Note (retour) — SERGENT FRICASSE
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Cette place se nommait, avant la Révolution, le Fort-Louis; elle ne pouvait être prise que par famine, mais elle a été livrée aux Prussiens en 1792. Les Français ont repris cette place, la même année, après le déblocus de Landau. Durant le temps que les Prussiens sont restés au dit fort, ils ont miné le quartier et autres fortifications 35. Au moment où il a fallu les abandonner, ils ont fait sauter toutes les mines; il restait encore quelques maisons où ils ont mis le feu en partant, de sorte que maintenant cette place est comme un désert. Nous étions logés dans des vieilles masures, comme tout le bataillon, parce que le Rhin avait débordé, et les baraques étaient encore pleines d'eau. Le mauvais air qui régnait dans cette place a fait que tout le bataillon, et même les deux autres, ont été pris de maladie; c'était comme une peste. Jusqu'à dix hommes par compagnie étaient obligés d'aller à l'hôpital, car ils étaient attaqués d'une fièvre très violente. De soixante hommes que nous étions dans notre compagnie, nous sommes restés à deux qui n'ont pas été malades. La fièvre était mauvaise, car il y en a beaucoup qui en sont morts. Nous avons fait notre purgatoire dans cette place; nuit et jour nous étions tourmentés, il y avait des petites mouches que l'on nomme des cousins, qui nous faisaient bien de la peine, il y en avait si épais qu'on les aurait coupés avec des sabres; les puces et les poux n'y manquaient pas.