Note (return) — ÉPOPÉE PERSANE
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Mir-Ibrahim ouvrit le sac où était l'argent, qu'il compta et versa ensuite dans le pan de la robe de Kourroglou. Ce dernier, voyant que plus de la moitié était déjà payée et que le compte avançait rapidement, dit dans son coeur: «Comment me débarrasserai-je de ce fripon de Turc?» Il possédait une force de poignet si extraordinaire, qu'il pouvait serrer entre ses doigts une pièce de monnaie assez fort pour en effacer l'empreinte. Ayant ainsi effacé une piastre, il la jeta avec colère devant le boucher et s'écria: «Ceci est de la fausse monnaie.» Mais la ruse n'avait pas échappé à l'oeil perçant d'Ayvaz, qui dit: «Roushan-Beg, nous ne sommes pas riches; nous avons emprunté la moitié de cet argent; pourquoi l'altères-tu méchamment?» Kourroglou répliqua: «Ayvaz, mon enfant! je n'ai ni marteau ni enclume avec moi. Les coquins d'ouvriers de la monnaie ont oublié de frapper les chiffres du sultan sur la piastre; et il faudra que je perde dessus.» En disant ces mots, il se leva, jeta tout l'argent parterre, et dit d'une voix irritée: «Il y a cent bouchers dans Orfah; je leur vendrai une portion des moutons, et je vous vendrai l'autre.» Et il s'éloigna. Les prières du boucher furent inutiles, et Kourroglou était sur le point de partir, lorsque Mir-Ibrahim, au désespoir, dit à son fils: «Puisses-tu mourir jeune18, Ayvaz; va, cours après lui, et prie-le de venir terminer le marché; peut-être t'écoutera-t-il.»