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L'esprit dans l'histoire

Note 517 — L

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A propos du café, il est bon de rappeler, mais pour y rétablir aussi la vérité, ce que fit le chevalier Des Clieux, quand il transporta, par ordre du Régent, à la Martinique, deux caféiers venus de Hollande au Jardin du Roi. Il est bien vrai que dans le voyage il se priva de sa ration d'eau pour les conserver, mais il n'est pas vrai que ce fussent les premiers plants apportés dans nos colonies. Bien auparavant, l'agent de la Compagnie orientale, Imbert, avait transporté du golfe Persique à l'île Bourbon soixante plants qu'il avait obtenus du cheick de l'Yemen. La plupart réussirent, et la Compagnie put, en 1710, distribuer aux colons des gousses en pleine maturité. Telle est l'origine du café Bourbon, qui, en raison de sa provenance directe, a plus de ressemblance que les autres avec le moka. V. une citation des Mémoires mss. de M. Hardancourt, directeur de la Compagnie des Indes, dans l'Hist. de la Régence, par Lemontey, t. II, p. 325.—On a souvent appliqué à la légende du Cèdre du Jardin des Plantes le détail de la ration d'eau donnée aux caféiers de Des Clieux; il faut l'en retrancher, comme presque tout le reste, y compris même le fameux chapeau, qui aurait servi de caisse au cèdre pendant la traversée. On a su par M. F. Roulin, qui le tenait du dernier des Jussieu, que si le grand-père de celui-ci dut en effet recueillir le plant du cèdre dans son chapeau, ce ne fut que pendant quelques minutes. Il le portait de la rue des Bernardins au Jardin du Roi, le pot fêlé se brisa en route, et le cèdre n'eut alors que le chapeau du savant pour refuge. (F. Roulin, Hist. naturelle, etc., 1865, in-18, p. 260.)

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