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L'esprit dans l'histoire

Note 518 — L

Reading edition

Mémoires sur madame de Sévigné, t. III, p. 452.—Les opinions qu'on se fait par les livres tiennent encore à moins que cela quelquefois. Il suffit d'une faute d'impression, même d'une faute de ponctuation, pour pervertir complètement un mot connu et faire dire à la personne à qui on le prête le contraire de ce qu'elle a dit. On lit dans la première édition du Segraisiana, p. 28: «Madame de La Fayette, disoit M. de La Rochefoucauld, m'a donné de l'esprit, mais j'ai réformé son cœur.» C'est le plus gros contre sens dont les points et virgules se soient rendus coupables. Voici ce qu'il faut lire, en ponctuant et guillemettant autrement: «Madame de La Fayette disoit: «M. de La Rochefoucauld m'a donné de l'esprit, mais j'ai réformé son cœur.»—Ces anecdotes littéraires m'amènent à dire un mot de celle qui court depuis l'abbé Prévost, qui l'a, je crois, racontée le premier (Le Pour et le Contre, t. V, p. 74), au sujet du Glossaire de Ducange, dont il n'y aurait eu d'autre manuscrit qu'une masse énorme de petits papiers pêle-mêle dans une grande malle. La découverte qu'on a faite il y a quelques années du manuscrit original, à la Bibliothèque nationale, prouve la fausseté du fait. (Édélestand du Méril, Mélanges archéologiques, p. 278.)

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