Note 310 — XXVIII
Reading edition
Lettre à l'abbé Vitrac, 23 décembre 1775. (Édit. Beuchot, t. LXIX, p. 459.) V. aussi et surtout le Dictionn. philosoph., art. Charles IX.—Puisque nous allons parler d'Amyot, n'oublions pas de dire que toute l'histoire de son enfance, telle qu'on la lit partout, est complètement fausse, ainsi que M. Ampère l'a prouvé (Revue des Deux-Mondes, 1er juin 1841, p. 720-722). Bayle y avait cru. Joly le réfuta le premier dans les Remarques sur son Dictionnaire, t. I, p. VI. C'est un petit roman de l'invention de Saint-Réal, dans le genre de celui que l'abbé a écrit sur la Conspiration des Espagnols contre Venise (V. Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. IX, p. 371), et de cet autre, dont Schiller a fait une tragédie, et qui travestit tout à fait la vérité au sujet de don Carlos et des causes de sa mort. Dès le dernier siècle, le P. Griffet (Traité des différentes sortes de preuves, etc., p. 11-12) et l'abbé de Longuerue en avaient éventé le mensonge. V. d'Argenson, Essais dans le goût de Montaigne, p. 346.—Dans la Revue des Deux-Mondes (1er avril 1859, p. 577), M. Mérimée fit à son tour justice de ce roman, d'après les deux volumes de Prescott, History of the reign of Philippe II; mais, depuis lors, en 1863, M. Gachard à Bruxelles, M. Charles de Moüy à Paris, chacun dans un ouvrage portant le même titre: Don Carlos et Philippe II, en ont encore eu bien plus définitivement raison; après les deux volumes de l'un et le volume de l'autre, il n'y a plus à douter de la folie coupable de l'insensé D. Carlos, et de la fausseté de ses amours avec la reine sa belle-mère. Robertson, qui popularisa cette fable, est comparé par M. Mérimée à Tite-Live, avec toutes sortes de réserves, bien entendu, mais non pas cependant avec celle du mensonge.