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L'esprit dans l'histoire

Note 365 — XXXII

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C'est M. A. Baschet, dans son beau livre la Diplomatie vénitienne, t. I, p. 552-553, qui, d'après la relation de l'ambassadeur de Venise en France à cette époque, et d'après les dépêches du nonce, nous a le premier renseignés sur ce fait «dont Tosinghi s'était vanté lui-même à un ami». M. Baschet eût pu ajouter que ce bravo était déjà connu. Le duc de Nevers l'avait nommé dans ses Mémoires, à propos des États de Blois de 1577, et il figure parmi les gens que le duc d'Anjou emmena en Pologne. V. nos Variétés hist., t. IX, p. 104.—L'ambassadeur de Venise, dans le récit déjà mentionné, assure, comme nous l'avons dit nous-même (p. 204, note), que pour la Saint-Barthélemy comme pour le coup d'arquebuse qui eût empêché le massacre, si Coligny eût succombé, tout fut concerté par la reine, «avec la seule participation du duc d'Anjou», et que celui-ci se servit du bravo florentin parce qu'il ne trouva pas un seul Français à qui se fier. Le duc d'Anjou et la reine furent donc, encore une fois, tout ou presque tout dans le complot, avec la complicité tacite des Guises, mais sans l'avis du roi, qui jusqu'à la dernière heure ne sut rien. Philippe II, qu'on accusa d'avoir tout dirigé de loin, était moins instruit encore. Une lettre de lui au duc d'Albe, du 28 sept. 1572, retrouvée il y a quelques années à Simancas par M. Gachard, témoigne de sa surprise après l'événement, et aussi, il est vrai, de sa satisfaction.

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