des collaborateurs de l'Encyclopédie nouvelle.--Un fort volume in-12 de 1600 colonnes de texte, renfermant en outre 150 colonnes pour la table des matières, une table des figures, un index alphabétique;--imprime en caractère perle, orné de 500 gravures sur bois, et contenant la matière de 12 forts vol. in-8. (Dubochet et Cie, éd.) Prix, broche. 12 fr.
Arithmétique, algèbre, géométrie élémentaire, analytique et descriptive; calcul infinitésimal, calcul des probabilités, mécanique, astronomie, météorologie et physique du globe, physique générale, chimie, minéralogie et géologie, botanique, anatomie, et physiologie de l'homme, hygiène, néologie, arithmétique sociale et statistique, agriculture, technologie, commerce, art militaire, sciences philosophiques, littérature, beaux-arts paléographie et blason, numismatique, chronologie et histoire, philologie, géographie, biographie, mythologie, éducation, législation.
SALON 1843. Collection des principaux ouvrages exposés au Louvre et reproduits par les premiers artistes français; texte par WILHELM TÉNINT. Publié sous la direction de M. Challamel.
Quatre années de publication et de succès ont consacré ces albums où tous les tableaux remarquables de chaque exposition se trouvent reproduits par de magnifiques gravures ou lithographies, et dont le texte est une revue complète, animée, colorée faite à la fois au point de vue de l'artiste et de l'homme du monde. Ces albums sont donc une véritable histoire de l'art en France, histoire dessinée, histoire écrite. Tous les grands noms, toutes les belles oeuvres y figurent; les talents nouveaux n'ont qu'un désir, celui d'y être admis. C'est qu'en effet une exposition se termine et s'oublie; les tableaux se dispersent, l'Album reste.
Rien ne sera négligé pour que l'album de 1843 soit supérieur encore à ceux des années 1840, 1841 et 1842.
Cet Album est publié en 16 livraisons La livraison se compose de deux dessins et de 4 pages de texte in-4, imprimé avec luxe.--Prix de la livraison: 1 fr. 50 c, papier blanc: 2 fr., papier de Chine.--L'ouvrage complet: 24 fr., papier blanc; 32 fr. papier de Chine.
ANNÉE 1842, 32 dessins, texte par WILHELM TÉNINT. 24 fr. pap. bl.; 32 fr., pap. de Ch.--ANNÉE 1841, 52 dessins, texte par le même. 24 fr., pap. bl; 32 fr., pap. de Ch.--ANNÉE 1840 texte par Augustin Challamel, prêtée par le baron Taylor. 24 fr., pap. bl.; 32 fr., pap. de Ch-ANNÉE 1839, texte par LAURENT-JAN, 20 dessins. 20 fr., pap. bl.
Chez CHALLAMEL, éditeur, 1, rue de l'Abbaye, au premier. HAUTECOEUR-MARTINET, rue du Coq-Saint-Honoré. GUIAUT frères, marchands d'antiquités, 3, boul. des Italiens. Et chez tous les Libraires et marchands d'estampes de la France et de l'étranger.
J. HETZEL, Éditeur des SCÈNES DE LA VIE PRIVÉE ET PUBLIQUE DES ANIMAUX, rue de Seine, 33.
