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Journal de marche du sergent Fricasse de la 127e demi-brigade: 1792-1802

Note (retour) — SERGENT FRICASSE

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Nous voilà donc à la ville où tous les villages du canton étaient rassemblés. En premier lieu, il ne se trouvait guère de volontaires; il était une heure de l'après-midi que plusieurs compagnies de garde nationale, composées de cent soixante hommes, n'avaient pas encore fourni l'homme qu'il leur fallait 4. Dans le nombre, se trouvait la mienne, et je me trouvais rempli d'un désir depuis longtemps. Combien de fois j'avais entendu, par les papiers 5, la nouvelle que notre armée française avait été repoussée et battue partout! je brûlais d'impatience de voir par moi-même des choses qu'il m'était impossible de croire. Vous direz que c'était l'innocence qui me faisait penser ainsi, mais je me disais souvent en moi-même: «Est-il donc possible que je n'entende dire que des malheurs?... Oui! il me semblait que, si j'avais été présent, le mal n'aurait pas été si grand. Je ne me serais pas dit meilleur soldat que mes compatriotes, mais je me sentais du courage et je pensais que, avec du courage, on vient à bout de bien des choses.»

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