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Kourroglou

Note (return) — ÉPOPÉE PERSANE

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Mir-Ibrahim pria Kourroglou de rester avec Ayvaz pendant qu'il irait chercher l'argent. Quand ils se trouvèrent seuls, Ayvaz s'assit sur un siège plus élevé que Kourroglou; Ayvaz se leva et prit dans une niche une bouteille et un verre qu'il plaça devant lui, et alors, relevant ses manches jusqu'au coude, il remplit son gobelet de vin et le vida. Kourroglou n'avait pas bu de vin depuis quelque temps; son coeur battait avec violence; il contemplait tendrement l'heureux buveur, et se léchait les lèvres. Ayvaz dit: «Roushan, mon oncle, pourquoi lèches-tu ainsi tes lèvres?» Kourroglou répliqua: «Que je devienne ton esclave! O phénix du paradis! quelle est cette liqueur rouge que tu bois?» Ayvaz dit: «N'en as-tu encore jamais vu, mon oncle? Cela s'appelle du vin.» Kourroglou reprit: «Mon fils, mon petit-fils, remplis-en un verre pour moi, et laisse-moi le boire.» Ayvaz dit alors: «Ce breuvage a cette mauvaise qualité, qu'il rend fous ceux qui en boivent.—Comment cela?» Ayvaz répliqua: «Donnez-en seulement une once à un bouc, et aussitôt il aiguisera ses cornes et se battra contre un loup; donnez-en à un poisson, et il chargera un vaisseau de marchandises, et naviguera le portant sur son dos, pour trafiquer sur la mer Caspienne. Si tu en bois, tu deviendras fou et courras au bazar, proclamant tout haut que tu as amené neuf cents moutons. Les bouchers tomberont alors sur toi, et te les prendront de force.» Kourroglou dit: «Ayvaz, puisse-je devenir la victime de tes yeux! J'avais coutume d'en boire beaucoup; nous en récoltons en grande abondance.» Ayvaz lui dit: «Comment le fait-on dans votre pays?—Dans notre pays, on cueille les grappes et on les presse jusqu'à ce que le jus en soit bien exprimé; alors on en remplit un vase que l'on met sur le feu. Il bout et rebout jusqu'à ce qu'il soit réduit d'un tiers, et que la quatrième partie demeure; alors nous jetons dedans du pain coupé en morceaux, et nous le mangeons avec nos doigts.» Ayvaz dit: «Puisses-tu mourir, oncle, tu m'as compris merveilleusement! la chose dont tu parles s'appelle Dushab15.—Comment? qu'est-ce donc, alors, que tu bois ainsi, mon enfant?—C'est du vin.—Bien, bien, je le vois à présent; nous en avons en abondance dans notre pays.—Comment le faites-vous dans vôtre pays, mon oncle?—Nous prenons de la crème, que nous mettons dans un sac de cuir, et puis nous le secouons jusqu'à ce que le beurre paraisse à la surface. On met le beurre dans le pilon, et l'on boit ce qui reste.—Puisses-tu mourir, oncle! ceci est le abdough (lait de beurre).—S'il en est ainsi, pour l'amour de Dieu! laisse-moi y goûter.—J'ai peur, mon oncle, que tu ne deviennes fou quand tu en auras bu.»

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