Note 314 — XXVIII
Reading edition
Ce qui me fait le soupçonner davantage, c'est qu'il était moins historien que poète. Il avait fait des tragédies, entre autres un Arsace, joué en 1666 par la troupe du Roy, et qui, lit-on dans la préface, avait eu l'approbation des meilleurs esprits: MM. de Sainte-Marthe, La Mothe-Le Vayer, du Ryer, Beys, Quinault. «L'illustre M. Corneille dit qu'elle avoit assez de beautez pour parer trois pièces entières.» On y trouve des vers comme ceux-ci, qui, soit dit en passant, ressemblent fort à la célèbre parole du général Cavaignac, quittant le pouvoir à la fin de 1848:
J'abandonne le trône... Je pourrois en tomber, j'aime mieux en descendre, etc.
On conçoit qu'un homme dont les vers avaient l'applaudissement de Corneille pouvait se croire en droit d'arranger ceux de Charles IX, sinon de les faire entièrement lui-même.—C'est du reste—et ceci sera décisif dans le procès—ce que de Prades s'était déjà permis pour le même roi s'adressant au même poète. On trouve dans ses Œuvres poétiques, 1650, in-4º, p. 37-38, une Epistre de Charles IX à Ronsard, faite par lui tout entière.