Note 266 — XXIII
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Nous avons fait remarquer ailleurs que l'on a eu tort de donner le nom de féronnière à l'espèce de parure que les femmes se mettent sur le front. Le portrait sur lequel on en a pris le modèle, et qui se voit au Louvre, n'est pas celui de la belle Féronnière, comme on le pense généralement: c'est celui d'une belle Italienne, Ginevra Benci, selon Venturi (Essai... sur Léonard de Vinci, p. 48) et M. Delécluze (Léonard de Vinci, 1841, gr. in-8º, p. 29). Selon le P. Dan, c'est une duchesse de Mantoue; suivant d'autres, qui paraissent plus près du vrai, c'est Lucrezia Crivelli. V. nos Variétés histor. et litt. (Bibliothèque elzévirienne de P. Jannet), t. III, p. 40, note.—Pour un autre portrait, qui se trouve au musée du Louvre, l'erreur a encore été plus grande. Il est de Léonard, disait-on, et il représente Charles VIII. Or, c'est Andrea di Solario qui l'a peint, et, au lieu du roi de France, c'est Charles d'Amboise, seigneur de Chaumont, qui s'y trouve pourtraict au vif.—J'ajouterai, pour la Féronnière, que son vrai portrait existait encore sous Louis XIV, et que la description qu'on en a faite ne se rapporte aucunement à celle du portrait peint par Léonard, qui du reste n'aurait pu pourtraire la Féronnière, puisque, pour le remarquer en passant avec M. Feuillet de Conches, en son excellent article sur les Apocryphes de la Peinture (Revue des Deux-Mondes, 15 nov. 1849, p. 619), il ne vint en France que lorsqu'elle fut morte. C'est avec l'habit et la coiffure des bourgeoises que la Féronnière avait été peinte, ainsi qu'il lui convenait; mais elle n'en éclipsait pas moins les autres maîtresses du roi, dont les portraits se voyaient auprès du sien: «Elle parut défaire toutes les autres, malgré le chaperon de drap noir qui lui couvroit la teste, les oreilles et tout le tour du visage; chaperon et bourgeoisie de coiffure qui, comme une ombre, servoit à relever l'éclat de cette beauté pendant que les autres paroissoient languir et s'éclipser auprès de cette lumière, malgré l'éclat et le brillant des habits, des pierreries, des parures, des couleurs dont elles étoient environnées.» (Réflexions, pensées et bons mots qui n'ont pas encore été donnés, par le sieur Pepinocourt (Bernier), 1696, in-8º, p. 134-135.)