Note 612 — LVIII
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«En pleine Terreur, dit M. Clément de Ris, l'abbé Sieyès, corrigeant l'épreuve d'un panégyrique dans lequel il défendait sa vie politique, vit ces mots si terribles alors: J'ai abjuré la République, au lieu de: j'ai adjuré. «Malheureux! dit-il à l'imprimeur, voulez-vous donc m'envoyer à la guillotine?» (Revue franç., 20 oct. 1855, p. 21.) Ceci rentre dans la catégorie des faits et des mots dont une faute d'impression est l'origine, et parmi ceux aussi qui sont nés d'un contre-sens, comme la fameuse parole d'Alfred le Grand: «Je veux laisser mes Anglais aussi libres que leur pensée.» (V. G. Guizot, Études sur Alfred le Grand et les Anglo-Saxons, et un article de M. Édouard Thierry, dans le Moniteur du 26 août 1856.)—La phrase: C'est ici le chemin de Byzance, que Catherine II aurait, dit-on, trouvée écrite à chaque coin de route, lors de son voyage en Crimée, comme l'espérance d'une conquête, est dans le même cas. Nous avons prouvé ailleurs que c'est la traduction abrégée et à contresens d'une inscription grecque placée à Kherson, sur un arc de triomphe, et mal comprise par l'ambassadeur anglais, M. Fitzherbert. (V. l'Illustration, 22 juillet 1854, p. 55.)—En fait de contresens de mots qui ont amené de grosses erreurs d'histoire, je n'en sais pas de plus curieux que celui d'Aug. Thierry dans la vingt-quatrième de ses Lettres sur l'histoire de France. Il y prend une table brisée pour une proclamation déchirée, et fait sortir de là toute la révolution de la commune de Vézelay. M. Guizot, qui, dans ses Mém. relatifs à l'hist. de France (t. VII, p. 192), avait traduit tabula par affiche, était le premier coupable. (V., à ce sujet, un excellent travail de M. Léon de Bastard, Biblioth. de l'École des Chartes, 3e série, t. II, p. 361.)