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L'esprit dans l'histoire

Note 468 — XLVI

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On sait maintenant de façon presque certaine que le prisonnier au masque de fer n'était autre que Matthioli, ministre du duc de Mantoue, chargé par son maître d'organiser une ligue des princes d'Italie contre Louis XIV, pour laquelle il avait presque entièrement réussi, quand Louvois le fit enlever par notre ambassadeur à Turin, le marquis d'Arcy, et enfermer à Pignerol, puis aux îles Sainte-Marguerite, avec toutes les précautions et le mystère qu'exigeait une si grave violation du droit des gens. La vérité de ce fait, entrevue par Mme Campan (Mémoires, t. II, p. 206), plus nettement précisée par Dutens, en 1789, dans la Corresp. interceptée, puis dans les Mémoires d'un Voyageur qui se repose, t. II, p. 206-210, a été à peu près établie par M. Rousset dans son Hist. de Louvois, in-12, t. III, p. 103-106, et par plusieurs correspondants de l'excellent recueil l'Intermédiaire, 3e année, p. 71, 108 et 140.—J'ajouterai que le mensonge et le roman naquirent vite du mystère en toute cette histoire. Dès 1688, Saint-Mars, gouverneur des îles Sainte-Marguerite et geôlier du Masque de Fer, écrivait à Louvois, le 8 janvier, à propos de son prisonnier: «Dans toute cette province, l'on dit que le mien est M. de Beaufort, et d'autres disent que c'est le fils de feu Cromwell.» Cette lettre, citée en 1800 par Roux-Farillac, qui tint le premier pour Matthioli, dans ses Recherches... sur le Masque de Fer, a été publiée tout entière en 1834, par M. Monmerqué, qui l'avait vue autographe, dans la Revue Vieille France et Jeune France, t. I, p. 297-300.

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