APPENDICE C.
Reading edition
RELATIF A LA FIGURE PUBLIÉE ICI POUR LA PREMIÈRE FOIS D'UN NATUREL DU FOU-SANG.
À quel pays de l'Amérique a pu appartenir cet homme presque nu que les livres chinois offrent comme habitant du pays du Fou-sang?
Comme on le voit dans la gravure que nous donnons ici, les Chinois supposent que les hommes qui habitaient le pays du Fou-sang étaient presque nus; or, dit-on, les habitans de l'Amérique du nord étaient revêtus d'habits. Cela est vrai pour la plupart de ces pays; mais dans le Voyage à l'embouchure de la Colombia de MM. Clarke et Léwis[49], à 46° 18' nord, ces voyageurs rencontrent les Indiens Chin-ooks, et, dans un village de l'île des Daims, ils trouvent des femmes qui, au lieu de courtes jupes, avaient une simple trousse autour des reins, ou aussi une bande de peau étroite, serrant leur corps en cette partie.
Ils disent (p. 286) que les Indiens de la Colombia, vu la douceur du climat, ont toujours les jambes et les pieds nus, même en hiver; et ne portent que des petites robes lors du froid, ou des tabliers de peau et une sorte de pélerine sur les épaules (p. 310). Les mocassins, pour les pieds et les jambes, n'étant usités que dans le Canada et vers la baye d'Hudson, où le climat est beaucoup plus froid.
Ainsi l'homme du Fou-sang, presque nu dans le dessin antique du Pian-y-tien et de l'Encyclopédie chinoise que nous reproduisons ici, devait habiter vers la Colombia ou vers la Californie, riches et belles contrées d'un climat fort doux et tempéré, pays de cet Orégon que se disputent en ce jour les Espagnols, les Anglais et les États-Unis.
En outre, si l'on ouvre[50] l'Exploration de l'Orégon et de la Californie en 1844, par M. Duflot de Mofras, on voit en effet, ces Indiens y figurer avec les reins ou le milieu du corps seulement couverts, et cela exactement, comme dans la planche ci-contre du naturel du Fou-sang, planche reproduite dès l'an 499 de notre ère, dans toutes les géographies étrangères publiées en Chine et au Japon.
Tout justifie donc mes conjectures. Quant à la biche mouchetée et à son faon, nous avons cité M. de Humboldt, sur le cervus mexicanus de Linnée; et nous indiquons également ici, pour montrer que les naturels savaient en former des troupeaux et les priver, le Voyage en Amérique de M. de Chateaubriand, in 8o, t. Ier, p. 130, où il parle des biches du Canada, charmante sorte de rennes sans bois, et que l'on y apprivoise, nous dit-il.
Cher de Paravey.
(Extrait du no 90 (juin 1847) des Annales de Philosophie chrétienne).
Imp. de Edouard Bautrucke, rue de la Harpe, 90.